2018 a été une nouvelle année record pour l’actionnariat salarié en Europe, avec près de 400 milliards d’euros détenus par les salariés, selon lenouveau «Recensement Economique Annuel de l’Actionnariat Salarié dans les Pays Européens en 2018" publié ce11 avril par la Fédération Européenne de l’Actionnariat salarié (FEAS). Les entreprises européennes sont toujours plus nombreuses à organiser des plans d’actionnariat salarié. En 2018, 87,3% d’entre elles organisaient des plans de toutes sortes et 52,3% avaient des plans «pour tous». La croissance est de retour pour le nombre d’actionnaires salariés, à 7,5 millions dans les grandes entreprises; si l’on y ajoute un million d’actionnaires salariés dans les PME, le nombre total atteint 8,5 millions. Toutefois l'érosion du taux de démocratisation de l’actionnariat salarié n’est pas encore stoppée. Face à la crise, une série de pays européens (en particulier la Grande-Bretagne) avaient fait le choix de politiques plus incitatives, voyant la promotion de l’actionnariat salarié et de l'épargne à long terme comme un investissement pour l’avenir. A l’inverse, plusieurs autres pays, dont singulièrement la France,ont choisi de réduire la dépense publique et d’encourager la consommation des ménages, en sacrifiant les incitants à l'épargne et à l’actionnariat salarié. Ces choix politiques ont eu un fort impact sur le taux de démocratisation de l’actionnariat salarié, c’est-à-dire la proportion d’actionnaires salariés dans l’ensemble des salariés, avec un divorce grandissant entre l’Europe continentale et la Grande-Bretagne. Une chute sous les 20% était observée sur le continent, tandis qu’ à l’inverse, le taux de démocratisation grimpait à plus de 25% en Grande-Bretagne. Après un épisode négatif de 2009 à 2013, les décisions politiques sont redevenues positives dans la plupart des pays européens. Le taux de démocratisation a rebondi à 38% en France, illustrant l'élasticité de l’actionnariat salarié aux politiques fiscales. Cependant, les facteurs négatifs pèsent encore dans plusieurs pays. L’Allemagne donne l’image de l’impact négatif de telles politiques sur la démocratisation de l’actionnariat salarié, avec moins de 13%. Source: Feas