La directive AIFM va entraîner des re-domiciliations de fonds d’investissement alternatifs vers des centres onshore en Europe, surtout à l’initiative des gérants européens. Les centres offshore des Iles Cayman et de l’Etat du Delaware devraient demeurer, toutefois, les domiciles privilégiés de ce type de fonds, selon une étude d’Oliver Wyman présentée le 22 novembre à Luxembourg à l’occasion de la quatrième édition de la conférence de la gestion alternative organisée par l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (Alfi).L’étude a ainsi identifié quelques tendances significatives. Certains gérants de fonds alternatifs qui, sans nouveau cadre réglementaire, auraient choisi une domiciliation offshore opteront pour une domiciliation onshore pour répondre à la nouvelle donne ou à la demande de la clientèle. En Europe, ils s’orienteront probablement vers l’Irlande ou le Luxembourg, selon l’étude. On peut également s’attendre à davantage de co-domiciliation et de structures clonées entre les juridictions offshore et onshore. Par ailleurs, des centres offshore vont probablement émerger en Asie et au Moyen Orient à la demande des investisseurs et gérants. Corollaire de tous ces développements, la course aux parts de marché devrait entraîner des améliorations des infrastructures et de la réglementation des activités de service, ainsi qu’un assouplissement des procédures bureaucratiques dans l’ensemble des principaux centres de domiciliation. Reste une évidence, le paysage reste et devrait rester remarquablement stable. «De nombreux observateurs européens s’attendaient, suite à la directive AIFM et à la pression réglementaire exercée par les membres du G20, à un mouvement important de re-domiciliation vers les centres de l’Union européenne et à une diminution du nombre de fonds offshore. Cette étude montre, au contraire, que le paysage offshore est resté stable au cours des deux dernières années», a estimé Marc Saluzzi, président de l’Alfi. Les centres offshore des Iles Cayman et de l’Etat du Delaware devraient demeurer les domiciles privilégiés des fonds d’investissement alternatifs. Dans le secteur des hedge funds, les Iles Cayman représentent 43% du marché, devant le Delaware (20%), les Iles Vierges britanniques et les Bermudes (10% chacun). Le Luxembourg capte 4% du marché mondial des hedge funds, 9% du secteur des fonds de private equity et plus de 10% du marché des fonds immobiliers. Pour l’Alfi, cette situation constitue un nouveau défi à relever. «L’Europe a déjà établi Ucits comme marque mondiale pour les fonds, mais il nous reste un long chemin pour parvenir à en faire de même pour le secteur des fonds alternatifs», a lancé Marc Saluzzi.