L’impact sur la croissance américaine est estimé entre 0,5 et 1 point en 2025, tandis que l’inflation devrait progresser de 1,5 à 2 points. Pour le reste du monde, cela dépendra des mesures de représailles. La guerre commerciale laissera des traces à long terme.
Les Etats-Unis ont annoncé l’application de droits de douane particulièrement élevés contre la plupart des pays du monde. Présentés comme «réciproques», ces «tariffs» découlent en réalité de l’application d’une formule mathématique basique.
Le président américain a annoncé mercredi soir l’application de tarifs commerciaux massifs contre plusieurs pays, dont la Chine et l’Union européenne. Les actions chutent de plus de 3% des deux côtés de l'Atlantique.
Les tarifs commerciaux pourraient être conditionnés aux contrats sur le GNL américain si les pays européens et asiatiques souhaitent en faire un levier de négociation avec les Etats-Unis. La volatilité va rester la règle pendant quelques mois. Au-delà, une croissance de l’offre supérieure à la demande devrait progressivement faire baisser les prix.
La Commission européenne, qui pourrait choisir de tempérer ses représailles pour éviter de trop heurter l’économie, prépare en parallèle une offre de compromis à soumettre à Washington. Au menu, davantage d'armes et de GNL américains… Bruxelles réfléchit également au sort à réserver aux géants américains du numérique.
Fossoyeur du multilatéralisme, le président Trump démantèle de manière systématique les instruments de la puissance américaine, estime la directrice des études économiques du Groupe Crédit Agricole.
Suivant la doctrine de son conseiller Stephen Miran, Donald Trump chercherait à nouer un nouvel accord mondial sur les changes, comparable aux accords du Plaza de 1985. Ses objectifs : déprécier le dollar et réduire le déficit commercial américain à long terme, sans pour autant menacer le financement du déficit des Etats-Unis. Cette quadrature du cercle peut expliquer la menace de droits de douane et de retrait du parapluie militaire américain envers les pays jugés non coopératifs, mais nombre d’économistes la jugent très difficile à résoudre.
Le cours de l’or noir réagit peu aux annonces de Donald Trump concernant la Russie, l’Iran et le Venezuela. Les investisseurs doutent de la mise en œuvre effective des menaces alors que des forces de rappel sont de nature à peser sur le prix du Brent.
L'entrecroisement des chocs qui s'accumulent depuis quelques semaines nourrit l'incertitude, relève Vincent Chaigneau, directeur de la recherche de Generali Investments. Le 2 avril, le «liberation day» selon Trump, pourrait constituer un pic d’incertitude et de pessimisme en matière de guerre commerciale.
L’inflation PCE sous-jacente a même augmenté aux Etats-Unis. Les dépenses de consommation, surtout, tiennent un peu mieux que ce qu’auraient pu attendre certains économistes, et les marchés, toujours inquiets.
Les cours du cuivre ont atteint des records mercredi sur les marchés américains. Ils ont baissé à Londres dans le même temps, accentuant la dislocation du marché au niveau mondial.
Le fabricant de pneus Pirelli serait sur le point de demander à son premier actionnaire chinois Sinochem de réduire sa participation. La raison ? La crainte de mesures de rétorsion de l’administration américaine.
La banque centrale américaine a décidé de réduire son bilan à un rythme plus lent à partir d’avril, abaissant de 25 à 5 milliards de dollars le montant des obligations d’Etat qu’elle ne réinvestit plus chaque mois. Au-delà du débat sur les raisons de cette mesure, notamment liées aux perturbations du blocage du plafond de la dette américaine, la Fed cherche le bon tempo.
Pour mieux comprendre les mouvements sur l’inflation et la croissance, les économistes s’apprêtent à regarder d’autres signaux que les indicateurs habituels. La cause ? Le chamboule-tout amorcé par l’administration Trump.
Chaque mois, les observateurs attendent d’abord l’indice CPI, alors que la Fed regarde plutôt l’indice PCE «core» sans l’énergie ni l’alimentation, publié avec trois semaines de retard.
Le sujet est au coeur des discussions macroéconomiques depuis au moins trois ans. Certains observateurs espèrent voir une partie de l’épargne réallouée vers la consommation en Europe.
Le rapport du département américain du Travail est particulièrement suivi par les investisseurs alors que son équivalent en Europe est à peine regardé. Plusieurs éléments objectifs justifient une telle différence de traitement.