Les fonds verts connaissent une très forte progression et, avec 32% des encours (10,3 milliards d’euros), la France arrive en tête du marché des fonds verts gérés en Europe, selon la dernière étude de Novethic sur le «Marché des fonds verts européens 2018". La Suisse est en deuxième position en totalisant 30% des encours. «Les fonds gérés en France bénéficient d’un intérêt croissant. On peut imaginer que c’est l’un des effets de l’article 173 de la loi TEE qui a stimulé la demande pour des produits susceptibles de flécher leur contribution environnementale», indique l'étude. Au total, les encours des fonds verts gérés en Europe ont atteint 32,2 milliards d’euros en 2017 contre 22 milliards d’euros en 2016, soit un bond de 49% sur un an. La collecte a été très importante représentant 7,2 milliards alors que la performance des fonds explique les 3 milliards d’euros restant de hausse. La première société de gestion en termes d’encours est le suisse Pictet (3 fonds pour 5,9 milliards d’euros), elle est suivie par la française BNP Paribas AM (10 fonds pour 5,2 milliards d’euros). Mais en termes de collecte, BNP Paribas AM arrive en tête avec 2,2 milliards d’euros collectés. «La finance verte est sur toutes les lèvres, des banquiers centraux à la Commission Européenne, mais son poids réel reste encore modeste» Malgré cette forte progression, les encours restent encore marginaux. «La finance verte est sur toutes les lèvres, des banquiers centraux à la Commission Européenne, mais son poids réel reste encore modeste (…) Les encours des fonds verts (…) dépassent à peine les 32 milliards d’euros ! Or, en Europe, la gestion d’actifs cotés draine plus de 10 000 milliards d’euros. Pour financer la transition, il faudra que cette petite goutte verte contamine plus fortement l’immense océan dans lequel elle est née !», souligne Anne-Catherine Husson-Traore, directrice générale de Novethic. Par thèmes d’investissement (développement durable, environnement, eau, climat, énergies renouvelables), l’eau et de l’environnement composent la plus grande partie des encours avec respectivement 11,3 et 10,6 milliards d’euros. Une sixième catégorie arrive en dernière position avec 2,7 milliards d’euros en 2017 avec les fonds low carbon dont la stratégie vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre des portefeuilles, en sélectionnant les entreprises les plus engagées au sein de chaque secteur d’activité. «Leurs encours ont doublé en une seule année avec une performance de 17,6 %, bien au-dessus de la moyenne à 10,6 %», relève Novethic.