« MÉTHODE CHINOISE » Quelque peu happé par la gestion des conflits avec la Chine, l’Iran et la Corée du Nord, pour ne citer qu’eux, le président américain Donald Trump a accordé 180 jours supplémentaires aux négociateurs pour trouver un accord sur l’industrie automobile. Le sursis, annoncé le 17 mai, concerne aussi bien l’instauration de tarifs douaniers supplémentaires, que la mise en place de quotas d’importation sur les automobiles et les pièces détachées. Sont concernées, précise le communiqué de la Maison Blanche, « les automobiles et certaines pièces automobiles importées en provenance de l’Union européenne, du Japon et de tout autre pays que le représentant au commerce considère comme approprié ». Les industriels du secteur n’ont aucune raison de se réjouir. Le président Trump semble vouloir appliquer la « méthode chinoise » à ses interlocuteurs. Un autre communiqué spécifie que « si les accords ne sont pas conclus dans les 180 jours, le président déterminera si d’autres mesures doivent être prises ».
Le pétrole montait d’environ 1,3% ce matin après que l’Opep+ a annoncé vouloir probablement maintenir les baisses de la production qui ont permis de soutenir les prix cette année, et alors que la tension continue de croître au Moyen-Orient, notamment avec l’Iran. Ainsi, le baril de Brent progressait à 73,19 dollars le baril, après avoir touché 73,40 dollars, un plus haut niveau depuis le 26 avril, et le baril de WTI s’affichait à 63,61 dollars le baril, après avoir atteint 63,81 dollars, plus haut niveau depuis le 1er mai.
PRESSION. Le 9 mai dernier, soit un an jour pour jour après l’annonce de leur retrait du JCPoA (l’accord de Vienne sur le programme nucléaire iranien), les Etats-Unis ont durci leurs sanctions. Les exemptions accordées à huit pays (Inde, Chine, Italie, Grèce, Corée du Sud, Taïwan et la Turquie) pour l’importation de pétrole arrivent à échéance au mois de mai, et ne seront pas reconduites. Des sanctions supplémentaires, visant le secteur des métaux industriels, ont été annoncées. En Chine, qui est le premier importateur mondial de brut iranien, les entreprises d’Etat CNPC et Sinopec ont annoncé vouloir suspendre leurs importations de brut iranien, de peur de se voir coupées du système financier mondial. La réponse iranienne a été immédiate : Téhéran a suspendu une partie des engagements pris à Vienne, en donnant 60 jours aux autres signataires du JCPoA pour mettre
Le ministère chinois des Affaires étrangères a assuré lundi que Pékin ne céderait « jamais » aux pressions extérieures, alors que Washington a réitéré sa menace de relever les tarifs douaniers sur l’ensemble des importations chinoises. Le porte-parole du ministère, Geng Shuang, s’est refusé à préciser quelles contre-mesures la Chine pourrait prendre en riposte à la hausse des droits de douane annoncées par les Etats-Unis la semaine dernière sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises.
Le ministre de l’Economie et des Finances français a exhorté la Chine et les Etats-Unis à éviter une escalade des tensions dans leurs négociations commerciales en cours pour ne pas pénaliser la croissance mondiale. « Nous souhaitons que les négociations suivent des principes de transparence et de multilatéralisme », a déclaré Bruno Le Maire à son arrivée au Forum de Paris sur la dette et le développement, une manifestation organisée au ministère des Finances.
Le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a augmenté de 3,2% en termes annualisés au premier trimestre, a annoncé vendredi le département du Commerce. Il s’agit de la première estimation de la croissance américaine pour la période de janvier à mars. La performance est donc supérieure aux attentes, puisque les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une croissance de 2,0%, après celle de 2,2% du quatrième trimestre de l’an dernier, tandis que le consensus recueilli par Dow Jones Newswires tablait sur une progression du PIB de 2,5%.
Le rendement des Treasuries américains à 10 ans se détendait d’un point de base (pb) vendredi à 2,50%, et de 2 pb sur le rendement à 2 ans à 2,35%, suite à la publication des chiffres mensuels de l’emploi américain. Les rendements à 2 et à 10 ans confirment ainsi leur rebond d’environ 15 pb. Les marchés ont été rassurés par les 196.000 emplois non agricoles créés par l’économie américaine en mars, ressorti symboliquement au-dessus des 180.000 anticipés par le consensus Reuters, après le nombre décevant de créations de postes de 33.000 en février. Le taux de chômage est en outre resté stable à un très bas niveau de 3,8%.
