Moyen terme. L’inflation liée aux délais d’approvisionnement n’est-elle que temporaire ? L’Institute of International Finance estime que non. Plus des deux tiers des économies connaissent des tensions d’approvisionnement depuis mars, et la hausse du prix des matières premières semble s’accompagner d’une remontée équivalente du prix des produits finis. Ainsi, si seules les entreprises américaines avaient rehaussé le prix de leurs produits finis en mars, la plupart des pays de la zone euro et émergents ont vu, en avril, un mouvement similaire de renchérissement des biens transformés, lié à l’augmentation des délais de livraison. La situation est d’autant plus nouvelle qu’à la différence de précédentes hausses de délais, les entreprises semblent anticiper une augmentation durable des matières premières, les poussant à rehausser leurs prix en prévision. Ce rebond vient en tout cas complexifier le travail des banques centrales, déjà bien occupées à séparer effets statistiques et facteurs temporaires de l’inflation sous-jacente. A mesure que la vaccination progresse et que les économies rouvriront, les délais pourraient pourtant aller en s’aggravant : face à une demande en croissance, l’offre deviendrait insuffisante et pèserait durablement sur l’inflation.