L'électricien estime désormais à 24 milliards d'euros l'impact de la baisse de la production nucléaire. La nationalisation devrait être lancée fin septembre.
L’action EDF, qui fait l’objet d’un projet d’OPA de l’Etat, a grimpé de 1,06% le 27 juillet, à 11,9 euros, et se rapproche ainsi du prix de l’offre, fixé à 12 euros par titre. La valeur a été portée par le vote, dans la nuit de mardi à mercredi, du projet de loi de finances rectificative par l’Assemblée nationale, qui contient le financement des 9,7 milliards d’euros que coûtera la renationalisation de l’électricien. La validation de cette étape représentait la principale incertitude dans la réalisation de l’OPA. L’offre, qui doit encore être validée par l’Autorité des marchés financiers, devrait être lancée d’ici octobre prochain. Un expert indépendant vient d'être nommé par l'énergéticien afin « d'établir un rapport sur les conditions financières de l’offre suivie, le cas échéant, d’un retrait obligatoire. » Il s’agit du cabinet Finexsi.
La France serait en capacité d’envoyer au maximum l’équivalent de 5% de sa consommation de gaz en Allemagne en hiver si cette dernière connaissait une pénurie de gaz, a appris Reuters mercredi auprès du cabinet de la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. Les pays membres de l’Union européenne (UE), qui se sont donné mardi un objectif de baisse de la consommation de gaz, cherchent à mettre en place un dispositif de solidarité entre Etats membres pour assurer leur approvisionnement en gaz, dans l’hypothèse où la Russie interromprait complètement ses livraisons à destination de l’Europe. Les contrats à terme sur le gaz naturel européen (TTF 1 mois à Rotterdam) ont atteint 222 euros/MWh mercredi matin, avec les craintes liées à la réduction annoncée lundi des flux à 20% des capacités du gazoduc Nord Stream 1. L’énergéticien italien Eni a par ailleurs expliqué recevoir environ 27 millions de mètres cubes (mmc) du fournisseur russe Gazprom, à comparer à 34-36 mmc ces derniers jours et 21 mmc pendant la maintenance de Nord Stream 1 début juillet.
Le développement du solaire et de l’éolien dans l’Union européenne (UE) ne progresse pas assez rapidement pour atteindre les objectifs climatiques mondiaux, a expliqué le cercle de réflexion sur le climat Ember dans un rapport publié mercredi. Pour avoir une chance de limiter la hausse des températures à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels, l’UE devrait augmenter sa production d’énergies renouvelables de 76 gigawatts (GW) supplémentaires d’ici à 2026. Les ajouts de capacité solaire et éolienne prévus pour les quatre prochaines années ne permettront d’atteindre que 38 GW supplémentaires. Et seules la Finlande, la Croatie, la Lituanie et la Suède semblent capable d’atteindre leurs objectifs. L’énergie éolienne a progressé moins rapidement que le solaire en Europe, avec seulement 10 GW de capacité supplémentaire par an depuis 2018, et n’atteindra que 54% du développement nécessaire d’ici à 2026, explique Ember. Les délais d’obtention des permis sont supérieurs à la durée de deux ans prévue dans la législation européenne.
Les pays membres de l’Union européenne sont parvenus à s’entendre sur une baisse de la demande de 15% cet hiver. L’accord, qui n'est pas obligatoire à ce stade, prévoit de nombreuses exceptions.
Gazprom va diminuer de moitié ses flux de gaz en direction de l’Allemagne dès mercredi matin, a prévenu le groupe gazier. Une turbine essentielle au fonctionnement des pipelines et réparée au Canada n’a pas été livrée à temps, explique le groupe. Les flux de gaz n’atteindraient que 20% des capacités de Nordstream 1, soit à peine 50 millions de m3 de gaz par jour. La turbine est toujours en Allemagne en raison de retards administratifs. Si Gazprom fournit les documents requis à Siemens Energy, la turbine pourrait être expédiée dans les prochains jours.
La ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a déclaré dans un entretien au JDD vouloir réguler les pratiques des commerces en matière d’énergie, une mesure s’inscrivant dans le «plan de sobriété» annoncé par le président Emmanuel Macron le 14 juillet, sur fond de crainte d’une interruption complète des livraisons de gaz russe vers l’Europe. «Dans les prochains jours, je vais prendre deux décrets : le premier généralise l’interdiction des publicités lumineuses quelle que soit la taille de la ville, entre 1 heure et 6 heures du matin, sauf rares exceptions comme les gares et les aéroports qui ne ferment pas la nuit, a dit Agnès Pannier-Runacher. Le deuxième interdit, pour un magasin, d’avoir ses portes ouvertes alors que la climatisation ou le chauffage fonctionne (...). Ce n’est plus acceptable», a-t-elle ajouté rappelant l’objectif de «faire un effort de 40% sur notre consommation d’ici à 2050»...
TotalEnergies a annoncé vendredi un programme de baisse des prix des carburants jusqu'à la fin de l’année, qui succédera à la «remise d'été» appliquée dans ses stations autoroutières. «Du 1er septembre au 1er novembre, TotalEnergies baissera le prix des carburants pétroliers vendus en stations de vingt centimes d’euros par litre (...) puis de dix centimes d’euros par litre du 1er novembre au 31 décembre», précise son communiqué. Ces baisses s’ajouteront à la remise de 18 centimes mise en place par l’Etat, qui doit être prolongée jusqu'à fin septembre avant de diminuer progressivement pour une extinction au 1er décembre. Le gouvernement est néanmoins prêt à modifier cette trajectoire lors de la discussion du budget rectificatif. De son côté, le transporteur maritime CMA CGM a porté à 750 euros, contre 500 euros précédemment, la remise du taux de fret par conteneur pour les importations vers la France métropolitaine et les territoires ultramarins. Cette ristourne a été étendue, pour la clientèle professionnelle, de la seule grande distribution à l’ensemble des clients, qu’il s’agisse de grands groupes, PME ou TPE, et une remise de 100 euros par conteneur sera également proposée à toutes les exportations françaises.
L’association Energie en actions, regroupant des actionnaires salariés d’EDF, a salué le vote des députés jeudi soir en faveur d’un relèvement du prix de l’Arenh, tout en regrettant une application qui ne s’appliquerait qu'à compter du 1er janvier 2023. «Les députés ont ainsi reconnu, comme déjà souligné à plusieurs reprises par la Cour des comptes, que le prix de l’ARENH était insuffisant et ne reflétait pas les coûts de production nucléaire d’EDF», a souligné vendredi l’association dans son communiqué.
L’Etat allemand prendra une participation de 30% dans l’énergéticien qui bénéficiera surtout de prêts publics. Son premier actionnaire se laissera diluer.
Le géant pétrolier a annoncé une ristourne de 20 centimes par litre à partir de septembre. Le logisticien CMA CGM a aussi dévoilé un effort supplémentaire.
Les livraisons de gaz via Nord Stream 1 ont repris hier matin, après dix jours d’interruption, un soulagement pour l'économie européenne. Les volumes livrés atteignent 40% de la capacité du pipeline, le même niveau qu’avant la suspension des livraisons à 703 millions de kWh par jour. Vladimir Poutine a toutefois prévenu que les volumes pourraient tomber à 20% de la capacité de livraison dès la semaine prochaine, si une turbine visée par les sanctions n’était pas renvoyée à temps en Russie. Le prix du contrat à terme à un mois TTF a baissé nettement suite à l’annonce, atteignant son point le plus bas depuis le début du mois, avant de remonter en fin de séance à 158 euros du mégawattheure.
La substitution du gaz russe est plus compliquée que prévu en Allemagne. Car le recours au charbon devient difficile : il ne sera bientôt plus possible de transporter le combustible le long du Rhin, qui baisse dangereusement pendant cet été caniculaire (et auquel le mix énergétique allemand n’est peut-être pas tout à fait étranger). La situation est telle qu’une récente note d’analyse de Deutsche Bank modélise… la substitution de la houille par du feu de bois cet hiver, « pour les ménages qui le pourront », précise la banque. De quoi continuer à assécher le Rhin l’été prochain, sans pour autant gagner la guerre du gaz : la demande pour la molécule russe ne baisserait que de 10 % dans un tel scénario. Encore un effort…