Le rendement des Treasuries américains à 10 ans se détendait très légèrement d’un point de base (pb) cet après-midi à un niveau de 2,50%, et de 2 pb sur le rendement à 2 ans à 2,35%, alors que les marchés actions américains ouvraient en très légère hausse de 0,2%, à la suite de la publications des chiffres mensuels de l’emploi américain mitigés par le département américain du Travail. Les rendements à 2 et à 10 ans confirment ainsi leur rebond d’environ 15 pb depuis leurs points bas respectifs de 2,20% et de 2,35% atteint au milieu de la semaine dernière, avec une pente entre les deux maturités qui reste légèrement positive. Le spread entre le rendement des T-Bills à 3 mois et des Treasuries à 10 ans est quant à lui repassé en territoire positif, après l’inversion de courbe en milieu de semaine dernière, qui avait soulevé les craintes d’une prochaine récession aux Etats-Unis.
Le président américain aurait appelé le président de la Réserve fédérale (Fed) le 8 mars dernier, inquiet de la plus forte chute hebdomadaire de l’année des marchés actions, liée aux craintes sur la croissance mondiale, indiquait jeudi Bloomberg. Donald Trump avait déjà critiqué vendredi dernier dans un tweet les quatre hausses de taux réalisées par la Fed l’an dernier, ainsi que son processus de réduction de son bilan, qui auraient, selon lui, empêché la croissance américaine de dépasser le seuil des 3%. Depuis, la Fed a confirmé vouloir mettre fin à la réduction de son bilan, alors que les marchés commencent à anticiper des baisses de taux avant la fin de l’année.
Le président américain aurait passé un coup de téléphone au président de la Réserve fédérale (Fed) le 8 mars dernier pour lui faire part de ses inquiétudes face à la plus forte chute hebdomadaire de l’année des marchés actions liée aux craintes concernant les perspectives de croissance mondiale, indique ce matin Bloomberg.
Le budget fédéral des Etats-Unis a affiché en février un déficit légèrement supérieur aux attentes à 234 milliards de dollars (205 milliards d’euros) contre 215 milliards de dollars un an plus tôt, a annoncé vendredi le département du Trésor. Les analystes interrogés par Reuters attendaient un déficit à 227 milliards de dollars. Les recettes ont augmenté de 8% à 401 milliards de dollars tandis que les dépenses ont grimpé de 7% à 167 milliards de dollars.
La réforme du droit de la propriété intellectuelle en Chine répond autant aux critiques occidentales qu'à la préservation des innovations des entreprises nationales.
Le ralentissement de l'économie américaine a été moins marqué qu’attendu au quatrième trimestre grâce à la vigueur de la consommation des ménages et de l’investissement des entreprises, mais la croissance de 2018 n’a pas atteint l’objectif de 3% de l’administration Trump, montre l’estimation du produit intérieur brut (PIB) publiée jeudi par le département du Commerce. Le PIB a progressé de 2,6% en rythme annualisé sur les trois derniers mois de l’année après une hausse de 3,4% sur les trois mois précédents. Les économistes prévoyaient en moyenne une croissance de 2,2% en rythme annualisé.
Négoce. Le président Trump a décidé de faire une pause dans la guerre commerciale avec la Chine. « Nous allons planifier un sommet pour le président Xi et moi-même, à Mar-a-Lago, afin de conclure un accord. Un très bon week-end pour les USA et la Chine ! », a-t-il déclaré le 24 février dernier. Une hausse des droits de douane de 15 points, à 25 %, était programmée si un accord n’était pas conclu d’ici le 1er mars. Faut-il pour autant considérer que la hache de guerre est enterrée ? Les investisseurs restent prudents : « Peut-on se mettre à échafauder des plans sur la mise en place à date rapprochée d’un nouveau cadre stable et transparent en matière de relations entre la Chine et les Etats-Unis ? Je ne crois pas. La question du déséquilibre commercial connaîtra probablement une réponse assez complète et celle des relations économiques, une autre, davantage partielle. Quant aux rapports géopolitiques, le terrain serait resté très largement en jachère », tempère Hervé Goulletquer, responsable stratégie et communication chez LPB AM. Chad P. Bown, expert au Peterson Institute, rappelle que les tarifs déjà appliqués ne sont pas remis en question par cette annonce. Tarifs dont les conséquences sont mesurables : « Les tarifs et contre-tarifs actuels réduisent déjà les exportations américaines vers la Chine de 37,1 milliards d’euros et la production économique américaine de 2,6 milliards d’euros. Les exportations chinoises vers les Etats-Unis diminuent de 52,1 milliards d’euros, ce qui pourrait coûter au pays 5,7 milliards d’euros de sa production économique », explique l’Ifo dans une note. La guerre commerciale va laisser des traces durables, notamment dans le secteur agricole. Les Etats-Unis et le Brésil produisent 66 % du soja (photo) mondial. La Chine importe 60 % de la production mondiale. Pékin a révisé ses standards en matière d’alimentation animale, afin d’éviter de commercer avec les Etats-Unis. Les analystes pensent que les échanges ne pourront jamais retrouver leurs niveaux d’avant-crise.