Qu’y a-t-il derrière l’obligation verte de près de 10 milliards d’euros lancée par l’Etat en 2017 ? L’Agence France Trésor présente, dans son premier rapport, l’allocation des fonds qui étaient destinés à financer des dépenses de l’Etat et du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA) concernant la lutte contre le changement climatique, l’adaptation au changement climatique, la protection de la biodiversité, et la lutte contre la pollution. Pour s’assurer de la bonne utilisation des fonds, leur suivi a fait l’objet d’un audit par KPMG et Vigeo Eiris a ete mandate? comme « seconde opinion » préalablement à l’opération. Des indicateurs de performances quantifiables ont été aussi mis en place en face de chaque programme financé. Le crédit d’impôt pour la transition e?nerge?tique en tête Lancée en début d’année 2017, l’OAT verte ou green bond a atteint un encours de 9,7 milliards d’euros en fin d’année 2017 après deux abondements. Sur ces fonds levés et alloués, le Crédit d’impôt pour la transition energetique (CITE) est le plus gros bénéficiaire grâce à un financement de 3,2 milliards d’euros. Il permet au secteur du bâtiment d’être le secteur le mieux loti avec 37% des dépenses allouées soit 3,6 milliards d’euros. En deuxième position, le fonctionnement des opérateurs de la recherche publique dans le domaine de l’environnement (CIRAD, CNRS, INRA…) a reçu 2,2 milliards d’euros. Grâce à cet effort, le secteur des ressources vivantes (connaissance de la biodiversite, protection des milieux et evolution des pratiques) remporte 27% des fonds soit 2,66 milliards d’euros. A eux deux, les secteurs du bâtiment et des ressources vivantes totalisent près des deux tiers des fonds en 2016-2017. Le secteur des transports arrive en troisième position avec 13% des fonds alloués soit 1,2 milliard d’euros, avec par exemple le financement de l’entretien du réseau fluvial par Voies Navigables de France (VNF). Il est suivi par le secteur de l’énergie avec 9% des fonds alloués soit 850 millions d’euros avec par exemple le financement de la recherche scientifique et technologique dans le domaine de l’environnement ou encore les projets de transition énergétique et de Smart grids du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA). Le secteur de l’adaptation dispose de 8% des fonds alloués avec notamment 670 millions d’euros destinés au développement des technologies spatiales au service de de l’observation de la Terre qui est le 3eme programme le mieux financé après le CITE et la recherche dans le domaine de l’environnement. La lutte contre la pollution remporte 3% des fonds soit 103 millions d’euros pour des programmes de recherches et de mesure de la qualité de l’air. Près de 200 investisseurs Pour rappel, Barclays, BNP Paribas, Credit Agricole CIB, Morgan Stanley, Natixis et SG CIB ont été les premiers investisseurs de l’OAT verte. Au total, près de 200 investisseurs se sont engagés avec une représentation de 19% des assureurs, de 20% des fonds de pension, de 21% des banques et de 33% des gestionnaires d’actifs. Parmi les investisseurs institutionnels, on compte notamment AG2R La Mondiale, Apicil, Aviva Investors France, AXA France, BNP Paribas Cardif, Caisse Regionale du Credit Agricole Mutuel de Paris et d’Ile de France, Covea Finance, Generali France, l’ERAFP, Groupama, Groupe BPCE, HSBC Assurances Vie (France), l’IRCANTEC, la Mutuelle d’Ivry (la Fraternelle), Pro BTP, Scor, WWF FRANCE. TV
Le parlement néerlandais compte adopter un texte de loi obligeant le pays à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 95%, à l’horizon 2050, par rapport à leur niveau de 1990, ont déclaré hier des députés de la chambre basse, dont les partis représentent 75% des sièges. Les Pays-Bas, dont les émissions de gaz à effet de serre ont été l’an dernier de 13% inférieures à leur niveau de 1990, comptent parmi les pays les plus pollueurs de l’Union européenne. La proposition de loi ne stipule pas de quelle manière l’objectif de 95% pourrait être atteint.
La facture descatastrophes naturelles continue de s’alourdir. Les orages et les inondations qui ont balayé la France du 25 mai au 14 juin ont donné lieu à 214.000 déclarations de sinistres et causé 430 millions d’euros de dégâts, a annoncé lundi la Fédération française de l’assurance (FFA).
