Le deuxième volet de la directive de l’Union européenne concernant les marchés d’instruments financiers - plus connu sous le nom de MIF II - a une incidence crédit négative sur le secteur européen de la gestion d’actifs. Il va encourager, en effet, les investisseurs à se tourner vers les fonds passifs, exacerber la concurrence et entraîner un mouvement de consolidation dans le secteur, estime l’agence Moody’s dans une étude sur la directive MIF II (1).« La mise en oeuvre de MIF II va peser sur la rentabilité des sociétés de gestion d’actifs en diminuant les marges et en renchérissant les charges d’exploitation » souligne Marina Cremonese, Analyste Senior Vice President chez Moody’s. « Pour autant, les mesures d'économies, les nouvelles solutions de placement et les fusions-acquisitions sont de nature à compenser certains effets négatifs et limiter de fait leur impact sur les profils de crédit ».Les exigences strictes en matière d’information sur les coûts et frais de gestion permettront aux investisseurs, conseillers financiers indépendants et concurrents de pouvoir plus facilement comparer les produits de placement. Associé à l’interdiction des rétrocessions pour les conseillers financiers indépendants, ce renforcement de la transparence vis-à-vis des frais de gestion fera baisser les commissions perçues dans le secteur et encouragera les investisseurs à se tourner vers des fonds passifs. Durant l’année écoulée, les fonds gérés passivement ont continué d’enregistrer des souscriptions très significatives, notamment en Europe. Parallèlement, au cours des six dernières années, la gestion d’actifs européenne a perdu quelque 3.000 fonds gérés activement. Des fonds fermés ou éventuellement fusionnés en raison des performances décevantes de la gestion active et de l’attrait des ETF en termes de coûts. Les transactions ETF devant désormais être déclarées, les investisseurs disposeront des volumes échangés et des niveaux effectifs de liquidité. Cette plus grande transparence pourra favoriser un recours plus large aux ETF par les investisseurs institutionnels.Les nouvelles règles de gouvernance produit de MIF II, dont l’objectif est s’assurer que les solutions de placement proposées aux investisseurs sont adaptées, devraient également renforcer la tendance vers une gestion axée sur les objectifs financiers variés des investisseurs, tels que le multi-actifs, qui ont vocation à équilibrer le rapport risque/rendement pour les investisseurs.L’ajustement aux réformes MIF II - négociation, conception de produits financiers, gouvernance, distribution, exigences de reporting- va impliquer des dépenses supplémentaires de mise en conformité auxquelles vont s’ajouter les coûts de recherche. Le resserrement consécutif des marges entraînera un mouvement de consolidation parmi les acteurs de moindre envergure désireux de réaliser des économies d'échelle.(1) « Asset Management – Europe; MiFID II is credit negative, intensifying fee competition, shift to passive funds »
Après des tractations infructueuses ayant duré plus de trois mois, la perspective de former un gouvernement de «grande coalition» a désormais gagné en crédibilité outre-Rhin, rapporte L’Agefi. Les conservateurs (CDU/CSU) de la chancelière Angela Merkel et le parti social-démocrate (SPD) ont pu établir vendredi un document de 28 pages fixant le cadre de futures discussions formelles à cet effet. Dans ce document, on peut lire que les partis concernés souhaitent notamment transformer le Mécanisme européen de stabilité (MES) en un fonds monétaire européen et se prononcent pour des «fonds spécifiques» consacrés à la stabilisation économique, la convergence sociale et la réforme structurelle de la zone euro. Ces fonds pourraient constituer la base d’un futur «budget d’investissement» de la zone euro. Le texte évoque également la mise en place d’une taxe européenne sur les transactions financières (TTF).
Le président du groupe Lactalis, silencieux depuis le début de l’affaire des lots de poudre de lait pour bébé contaminés par des salmonelles, se défend dans un entretien au JDD de tout manquement et promet d’indemniser «toutes les familles qui ont subi un préjudice». Emmanuel Besnier déclare que l’extension du rappel à l’ensemble des boîtes de lait infantile produites sur le site de Craon résulte d’une proposition qu’il a lui-même soumise. Ce rappel concerne plus de 12 millions de boîtes dans 83 pays. L’usine de Craon, à l’arrêt depuis le 8 décembre, devrait encore rester fermée plusieurs mois.
