Exxon Mobil et Chevron ont présenté vendredi au titre du deuxième trimestre 2022 des résultats records et supérieurs aux attentes, tirés par une hausse de leur production et par l’appréciation des cours du brut. Exxon a dégagé un résultat net de 17,85 milliards de dollars, soit 4,21 dollars par action, plus de trois fois supérieur au résultat de 5,48 milliards, soit 1,28 dollar par action, du deuxième trimestre 2021. Chevron a publié un bénéfice net trimestriel de 11,6 milliards de dollars, contre 3,1 milliards un an auparavant. Son résultat ajusté par action a plus que triplé, à 5,82 dollars. Les grands producteurs d’hydrocarbures ont profité de la sortie de crise qui a vu rebondir la demande d'énergie, ainsi que de l’envolée des prix alimentée par la guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie.
Le pétrolier britannique a publié jeudi un bénéfice ajusté de 11,47 milliards de dollars (11,32 milliards d’euros) sur le trimestre d’avril à juin, contre 9,13 milliards de dollars au premier trimestre 2022. Ce résultat est supérieur au consensus qui s'établissait à 10,99 milliards de dollars. Shell a précisé qu’il lançait un nouveau programme de rachat d’actions de 6 milliards de dollars, qui serait finalisé d’ici à la publication de ses résultats du troisième trimestre, et annoncé un dividende trimestriel de 0,25 dollar par action, comme au premier trimestre.
TotalEnergies a annoncé lundi le démarrage de la production du champ pétrolier et gazier d’Ikike au Nigeria, dont il est l’opérateur avec une participation de 40% dans le bloc OML 99 en partenariat avec la Nigerian National Petroleum Corporation (60%). Située à 20 kilomètres de la côte et à une profondeur de 20 mètres environ, la plateforme d’Ikike est raccordée au site d’Amenam par un pipeline de 14 kilomètres. Sa production atteindra un pic de 50.000 barils équivalent pétrole par jour d’ici à la fin de l’année. Ce projet, qui tire parti d’installations existantes pour réduire les coûts, a également été conçu pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.
Les contrats à terme Septembre 2022 sur le pétrole ont baissé de près de 3% jeudi, au-dessous de 97 dollars/baril pour le brut WTI américain et à 104 dollars/baril pour le Brent européen, notamment à cause des données officielles indiquant une demande américaine d’essence plus faible que prévu malgré la saison estivale et l’apaisement des problèmes d’approvisionnement. Le rapport de l’Agence américaine de l’énergie (EIA) publié mercredi a montré que les stocks avaient augmenté de 3,5 millions de barils la semaine dernière aux Etats-Unis, dépassant les attentes d’une hausse de 71.000 barils. Le produit d’approvisionnement de l’essence, un proxy de la demande, a chuté d’environ 7,6% sur un an pour atteindre environ 8,5 millions de barils par jour. En même temps, la National Oil Corp de Libye a annoncé que la production de brut avait repris dans plusieurs champs pétrolifères du pays, après avoir rouvert ses exportations de pétrole la semaine dernière. Et la réouverture du gazoduc Nord Stream 1 vers l’Europe a réduit la pression qui pesait sur l’or noir depuis mi-juin.
Le producteur d'énergies TotalEnergies a annoncé mercredi que son retrait définitif de Birmanie était effectif ce jour. Le groupe avait annoncé en début d’année sa décision de se retirer du champ de Yadana et de la société de transport de gaz MGTC dans le pays. «Dans un contexte de détérioration continue de la situation en matière de droits humains au Myanmar, cette décision résultait du constat que TotalEnergies n'était plus en mesure d’apporter une contribution positive suffisante dans ce pays», a rappelé le groupe dans un communiqué.
TotalEnergies a annoncé mardi la signature d’un accord stratégique avec la compagnie pétrolière d’Abu Dhabi Adnoc visant à renforcer l’approvisionnement énergétique des marchés. Les deux entreprises exploreront notamment la possibilité d’un approvisionnement en diesel de la France par les Emirats arabes unis, ainsi que de nouveaux projets de production de gaz et de pétrole dans ce pays du Golfe. Cette annonce s’inscrit dans le cadre de la visite d’Etat du président des Emirats arabes unis, Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, à Paris.
Le géant français de l’énergie a publié des indicateurs au titre du deuxième trimestre. La progression des marges de raffinage en Europe est impressionnante.
Le géant français de l’énergie a publié des indicateurs au titre du deuxième trimestre. La progression des marges de raffinage en Europe est impressionnante.
Le groupe parapétrolier italien a perdu près de 50% en Bourse mardi, à un plus bas depuis plus de trente ans. Saipem, contrôlé par le groupe énergétique Eni et la CDP, l’équivalent transalpin de la Caisse des dépôts, paie le prix du semi-échec de sa levée de fonds. Il n’a attiré que 1,395 milliard d’euros de capital, soit 70% seulement de l’enveloppe de fonds propres prévue dans le cadre d’un appel de 2 milliards d’euros, lancé en juin. Saipem proposait ses nouvelles actions au prix d’émission de 1,013 euro chacune, à raison de 95 nouvelles actions pour une action ordinaire ou d’épargne détenue. Le parcours chaotique du titre ces dernières années et les pertes sur plusieurs grands contrats expliquent la défiance des investisseurs. Un pool de banques s’est engagé, rapporte Reuters, à éponger les droits non exercés afin de garantir la couverture de l’intégralité du montant de l’augmentation de capital.
