Jerome Powell, le président de Fed a déclaré, dans la nuit de lundi à mardi devant la Greater Providence Chamber of Commerce, que la banque centrale américaine avait baissé ses taux cette année en grande partie parce que ses responsables avaient conclu que l'économie des Etats-Unis n'était pas aussi vigoureuse qu’anticipé lorsque la Fed avait relevé ses taux en 2018. Entre temps, les banquiers de la Fed ont constaté un ralentissement de l’investissement et de la croissance mondiale, amplifié par la guerre commerciale entre Washington et Pékin.
ESSENTIEL Depuis deux trimestres, la croissance américaine est tenue par la consommation des ménages, tandis que l’investissement des entreprises est en berne (voir graphique). « Etant donné l’état des finances publiques, il est difficile d’imaginer un plan de relance de la part de l’administration Trump. Il est donc essentiel que la consommation reste solide », commente Christian Parisot, head of global research chez Aurel BGC. De quoi nourrir les réflexions de Donald Trump, alors que les discussions en vue d’un accord commercial avec la Chine se heurtent à des difficultés. Les modalités de baisse des droits de douane par les deux parties ainsi que les engagements sur les importations de produits agricoles par la Chine restent à définir.
Parmi les victimes de la guerre commerciale entre Etats-Unis et Chine, les agriculteurs américains, avec des revenus en baisse et des perspectives incertaines.
Lors de la première audition, mercredi, du président de la Réserve fédérale (Fed) devant la Commission économique conjointe du Congrès américain, il a expliqué que la Fed prévoit une «expansion soutenue» pour l'économie américaine avec un taux de chômage bas soutenant les dépenses de consommation et les effets encore à venir des récentes baisses des taux d’intérêt. «Les prévisions demeurent favorables selon le scénario de base», et malgré des «risques notables», notamment un ralentissement de l'économie mondiale et les retombées du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine, «mes collègues et moi voyons une expansion soutenue de l’activité (...) comme le scénario le plus probable», a-t-il déclaré. Il a confirmé que la Fed n’a pas besoin de réduire davantage ses taux Fed Funds après les trois baisses opérées entre juillet et octobre.
«Les risques sont en train de bouger dans la bonne direction.» C’est l’une des déclarations qui a marqué la première audition cet après-midi du président de la Réserve fédérale (Fed) devant la Commission économique conjointe du Congrès américain, en référence aux sujets d’incertitude comme un éventuel premier accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis.
Les résultats de l’enquête mensuelle d’ADP sur l’emploi dans le secteur privé aux Etats-Unis font ressortir 125.000 créations de postes, légèrement au-dessus des attentes, pour octobre. Mais l’indicateur doit être regardé en intégrant une révision à la baisse, de 135.000 à 93.000 créations finalement, du chiffre initialement annoncé pour septembre par le cabinet de recrutement.
VOEU PIEUX C’est un président américain Donald Trump manifestement pressé de trouver des débouchés aux produits agricoles américains, qui s’est félicité à coups de tweets de l’accord conclu avec le Japon le 25 septembre, puis de la trêve avec la Chine, annoncée le 11 octobre. L’American Farm Bureau (principale fédération agricole du pays) a vivement réagi aux annonces du président américain, lors d’un meeting en Louisiane le 11 octobre. Ce dernier a déclaré que les importations chinoises de produits agricoles américains pourraient grimper en flèche, pour atteindre 50 milliards de dollars par an. Or, rappelle l’organisation, les importations chinoises n’ont jamais atteint les 30 milliards de dollars. Elles ont lourdement chuté depuis 2016, à 9,1 milliards de dollars en 2018. Si donc les Etats-Unis ont effectivement décidé de ne pas appliquer 5 % de droits de douane supplémentaires sur 250 milliards de dollars de produits d’importation, en revanche, les promesses chinoises relèvent encore du vœu pieux… ou de la promesse de campagne.
Pascal Saint-Amans, directeur du Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE, veut obtenir le soutien du G20 pour faire évoluer la fiscalité des multinationales.
Le conseiller économique de la Maison blanche, Peter Navarro, a prévenu, sur la chaîne Fox Business, que l’Union européenne (UE) ne devait pas prendre des mesures de rétorsion après que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a autorisé les Etats-Unis à surtaxer des produits européens dans le cadre du litige sur les subventions au secteur aéronautique. Et de préciser que les Etats-Unis se conformaient aux règles de l’OMC. Quelques heures avant, Bercy avait averti que l’UE était prête à infliger des sanctions aux Etats-Unis si ceux-ci laissaient sans réponse son offre de dialogue. Mercredi, l’Office du représentant américain au Commerce (USTR) a annoncé l’entrée en vigueur dès la mi-octobre des droits de douane de 10% pour les avions et de 25% pour d’autres produits importés de l’UE.