Le vol présumé d’ETF valant 1,4 milliard de dollars a soulevé une question inhabituelle pour le secteur, selon le Wall Street Journal : à qui appartiennent les ETF en fait? Le plus gros des ETF au cœur du litige est un fonds qui est investi dans des actions de cybersécurité. Plus connu sous le nom de HACK, le fonds a été lancé quelques jours avant le piratage de Sony Pictures Entertainment en 2014 et la publicité a aidé le fonds à lever 1 milliard de dollars en seulement sept mois. Andrew Chanin, le co-fondateur et directeur général de PureFunds, alors âgé de 30 ans, a été loué comme étant le jeune prodige derrière le succès de HACK. L’été dernier, selon deux plaintes, ses ETF PureFunds ont été dérobés. Andrew Channin et le Nasdaq, qui l’année dernière ont acquis la société qui a financé la startup d’Andrew Channin en échange d’une partie des profits, affirment que les fonds ont été fauchés par Sam Masucci, responsable d’une société de New Jersey qui aide les aspirants fournisseurs d’ETF à gérer les opérations quotidiennes de leurs fonds. Ce dernier déclare qu’il n’y pas eu vol parce que les ETF n’ont jamais appartenu à PureFunds, ni au Nasdaq. En jeu : le contrôle des anciens ETF PureFunds et les profits considérables de plus de 300.000 dollars par mois pour HACK.
Du jamais vu. Le canton de Genève a enregistré un nombre record de 10.815 dénonciations spontanées concernant la gestion de fortune sur l’ensemble de l’année 2017, contre seulement 2.936 l’année précédente, rapporte le quotidien Le Temps. Les dossiers ne sont pas encore tous traités par l’administration fiscale mais l’Etat a déjà réintégré 1,08 milliard de francs de fortune non déclarée en 2017, et plus de 4,4 milliards de francs depuis 2010. Il a également récupéré près de 172 millions de revenus en 2017, et plus de 606 millions depuis 2010. La hausse massive des dénonciations spontanées est due pour l’essentiel à l’imminence de l'échange automatique de renseignements. De nombreux cantons suisses ont également enregistré des records en termes de dénonciations spontanées.
Jorge Morley-Smith, directeur des affaires internationales et du Brexit au sein de l’Investment Association britannique, a quitté l’association en décembre, rapporte Financial News, qui note qu’il s’agit de la deuxième personne à abandonner ce poste depuis l’été. Des personnes proches de la situation indiquent que le départ de Jorge Morley-Smith était en partie lié à un « clash de personnalité » avec la direction de l’association, dont le directeur général Chris Cummings. Une personne ajoute que Jorge Morley-Smith et Cummings étaient en désaccord sur la manière dont l’association devait approcher le Brexit et en parler et aussi sur des projets pour protéger l’organisation. Jorge Morley-Smith a été remplacé par Jack Knight, ancien directeur des opérations de l’IA qui a été promu directeur général adjoint avec des responsabilités sur le Brexit.
Le Luxembourg envisage d’introduire une législation pour les obligations vertes et créer ainsi des normes juridiques claires dans le secteur en pleine croissance de la finance verte, rapporte le quotidien financier Börsen-Zeitung. Pierre Gramegna, ministre des finances du Grand-Duché, a indiqué le 10 janvier, à l’occasion des dix ans de l’association financière Luxembourg for Finance, qu’une loi sur les obligations vertes, en l’occurrence les Pfandbriefe vertes, serait introduite. «Ce projet de loi pour les Plfandbriefe vertes, une première mondiale, illustre le sérieux avec lequel le Luxembourg met en oeuvre ses objectifs sur le climat et la transition énergétique», a indiqué le ministère des finances au quotidien financier. Le Luxembourg aurait manifestement travaillé avec les investisseurs pour créer un cadre juridique avec des critères clairs qui seront acceptés par le marché et qui renforceront la confiance des investisseurs, selon lui.