L’Opep a une nouvelle fois annoncé, mardi, s’attendre à un léger ralentissement de la croissance de la demande mondiale de pétrole l’an prochain, même si elle estime que la consommation devrait rester soutenue par un moindre impact de la pandémie de Covid-19 et par une croissance économique encore solide. Son rapport mensuel table désormais sur une augmentation de 2,7 millions de barils/jour (mbj) de la demande globale en 2023, sans escalade de la guerre en Ukraine et après une prévision de hausse (inchangée) de 3,36 mbj en 2022. La consommation globale devrait dépasser, cette année, son niveau de 2019, mais l’envolée des cours et les confinements des derniers mois en Chine devraient freiner sa croissance. Mardi, les contrats 1 mois sur le pétrole ont chuté de plus de 7%, à 95,75 dollars/baril pour le brut WTI américain et à 99,50 dollars/baril pour le Brent européen. Le président américain, Joe Biden, doit se rendre en Arabie saoudite cette semaine dans le cadre des efforts visant à faire baisser les prix de l’énergie.
Le groupe parapétrolier italien plonge de plus de 30 % en Bourse ce mardi en milieu de journée, à un plus bas depuis 30 ans. Saipem, contrôlée par le groupe énergétique Eni et la CDP, l’équivalent transalpin de la Caisse des Dépôts, paye le prix du semi-échec de sa levée de fonds. Il n’a attiré que 1,395 milliard d’euros de capital, soit 70 % seulement de l’enveloppe de fonds propres prévue dans le cadre d’un appel de 2 milliards d’euros, initié en juin. Saipem proposait ses nouvelles actions au prix d'émission de 1,013 euro chacune, à raison de 95 nouvelles actions pour une action ordinaire ou d'épargne détenue. Le parcours chaotique du titre ces derniers années et les pertes sur plusieurs grands contrats explique la défiance des investisseurs. Un pool de banques s’est engagé, rapporte Reuters, à éponger les droits non exercés afin de garantir la couverture de l’intégralité du montant de l’augmentation de capital.
Le groupe anglo-néerlandais a annoncé jeudi qu’il reprendra jusqu'à 4,5 milliards de dollars de provisions pour dépréciations d’actifs au deuxième trimestre 2022, porté par les prix élevés des cours des hydrocarbures. «Des reprises de dépréciations après impôts de l’ordre de 3,5 à 4,5 milliards de dollars d’actifs précédemment dépréciés sont attendues au deuxième trimestre, principalement en raison de changements dans les perspectives des prix des matières premières», a précisé Shell dans un communiqué. Il table par ailleurs sur une production de gaz intégré comprise entre 930.000 et 980.000 barils équivalent pétrole par jour, et sur des volumes de gaz naturel liquéfié compris entre 7,4 millions et 8 millions de tonnes. Les bénéfices de l’activité de négoce et d’optimisation pour le gaz intégré devraient reculer par rapport au premier trimestre.
DEMANDE. Le baril de brut est redescendu aux alentours de 110 dollars, mais d’autres jauges de prix signalent que la trêve pourrait être de courte durée. La marge de raffinement (crack spread), qui représente la différence entre un baril de pétrole brut et un baril de produits raffinés, comme le gasoil ou le kérosène, a ainsi atteint un niveau record en juin : 62 dollars, contre une moyenne à 10,5 dollars entre 1985 et 2021. L’indicateur signale que la demande pour les produits pétroliers est forte et pas encore atteinte par les prix élevés. Et que les capacités de raffinage sont de plus en plus contraintes : si les pays occidentaux ont libéré des réserves stratégiques d’or noir, celles-ci ne sont constituées que de pétrole brut. Aux Etats-Unis, les capacités de distillation ont baissé d’un million de barils/jour depuis 2020, à 17,9 millions de barils/jour. Par ailleurs, la capacité russe atteint 1,5 million de barils/jour, désormais bloqués par les sanctions. Enfin, les inventaires en sous-produits du pétrole constitués par les entreprises, comme le diesel, ont été vidés par la reprise. Il n’y a pas d’autre alternative que payer le prix fort. Qui devrait continuer de progresser : les marchés anticipent aussi une reprise de la hausse des prix du brut, liée à la fin des approvisionnements russes et à l’épuisement des réserves stratégiques, qui aura lieu, au rythme actuel, en novembre. De quoi enclencher un processus de destruction de demande, mais qui ne suffira peut-être pas à refroidir significativement les prix.
Le pointage réalisé par des ONG pour évaluer les efforts des plus grandes institutions financières internationales en matière climatique montre toutefois le retard de certains.
Les pays producteurs de pétrole de l’Opep+ ont reconduit jeudi leur objectif d’ouverture des vannes légèrement plus importante pour cet été, mais cela ne suffira pas à freiner l’envolée des prix provoquée par la guerre en Ukraine. Les représentants des treize membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs dix alliés (Opep+) ont convenu que «la production d’août serait ajustée à la hausse de 648.000 barils par jour», comme en juillet, en comparaison des 432.000 barils fixés auparavant, a annoncé l’alliance dans un communiqué à l’issue d’une réunion par visioconférence.
La France souhaite que l’Iran et le Venezuela, soumis à des sanctions internationales, puissent revenir sur les marchés pétroliers afin que ce surcroît d’offre permette d’atténuer la flambée des prix liée à la baisse d’approvisionnements énergétiques en provenance de Russie, selon Reuters qui se référait lundi à un responsable de l’Elysée. Paris veut également que le dispositif envisagé par les dirigeants du G7 pour plafonner le prix du pétrole russe soit aussi large que possible, et pas uniquement limité à la production pétrolière russe.