Le groupe Primonial a annoncé qu’il avait signé la Charte de la Diversité en Entreprise. Les principaux axes de sa démarche « Diversité » portent actuellement sur l’Egalité Professionnelle Hommes et Femmes avec, notamment, une politique parentalité affirmée, ainsi que sur la diversité des profils recrutés (en termes de diplômes, de parcours et d’expérience), indique un communiqué. Trois natures d’actions sont menées : Des programmes de formation contre la discrimination; Des actions de sensibilisation; Et des process RH permettant de prendre des décisions objectivées sur toute l’offre de valeurs RH (recrutement, intégration, formation, gestion des carrières…). Le groupe précise qu’il a également formalisé ses engagements en signant un accord avec les Organisations Syndicales sur la Qualité de Vie au Travail (QVT).
Le réassureur allemand Hannover Re a annoncé mercredi sa décision de ne plus investir dans les entreprises qui tirent le quart, au moins, de leurs revenus du charbon.
Selon la Banque mondiale, il existe dans le monde 45 initiatives de politiques publiques visant à donner un prix au carbone. Ces dernières années, on assiste à une montée en puissance de ces dispositifs, avec aujourd’hui près de 20 % des émissions mondiales couvertes par un prix.
Dans le cadre des Clubs Dates Invest qui se sont tenus à Lyon le 24 mai dernier, Benoit Léandri, spécialiste produits en gestion quantitative actions chez Schroders, David Kalfon, président de Sanso Investment Solutions et Dominique Blanc, directeur de la recherche de Novéthic, ont détaillé les évolutions actuelles de la gestion quantitative ISR. “L’analyse quantitative vient en renfort de l’analyse fondamentale, elle est complémentaire et ne s’oppose pas à elle”, a tenu à préciser en préambule Benoit Leandri. Intégrer des facteurs ESG et donc extra-financiers à la gestion quantitative fait sens car ils ont une très faible corrélation avec les facteurs financiers”. Ainsi, les gérants d’actifs peuvent comprendre et quantifier de nouveaux risques. “D’autant plus que le nombre de données ESG, collectées grâce notamment au travail de MSCI ESG Research, Eiris et autres Thomson Reuters, ont fortement augmenté ces deux dernières années. Cette évolution est principalement liée au fait que les entreprises sont de plus en plus transparentes Sous la pression réglementaire mais aussi des investisseurs”. Et dans ce contexte, la gestion quantitative qui peut traiter un plus grand nombre de données que la gestion fondamentale, tire son épingle du jeu. “La gestion quantitative est intéressante pour nourrir le coeur du portefeuille tandis que les gestions de convictions doivent intégrer la partie satellite”, a indiqué de son côté Dominique Blanc, en citant l’exemple des fonds de pension néerlandais. “L’approche quantitative permet d’intégrer de nouveaux critères pour identifier quel business model sera résilient sur 15 à 20 ans”, a-t-il poursuivi. Une approche coeur-satellite préconisée également par Schroders. En tant que sélectionneur de fonds, David Kalfon a de son côté souligné l’intérêt de mélanger les différentes approches ISR et de profiter ainsi des différentes périodes de performance. “En période de baisse des marchés, la gestion quantitative va certes souffrir mais cela ne va pas forcément se produire au même moment que la gestion traditionnelle”, a-t-il expliqué. Concernant la gestion de conviction, David Kalfon a apporté un bémol en précisant que certains fonds ont tendance à oublier de prendre en compte les cycles économiques. “On sait que dans les fonds spécialisés sur l’eau par exemple, on retrouve beaucoup de valeurs appartenant au secteur des ‘utilities’, a rappelé le patron de Sanso IS. Or, les ‘utilities’ ont tendance à sousperformer quand les taux remontent. Par conséquent, il peut être intéressant d’effectuer une gestion active de son portefeuille et surpondérer une autre thématique pendant cette période, pour éviter la baisse des valeurs du secteur. C’est le rôle du multigérant !” Selon Schroders, s’il est trop pour mesurer l’impact de l’intégration des critères ESG sur la performance des portefeuilles, il est important, dès aujourd’hui, d’accompagner les entreprises pour les amener à faire plus en matière d’ESG. “Nous avons en interne une équipe dédié pour les accompagner, a indiqué Benoit Leandri. Il faut au moins deux à trois ans pour avoir un impact sur une entreprise, c’est la raison pour laquelle nous travaillons avec elles dans une logique de partenariat.” De son côté, Sanso IS cherche à faire bouger les sociétés de gestion. “Dans le cadre de notre multigestion, nous nous laissons la possibilité d’investir dans des fonds qui ne sont pas encore ISR. Mais dès le départ nous les interrogeons sur la prise en compte de critères ESG et leur précisons que c’est important pour nous.” Enfin, Dominique Blanc a démontré l’importance du rôle des investisseurs pour faire pression sur les entreprises. Selon l’étude réalisée par Novethic sur les reportings climat des grands investisseurs institutionnels français, une cinquantaine d’institutions (¾ des acteurs analysés) intègre déjà le calcul de l’empreinte carbone pour leurs portefeuilles. Mais l’évolution future dépend également de l’impulsion des pouvoirs publics. “Les travaux en cours effectués par la Commission européenne visent à identifier et recenser les activités considérées comme durables, a-t-il indiqué. Elle affiche également sa volonté d’harmoniser des labels existants, afin d’assurer un certain niveau de transparence”. Ses réflexions pourraient également aboutir à la mise en place d’un label vert européen dans les prochaines années. Ludivine Garnaud
L'ERAFP intègre depuis sa création les enjeux ESG dans sa gestion d'actifs. Une ambition portée par une charte ISR récemment actualisée, qui intègre la philosophie best in class de l'institution et les nombreux pans de sa politique d'engagement. Pour encore progresser en la matière, l'ERAFP s'apprête à adopter un nouvel outil, agrégeant les données financières et extra-financières de son portefeuille. Dans le cadre de sa participation aux Couronnes 2018, Pauline Lejay, responsable ISR, nous dévoile les grandes lignes de ce projet.