Le groupe laitier a annoncé ce matin une mesure de chômage partiel jusqu’au 4 février pour 250 salariés de son site de Craon (Mayenne) visé par une enquête après la contamination par salmonelle de laits infantiles. Lactalis a suspendu toutes les activités à Craon depuis le 8 décembre. Sur les 327 salariés de l’usine, 70 ont été chargés de «missions sur d’autres sites à proximité», 250 sont en chômage partiel et le reste est affecté à des «travaux de maintenance pour le redémarrage des activités». Le groupe «a décidé en accord avec les partenaires sociaux de garantir le maintien à 100% de la rémunération nette des salariés concernés par le chômage partiel», ajoute Lactalis.
Jean-Guillaume de Tocqueville, avocat associé du cabinet Gide Loyrette Nouel Faire émerger une culture commune de surveillance des établissements financiers et faciliter l’instauration d’un marché financier européen unique avec un système tripartite : c’est ce qui fonde la création, en 2011, de l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma en anglais), l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (Eiopa) et l’Autorité bancaire européenne (EBA).
Les gestionnaires européens auraient réduit de 20% leurs budgets de recherche pour 2018, ce qui constitue une baisse plus agressive que prévu initialement, selon un sondage réalisé par la firme de conseil Greenwich Associates et relayé par Bloomberg et Investment Week. Cette baisse est pour l’essentiel liée à une approche plus sélective dans le processus d’achat de la recherche, ce qui entraîne bien évidemment une réduction du nombre de fournisseurs qu’un gestionnaire va être amené à retenir.Selon Greenwich Associates, les gestionnaires d’actifs basés en Europe continentale auraient réduit leurs budgets de 32% alors que ceux installés au Royaume-Uni auraient eu la main un peu moins lourde, avec une baisse de seulement 17%.Le sondage indique aussi que les gestionnaires d’actifs américains vont se mettre en conformité avec la réglementation européenne, confirmant ainsi les conclusions d’une étude du CFA Institute réalisée l’an dernier.L’Agefi, qui a aussi eu connaissance de l'étude Greenwich Associates, indique de son côté que la réduction des budgets s’accompagne d’une coupe drastique dans la liste des fournisseurs et courtiers avec lesquels travaillent les gérants européens, réduite aussi de 20% à 17 contreparties en moyenne. Du coup, le montant budgété pour chaque fournisseur de recherche ne baissera que de 2% à 100.000 dollars en moyenne.
L’Autorité des marchés financiers a publié vendredi un communiqué selon lequel, à l’issue de la première journée de négociation sous les règles MIF 2, les prestataires de services d’investissement avaient jusqu’au 4 janvier minuit pour déclarer à l’AMF leurs transactions. A ce titre, la nouvelle plateforme ICY de l’AMF a reçu et intégré plus d’1 million de transactions en provenance d’une cinquantaine de déclarants (entreprises d’investissements et prestataires de services de données). L’AMF estime que le volume reçu témoigne du bon niveau global de préparation de la place même si des ajustements sont encore nécessaires de la part de certains déclarants.Les échanges de données entre régulateurs européens ont également débuté. L’AMF a ainsi transmis à l’ESMA, le régulateur européen, des déclarations à destination de 22 pays membres. L’AMF se félicite dans son communiqué du bon déroulement de cette première mise en service de la plateforme ICY.
Dans le cadre de l’entrée en vigueur en janvier 2018 des dispositions relatives au financement de la recherche prévue par la directive MIF II, la société de gestion d’actifs Sofidy a annoncé ce 8 janvier qu’elle prendra à sa charge les coûts de recherches externes, apportée par les brokers et analystes financiers partenaires. Ces frais de recherche jusqu’ici supportés par les clients de Sofidy à travers les frais de courtage seront désormais supportés intégralement par la société de gestion, confirmant ainsi sa volonté de continuer à protéger les intérêts de ses épargnants, commente-t-elle dans un communiqué. « Depuis maintenant 30 ans, Sofidy s’est toujours employée à porter une attention toute particulière à la transparence et à la qualité de sa relation avec ses épargnants », souligne Jean-Marc Peter, directeur général de Sofidy, cité dans un communiqué. Cette décision bénéficiera aux épargnants des fonds de la gamme Sofidy, de type FCP actions (Sofidy Sélection 1 et S.YTIC) et de type OPCI grand public (Sofidy Pierre Europe) via une baisse significative des frais de courtage, devant impacter positivement les performances pour les clients.