Les groupes d’hydrocarbures BP et Shell ont décidé vendredi de suspendre les activités de leur raffinerie de pétrole Sapref, la plus importante d’Afrique du Sud. BP, qui a l’intention de vendre sa participation dans la raffinerie, a indiqué que les deux groupes n'étaient pas en mesure d’investir dans le site tant qu’une décision n’avait pas été prise concernant ses futurs propriétaires. Le site, qui représente 35% de la capacité de raffinage de l’Afrique du Sud, restera fermée pour une durée indéterminée. BP a précisé qu’un redémarrage était possible à l’avenir, même en cas de cession.
Si les résultats des valeurs pétrolières tutoient les records, leur performance de long terme sera affectée par le financement de la transition énergétique. Investisseurs engagés et ONG promettent d’y veiller.
BP a annoncé mardi un bénéfice de 12,85 milliards de dollars (11,27 milliards d’euros) sur l’ensemble de 2021, le plus élevé en huit ans, grâce au bond des prix du gaz naturel et du pétrole et à la reprise progressive de l'économie mondiale. Son bénéfice sous-jacent au coût de remplacement a atteint 4,1 milliards de dollars au quatrième trimestre, dépassant les attentes des analystes qui tablaient sur un bénéfice de 3,93 milliards. Il compte racheter pour 1,5 milliard de dollars d’actions avant la publication de ses résultats du premier trimestre 2022.
Le cours du brut WTI américain (contrat Mars 2022) a gagné 1,85% et atteint vendredi 92 dollars/baril pour la première fois depuis mi-2014, après qu’une énorme tempête hivernale a balayé les Etats-Unis et perturbé une partie de la production de pétrole dans la région du bassin permien. Dans son sillage, le cours du Brent européen (contrat Avril 2022) a gagné encore 1,65% à 92,65 dollars/baril.
Shell a annoncé jeudi un relèvement de son dividende et de ses rachats d’actions, après avoir enregistré des résultats supérieurs aux attentes au quatrième trimestre 2021, grâce au bond des prix du pétrole et du gaz. Son bénéfice ajusté a augmenté de 55% par rapport au trimestre précédent, à 6,4 milliards de dollars (5,67 milliards d’euros), et il a été multiplié par plus de 16 d’un an sur l’autre. Le groupe s’attend à augmenter son dividende de 4% au premier trimestre 2022.
L’Organisation des pays producteurs de pétrole et ses alliés de l’Opep+ ont comme prévu décidé mercredi de continuer à relever leur production globale de 400.000 barils par jour en mars. Cette nouvelle augmentation de la production est conforme aux décisions prises l’an dernier pour que la production retrouve progressivement ses niveaux d’avant la pandémie. L’Opep+ confirme son plan d’ajustement mensuel de la production approuvé en juillet dernier, portant sur une augmentation de la production de 400.000 barils par jour chaque mois à compter d’août 2021. Sachant qu’un certain nombre de ces pays ont toujours du mal à rejoindre l’objectif de remonter leur production mensuelle.
L’Organisation des pays producteurs de pétrole et ses alliés de l’Opep+ ont comme prévu décidé mercredi de continuer à relever leur production globale de 400.000 barils par jour en mars.
Exxon Mobil a publié mardi un bénéfice ajusté supérieur aux attentes des analystes au titre du quatrième trimestre 2021, période durant laquelle son chiffre d’affaires a bondi de 83% à 85 milliards de dollars (75,5 milliards d’euros). Le bénéfice net du groupe américain d’hydrocarbures s’est établi à 8,9 milliards de dollars, soit 2,08 dollars par action, à comparer à une perte nette de 20,07 milliards de dollars, ou 4,70 dollars par action, un an plus tôt. Hors éléments exceptionnels, son bénéfice ajusté par action a atteint 2,05 dollars, un niveau supérieur au consensus qui s'établissait à 1,94 dollar.
TotalEnergies a annoncé lundi avoir signé un accord en vue de céder à la société britannique Kistos Energy un intérêt de 20% dans les champs gaziers de la zone de Greater Laggan et dans l’usine de traitement de gaz de Shetland au Royaume-Uni, ainsi que des intérêts dans plusieurs licences d’exploration voisines. «Le prix de cette transaction comprend un montant ferme de 125 millions de dollars - soit environ 112 millions d’euros -, ainsi que deux paiements contingents», a indiqué l’énergéticien français. Celui-ci conservera 20% dans ces actifs et ses partenaires détiendront chacun 20% de ces champs gaziers.
TotalEnergies a annoncé lundi avoir signé un accord en vue de céder à la société britannique Kistos Energy un intérêt de 20% dans les champs gaziers de la zone de Greater Laggan et dans l’usine de traitement de gaz de Shetland au Royaume-Uni, ainsi que des intérêts dans plusieurs licences d’exploration voisines.
