Loin d’avoir été meutrier, le troisième trimestre 2009 a vu, selon les statistiques d’Europerformance SIX Telekurs, l’encours de la gestion collective française croître de 5,4 %, à 872 milliards d’euros fin septembre. Avec une évolution nette : la demande pour les classes d’actifs risqués est restée soutenue Il est vrai que l’effet marché a été net pour les sous-jacents actions. Toutes classes d’actifs confondues, il a atteint +40,5 milliards d’euros.Cela mis à part, la demande pour les fonds Obligations, Actions et Diversifiés est demeurée forte (près de 12,5 milliards d’euros). Attention à l’effet «trompe-l’œil» ! Compte tenu des rachats importants de fonds de trésorerie régulière – de 419,5 milliards d’euros, leurs encours sont revenus à la fin du 3ème trimestre à 411,4 milliards - les souscriptions nettes d’OPCVM ne laissent ressortir que +2,3 milliards d’euros de collecte entre juillet et septembre.Parmi les phénomènes marquants, on notera donc à la clôture du 3ème trimestre, sur les OPCVM de Trésorerie Régulière le net ralentissement de la demande. Ce n’est pas un mouvement de lente érosion puisque les collectes des mois de juillet et août sont restées solides (respectivement +7,9 milliards d’euros et +3,7 milliards d’euros), mais une forte décollecte en septembre, liée aux opérations comptables des entreprises. Cette fois, elles ont été deux fois supérieure à la moyenne historique des rachats constatés pour un 3ème trimestre (-21,1 milliards d’euros). Preuve que la réorientation des investissements vers des actifs plus risqués est sensible. Sur le compartiment des OPCVM de Trésorerie Dynamique, les souscriptions nettes font état de -21 millions d’euros de rachats sur le trimestre, contre -673 millions d’euros lors du 2ème trimestre. L’hémorragie a été quasiment stoppée donc, ce qui peut s’expliquer par des rendements trimestriels de +0,6% et +1,16% supérieurs à l’EONIA, tandis que sur les fonds de trésorerie classique, la performance au-dessus du taux monétaire n’est que de… cinq points de base. De leur côté, les fonds d’obligations entre juin et septembre ont engrangé 2,9 milliards d’euros, contre 2,8 milliards le trimestre précédent. A fin septembre, les OPCVM Obligations réunissent un encours de 68,8 milliards d’euros, soit une progression de 8,4 % par rapport au trimestre précédent.Si les fonds Obligations euro aux maturités inférieures à 5 ans ont «glané la majeure partie des sommes allouées par les investisseurs durant le trimestre», précise l’étude d’Europerformance SIX Telekurs, les compartiments Obligations Taux Variables, Inflation, Europe, International et Haut Rendement n’ont pas fait recette.Avec le rebond des marchés d’actions, les actifs gérés en OPCVM Actions ont progressé de +19 % sur la période à 177,8 milliards d’euros - à rapprocher des 193,5 milliards d’euros à fin août 2008, avant la mise en faillite de la banque Lehman Brothers. Certes l’effet de marché y est pour beaucoup (+26,5 milliards d’euros) mais la collecte atteint toute de même 2,8 milliards d’euros. Les fonds Actions Internationales et Emergentes (+1,3 milliard d’euros de collecte) et les fonds Actions Sectorielles (+1 milliard d’euros) s’affichent comme les grands gagnants de cette moindre aversion au risque.Pour ce qui concerne fonds Diversifiés euro et Internationaux, on notera la poursuite d’une demande soutenue. Parmi eux, la gestion Flexible drainé a 86 millions d’euros d’investissement. Enfin, sur les fonds convertibles, 1,4 milliard d’euros ont été investis au troisième trimestre. «Avec un actif sous gestion de 11,5 milliards d’euros d’actifs sous gestion (+27% en 3 mois), ils retrouvent ainsi un niveau qu’ils n’avaient pas atteint depuis 2 ans», conclut Europerformance SIX Telekurs.