LAST IN CLASS. Après douze ans, PRI, ONG fondée sous l’égide des Nations unies, veut mieux contrôler les signataires de ses « principes pour l’investissement responsable » : 185 sur 1.967 auraient été placés sur une liste de surveillance après qu’un audit interne a montré qu’ils n’avaient pas prouvé un engagement sérieux en matière d’investissement responsable, rapporte le FTfm. Les signataires des PRI s’engagent à intégrer les considérations ESG et à demander des comptes aux entreprises dans lesquelles ils investissent sur ces sujets. La liste n’a pas été dévoilée, mais inclurait des membres de tailles diverses, de toutes régions, pour moins d’un cinquième de détenteurs d’actifs, le reste étant des sociétés de gestion. Les signataires sous surveillance recevront un préavis et auront deux ans pour s’améliorer, sous peine d’être exclus.
BNP Paribas Wealth Management a mis les petits plats dans les grands pour témoigner de sa contribution croissante à l’investissement socialement responsable (ISR). Ce lundi 4 juin, la banque privée a en effet réuni plus de 200 clients, provenant des quatre coins du monde, au Musée des Arts Décoratifs dans le cadre d’une soirée dédiée au thème de « l’impact positif ». « L’impact positif permet à chacun d’orienter sa vie personnelle, professionnelle et ses investissements financiers pour contribuer à un monde meilleur », ont résumé Sofia Merlo et Vincent Lecomte, co-directeurs généraux de BNP Paribas Wealth Management lors d’une conférence de presse.
Gilles Garnier, directeur des investissements du groupe Pro BTP, nous présente ses investissements dans l’impact investing ces dernières années dont la création du fonds Construction Energie Plus entièrement dédié au financement de projets de constructions ou de rénovations lourdes à hautes performances énergétiques en France. Pro BTP est candidat au Prix des Couronnes dans la catégorie de la meilleure initiative en matière d’impact investing
Selon une étude menée par Swiss Sustainable Finance, le marché de l'investissement durable suisse a connu en 2017 son plus haut niveau, à un volume total de CHF 390,6 milliards. Une croissance qui s'explique notamment par une évolution réglementaire positive, mais aussi par une forte demande de la part des institutionnels auprès des sociétés de gestion.
Le Vatican accueillera cette semaine les dirigeants des grands groupes pétroliers mondiaux pour une conférence sur le changement climatique et le développement de solutions alternatives aux énergies fossiles, indiquait vendredi l’entourage du pape. Le pape François, auteur d’une encyclique sur le réchauffement climatique en 2015, devrait prendre la parole au dernier jour de la conférence, qui aura lieu les 8 et 9 juin. Organisée par l’université américaine Notre-Dame, la conférence devrait réunir les directeurs ou les cadres supérieurs de plusieurs compagnies dont Exxon Mobil, Eni, BP, Royal Dutch Shell et Pemex.
France Invest, l’association des investisseurs pour la croissance, en collaboration avec Deloitte, vient de publier son 5ème Rapport Annuel ESG – Exercice 2017, qui renseigne, chiffre et qualifie l’engagement du capital-investissement français en faveur des enjeux Environnementaux, Sociaux et de bonne Gouvernance (ESG) dans les sociétés d’investissement et dans les entreprises qu’elles accompagnent.