Chevron a annoncé vendredi avoir connu l’an dernier son exercice le plus rentable depuis 2014, grâce au bond des prix des matières premières engendré par la reprise de l'économie mondiale. Pour 2021, le pétrolier américain a publié un bénéfice net de 15,6 milliards de dollars (14 milliards d’euros), contre une perte nette de 5,5 milliards de dollars l’année précédente. Au quatrième trimestre, il a dégagé un bénéfice net de 5,06 milliards de dollars, contre une perte nette de 665 millions un an plus tôt. Hors éléments exceptionnels, le BPA du quatrième trimestre a atteint 2,56 dollars, alors que les analystes anticipait un niveau encore plus élevé de 3,12 dollars. Le groupe a en outre annoncé un flux de trésorerie disponible record de 21,1 milliards de dollars pour l’exercice écoulé.
L’Agence internationale de l’énergie a égaré… 200 millions de barils de pétrole. L’organisation a en effet déclaré la semaine dernière que les stocks mondiaux observables ont chuté de plus de 600 millions de barils l’année dernière. Selon ses calculs, qui se basent sur des modélisations complexes mais aussi un suivi satellite, cette baisse n’aurait pourtant dû être que de 400 millions. Une combinaison de facteurs est sans doute à l’origine de cette erreur : les stockages souterrains n’ont pas pu être pris en compte, la demande n’a pas été entièrement reportée… Alors que l’incertitude demeure sur le marché du pétrole, l’erreur n’aidera certainement pas à tirer la situation au clair.
Le contrat à un mois sur le pétrole Brent a dépassé les 89,20 dollars/baril mercredi matin (+0,7%), soit un plus haut de sept ans qu’il avait déjà atteint le 20 janvier en séance, soutenu par des problèmes d’approvisionnement persistant et les tensions géopolitiques en Europe et au Moyen-Orient, qui font craindre de nouvelles perturbations. Le président américain Joe Biden a déclaré mardi qu’il envisagerait des sanctions personnelles contre le président Vladimir Poutine si la Russie envahissait l’Ukraine. Lundi, le mouvement houthi du Yémen a lancé une attaque aux missiles contre une base des Emirats arabes unis. Le contrat à un mois sur le brut WTI a gagné +0,6% à 86,14 dollars/baril.
Le contrat à un mois sur le pétrole Brent a dépassé les 89,20 dollars/baril mercredi matin (+0,7%), soit un plus haut de sept ans qu’il avait déjà atteint le 20 janvier en séance, soutenu par des problèmes d’approvisionnement persistant et les tensions géopolitiques en Europe et au Moyen-Orient, qui font craindre de nouvelles perturbations.
L’énergéticien français TotalEnergies a annoncé vendredi son retrait de Birmanie, faute d’avoir pu limiter les flux financiers perçus par la société pétrolière nationale MOGE. «En dépit des actions entreprises, TotalEnergies n’a pas été en mesure de satisfaire les attentes de nombreuses parties prenantes (actionnaires, organisations de la société civile internationale ou birmane), qui demandent de mettre fin aux revenus dont bénéficie l’Etat du Myanmar via la société d’Etat MOGE au titre de la production du champ de Yadana», a indiqué le groupe dans un communiqué.
Préoccupant. Les inquiétudes sur la demande en pétrole pourraient bientôt faire place à des tensions sur l’offre. De fait, l’Opep+* échoue à atteindre ses objectifs de production depuis 7 mois. Une partie de ses membres, en Afrique ou en Asie, n’arrivent pas à extraire suffisamment de pétrole pour atteindre leurs objectifs fixés par l’organisation. Le sous-investissement chronique et les fuites répétées, en particulier au Nigeria, érodent les volumes de production, ce qui pèse aussi sur les volumes produits par l’Angola, la Guinée équatoriale ou le Congo. D’autres pays, telle la Russie, ont pu se voir attribuer des objectifs trop élevés. S’y ajoutent des problèmes idiosyncrasiques : problèmes politiques au Koweït ou travaux de maintenance imprévus sur les terminaux malaisiens. Certes, les grands producteurs de pétrole que sont l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis ou l’Irak pourraient compenser le manque, mais les règles de l’Opep les en empêchent. Le déficit continuera de se creuser : l’Opep prévoit de relever de 400.000 barils/jour les objectifs de production chaque mois. En parallèle, les stocks se vident : fin octobre, les volumes stockés par les économies de l’Organisation de coopération et de développement économiques étaient inférieurs de 6 % à leur niveau moyen de 2015-2019.