La banque publique d’investissement Bpifrance est entrée au capital de la société holding de Voyageurs du Monde à l’occasion d’une augmentation de capital du voyagiste, frappé comme l’ensemble du secteur par l’impact brutal de l'épidémie liée au coronavirus sur le tourisme mondial. Dans un communiqué diffusé hier, Voyageurs du Monde précise avoir levé 16 millions d’euros, souscrits par les investisseurs et la direction de la société, sur la base d’un cours de l’action de 85 euros. Les dirigeants conserveront le contrôle de l’entreprise. Cette dernière, qui a généré un résultat d’exploitation de 33,6 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 488 millions l’an dernier, assure être dotée d’une «structure financière très solide (lui) permettant de faire face à la crise sanitaire actuelle».
Le courtier en ligne Robinhoodvient de lever 320millions de dollars (280 millions d’euros), portant sa valorisation à 8,6milliards de dollars. Caractérisé par l’absence de commission et ciblant laclientèle jeunedes réseaux sociaux, Robinhood envisage d’entrer en bourse quand les conditions le permettront. Ses 13millions de clients auraient alors la possibilité de devenir actionnaires de leur propre courtier. Depuis son lancement en 2013, Vladimir Tenev et Baiju Bhatt ont levé280 millions de dollars auprès de Sequoia Capital en mai dernier,et auparavant 862 millions de dollars en cumulé, d’aprèsle décompte de Crunchbase.
BlackRock veut montrer son engagement pour la finance durable plus concrètement. Il vient de publier un document qui recense ses votes en assemblée générale des sociétés cotées dont ses fonds sont actionnaires. Sur 300 des multinationales concernées par le sujet des émissions de carbone (énergie, automobile, etc.), pour 53 d’entre elles, il a voté contre des résolutions présentées en assemblée générale, le plus souvent celles portant sur la nomination ou le renouvellement d’administrateurs. Il indique que 191 sont «sous surveillance». Dans le cas de l’entreprise américaine Exxon, Blackrock a voté vote contre les nominations d’administrateurs. Chez Chevron, il a soutenu une résolution climatique déposée par des actionnaires (et non par l’entreprise). Il a aussi voté non chez Air Liquide, sur des sujets de gouvernance et de transparence de ses impacts environnementaux. Le géant américain de la gestion d’actifs avait annoncé vouloir se départir de ses investissements non durables. Dans sa lettre annuelle aux grands patrons, son patron, Larry Fink, estimait en janvier que le changement climatique était le «facteur principal» pour les entreprises à moyen terme.
Le groupe de private equity a annoncé hier la signature d’un financement d’une durée de 20 ans pour son parc éolien «Åndberg» de 286 mégawatts en Suède. Ce financement à long terme est assuré par la KfW IPEX-Bank, responsable du financement de projet et du financement export au sein du groupe bancaire public allemand KfW. Il a été garanti par un accord d’achat d’électricité verte de 10 ans avec Skellefteå Kraft, l’un des plus grands producteurs d’électricité de Suède, conclu en octobre 2019. Ce montage permet à Ardian et à la plate-forme d’énergie eNordic d’optimiser et de sécuriser davantage de rendements pour le parc éolien.
Hiérarchie. Dans un contexte de crise sanitaire devenant crise économique et particulièrement des paiements, la recherche d’Euler Hermes s’est demandé si le risque d’impayés n’avait pas des facteurs déterminants plus structurels. L’étude désigne ainsi les pays bons et mauvais élèves du paiement au-delà de la crise actuelle. Les lauriers sont attribués d’abord en Europe, surtout du Nord : Danemark, Norvège, Suède, Finlande, mais aussi Allemagne, Autriche et Suisse, ou Irlande. Plus loin, Israël et Nouvelle-Zélande. Les bonnets d’âne, là où les vendeurs « devront se montrer particulièrement vigilants pour être payés dans les temps », sont infligés à la Chine ou la Russie notamment. La distance hiérarchique ou distribution du pouvoir de décision, d’autocratique à consultative, constitue, selon Euler Hermes, un déterminant structurel culturel fort au risque d’impayés.
La plate-forme cède à La Banque Postale un portefeuille de 50 millions d’euros de crédits à la consommation à venir. C’est la quatrième opération de ce type.
Blockchain. Alors que la crise du Covid-19 a accéléré le phénomène de digitalisation de l’économie, S&P estime que la « tokenisation » des actifs financiers – leur représentation sous forme de jetons numériques – permettrait de les fractionner plus facilement, et ainsi d’améliorer leur liquidité et de démocratiser leur accès. L’agence de notation considère que le potentiel de ces tokens pourrait davantage s’exprimer dans les cas de levée de fonds et de financement des PME. En raison des obstacles auxquels la « tokenization » est toujours confrontée (régulation, technologie, sécurité de la propriété), S&P n’anticipe pas d’effet majeur du phénomène sur la rentabilité des institutions financières dans les prochaines années, mais il ne doit pas pour autant être ignoré à long terme. Les principales activités menacées seraient les départements corporate des banques, les sociétés de gestion et les dépositaires.
Le tribunal de commerce devait se prononcer sur l’avenir de l’Imagerie d’Epinal au moment où nous mettions cette page sous presse. La légendaire société vosgienne, fondée en 1796, est connue pour ses images représentant des scènes d’un dessin vif et coloré, à valeur symbolique. Les aléas qu’elle traverse depuis quelques mois pourraient eux-mêmes servir de sujet à une nouvelle image. L’entreprise rachetée en 2014 par deux investisseurs a tenté sans succès de se développer en modernisant le style de ses lithographies. Un nouvel actionnaire, entré au capital en 2017, a demandé que transparence soit faite sur les comptes mais la procédure s’est enlisée, d’autant plus que le tribunal de commerce a dû fermer pendant le confinement. Sur ces entrefaites, le plaignant est décédé du coronavirus. Heureusement, le nouveau maire élu avait promis, pendant sa campagne, de porter la mairie à la rescousse de son trésor municipal. A l’image de l’Etat soutenant à grand renfort de prêts et bientôt de fonds propres les entreprises en difficulté du pays...
CCR Re a placé 300 millions d’euros d’obligations subordonnées Tier 2, une première pour le réassureur, qui a attiré plus de 150 investisseurs et 1,5 milliard de demandes, indiquent ses banques (HSBC, Natixis, CACIB). Le succès de cette émission inaugurale de maturité 2040 (call 2030, notation BBB+, coupon de 2,875%) lui permet de sortir avec un rendement très modéré de 310 points de base au-dessus du taux mid-swap. Et d’améliorer sa solvabilité en diversifiant ses sources de financement.
Sodexo a réalisé mercredi une émission obligataire en deux tranches pour un montant global d’un milliard d’euros. Le groupe de restauration collective et de titres de services prépayés a placé 500 millions d’euros d’obligations de maturité janvier 2024 (3,5 ans), et 500 millions d’euros à 8 ans. Les spreads à l'émission ont été resserrés à 90 points de base et 130 points de base respectivement au-dessus des mid-swaps. La demande totale cumulée a dépassé 7 milliards d’euros. Citi, Goldman Sachs, Natixis et Santander ont dirigé le placement. Mardi, Sodexo a publié une baisse de 30% de son chiffre d’affaires en données organiques pour la période de mars à mai.
Les PME et ETI cotées à Paris profitent de la tenue relativement bonne de leurs cours de bourse pendant la crise du Covid-19 pour renforcer leur bilan.