Le conseiller économique de la Maison blanche, Peter Navarro, a prévenu, dans la nuit sur la chaîne Fox Business, que l’Union européenne (UE) ne devait pas prendre des mesures de rétorsion après que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a autorisé les Etats-Unis à surtaxer des produits européens dans le cadre du litige sur les subventions au secteur aéronautique. Il n’y a pas de raison de représailles menant à une «surenchère» puisque les Etats-Unis se conformaient aux règles de l’OMC. Il a fait cette déclaration quelques heures après que le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a averti que l’UE était prête à infliger des sanctions aux Etats-Unis si ceux-ci laissaient sans réponse son offre de dialogue.
PROVISOIRE Avec son projet de budget pour 2020, l’administration de Donald Trump a choisi de rester sur la même ligne politique que l’année passée : une augmentation des dépenses de défense, à 750 milliards de dollars, et une diminution des autres budgets à hauteur de 5 %. En particulier, le budget prévoit une ligne budgétaire de près de 9 milliards de dollars afin de poursuivre la construction du mur à la frontière mexicaine, venant s’ajouter aux 6,7 milliards de dollars réaffectés à ce projet au cours de l’été, au prétexte d’une situation d’urgence nationale, ce qui a provoqué des remous jusque dans le camp des Républicains. L’année fiscale 2020 démarrant le 1er octobre, le Sénat a approuvé de justesse un budget provisoire allant jusqu’au 26 novembre. Rien n’est moins sûr que les deux Chambres auront trouvé un terrain d’entente d’ici-là. Les fonctionnaires américains peuvent craindre un nouveau shutdown au cours des prochains mois.
Le rythme des embauches aux Etats-Unis a décéléré en août, avec 130.000 nouveaux emplois nets, contre 159.000 en juillet, selon le département américain du Travail. L'économie américaine crée des emplois sans discontinuer depuis octobre 2010, soit 107 mois. Mais le taux de chômage est demeuré à des points bas historiques, à 3,7% le mois dernier, comme en juillet et comme anticipé par les économistes. Il reste ainsi proche de son plus bas niveau des 50 dernières années. Les salaires ont de leur côté progressé de 3,2% sur un an le mois dernier, comme en juillet.
Le rythme des embauches aux Etats-Unis a légèrement décéléré en août mais le taux de chômage est demeuré à des points bas historiques, signe que l'économie américaine reste robuste en dépit du ralentissement du secteur manufacturier et des difficultés de l'économie mondiale.
« Je promets de ne pas faire cela au Groenland ! » Avec ce photomontage et ce tweet, Donald Trump a donné corps aux rumeurs selon lesquelles il aurait offert d’acheter le territoire au Danemark. La Première ministre danoise a opposé un refus ferme à la proposition américaine. La réaction de Donald Trump ne s’est pas faite attendre. « Mette Frederiksen, première ministre, ayant déclaré qu’elle n’aurait aucun intérêt à discuter de l’achat du Groenland, je repousserai donc notre réunion prévue dans deux semaines », a-t-il annoncé sur Twitter deux jours plus tard, prenant de court l’ambassadrice des Etats-Unis au Danemark, qui se réjouissait au même moment de sa venue prochaine, toujours sur les réseaux sociaux. A l’ère de Donald Trump, la diplomatie réinvente le « gazouillis » pour en faire un « couac ».
Le taux de chômage aux Etats-Unis n’était que de 3,7 % fin juin, son plus-bas depuis 1969, mais avec un taux de participation à la population active bloqué à 62,9 %, également un plus-bas depuis 1977, rappelait un article du NY Times en juillet, regrettant que cette deuxième statistique ne soit jamais évoquée au même niveau que la première. Outre le vieillissement de la population, qui accélère la baisse du taux d’activité depuis 2000, les femmes ont connu une chute de leur participation à la population active depuis vingt ans, de 60,3 % à 57,1 %. Quant au Département du travail, il vient de corriger de 501.000 unités à la baisse les créations d’emplois aux Etats-Unis annoncées entre avril 2018 et mars 2019, soit 42.000 en moins sur 210.000 en moyenne par mois…
Alors que le président Donald Trump affirme en même temps que la Fed doit baisser ses taux et que l’économie américaine va très bien, le secteur manufacturier s’est contracté en août pour la première fois en près de dix ans aux Etats-Unis, selon l’enquête mensuelle d’IHS Markit. Signe qu’une guerre commerciale acharnée entre les Etats-Unis et la Chine pourrait faire basculer l'économie dans une récession, l’indice PMI «flash» sur l’activité manufacturière est tombé à 49,9 ce mois-ci, son niveau le plus bas depuis septembre 2009, contre 50,4 en juillet selon l’indice PMI définitif. Un indice PMI inférieur à 50 signifie que le secteur est en contraction. Le sous-indice des nouvelles commandes de produits manufacturés est tombé à 49,5%, son plus bas depuis août 2009, contre 51,7 en lecture définitive en juillet.
La Chine a dit jeudi espérer que les Etats-Unis mettent un terme à leur politique de tarifs douaniers sur les produits en provenance de Pékin, ajoutant que l’imposition de nouveaux droits de douane entraînerait des mesures de rétorsion. Selon Gao Feng, le porte-parole du ministère du Commerce, les négociateurs des deux premières économies mondiales seraient restés en contact. Washington a annoncé début août la mise en oeuvre à compter de septembre de droits de douane de 10% sur les 300 milliards de dollars d’importations chinoises encore non taxées, avant que le président Donald Trump ne revienne en partie sur cette décision, en reportant à mi-décembre l’imposition de certains produits chinois importés.
Les reventes de logements aux Etats-Unis ont augmenté plus que prévu en juillet grâce aux taux hypothécaires en repli et à la vigueur du marché de l’emploi, selon les agents immobiliers de la National Association of Realtors (NAR). Ces reventes ont crû de 2,5% à 5,42 millions d’unités en rythme annualisé corrigé des variations saisonnières, contre 5,29 millions en juin. Le prix médian des logements a augmenté de 4,3% par rapport à l’an dernier, à 280.800 dollars.
À Paris, l'indice CAC 40 plongeait de 2,56% à 5.415,30 points vers 10h20 GMT. À Francfort, le Dax abandonnait 2,25% et à Londres, le FTSE cèdait 1,75%. L'indice EuroStoxx 50 de la zone euro reculait de 2,27%.