Les exportations japonaises ont décliné en juillet de plus de 10% pour un cinquième mois consécutif, alors que la pandémie a affecté les livraisons vers les Etats-Unis. Les exportations ont décliné de 19,2% en rythme annuel, selon les données gouvernementales. Les livraisons vers les Etats-Unis ont chuté de 19,5%, mais les exportations vers la Chine, principal partenaire commercial du Japon, ont progressé de 8,2%. Les commandes d'équipements industriels, considérées comme un indicateur avancé de l’investissement des entreprises à un horizon de 6 à 9 mois, ont aussi baissé de 7,6%.
La hausse des prix à la consommation a accéléré en juillet en Grande-Bretagne à son plus haut depuis mars. L’indice des prix a progressé de 1% après 0,6% en juin, selon les données de l’Office national des statistiques (ONS). Le fait que les magasins d’habillement n’aient pas fait d’offre pendant les soldes comme à l’accoutumée, alors qu’ils venaient juste de rouvrir leurs portes après les mesures de restriction mises en place pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, a fait grimper les prix. Mais les économistes s’attendent à une baisse au cours des prochains mois, et dès août notamment, en raison du programme Eat Out to Help Out. L’inflation core, qui exclut les prix les plus volatils (alimentation, énergie, alcool et tabac), a bondi à un plus-haut d’un an à 1,8% après 1,4% en juin. Le consensus attendait une légère baisse. La Banque d’Angleterre a indiqué début août qu’elle s’attendait à ce que l’inflation devienne négative à court terme (-0,3% en août).
La reprise de l’économie chinoise pourrait être pénalisée par une hausse des taux réels, préviennent les économistes de S&P Global. Une reprise déséquilibrée, la faible demande privée et un optimisme excessif des marchés ont fait monter les taux d’intérêt. La demande reprend mais uniquement grâce au soutien monétaire et budgétaire. A cela s’ajoute une inflation faible à 0,5% et des prix à la production en baisse. Dans ce contexte, le bond des actions et un afflux d’émissions obligataires ont fait monter les taux. Le rendement des emprunts d’Etat à 10 ans ont pris près de 50 points de base (pb) depuis avril, à 2,94%. De même, si les taux courts ont diminué (30 pb depuis janvier pour le LPR, loan prime rate ) ils ont augmenté de 70 pb en réel compte tenu d’une baisse de 100 pb de l’inflation. «Tant que les Chinois ne consommeront pas et que les entreprises privées n’augmenteront pas leurs investissements, il sera trop tôt pour dire que la reprise est auto-entretenue et peut se poursuivre avec moins de soutien, et avec des taux réels plus élevés», estime S&P.
Le Japon accuse le troisième trimestre consécutif de contraction avec une chute de 27,8% de son PIB en rythme annualisé, marquant la plus forte baisse depuis le début du suivi de la statistique en 1980, sous l’effet du déclin de la consommation et des exportations provoqué par la pandémie, d’après les statistiques préliminaires gouvernementales. D’un trimestre sur l’autre, le PIB a diminué de 7,8% au deuxième trimestre. La consommation a plongé de 8,2%, un record, et les exportations de 18,5%, le secteur automobile ayant été particulièrement affecté. La pandémie a frappé une économie déjà sous le choc d’une augmentation de la taxe sur les ventes l’an dernier et de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.
L'économie allemande devrait enregistrer une reprise rapide et généralisée cet été, écrit la Bundesbank dans un rapport mensuel, notamment grâce à la consommation tandis que les investissements dans l’industrie et les biens d'équipement seront également essentiels. La Bundesbank prévient toutefois que la pandémie n’est pas maîtrisée, ce qui aura un impact négatif sur les exportations et la production industrielle allemandes. Un vaccin contre le Covid-19 pourrait être nécessaire pour un redressement complet. La Bundesbank anticipe jusqu’à présent une baisse de 7,1% du PIB cette année. La première économie européenne s’est contractée de 10,1% au deuxième trimestre.
La Thaïlande a enregistré au deuxième trimestre la plus forte contraction de son économie depuis la crise financière asiatique de 1998 (-7,6% à l'époque). Très dépendante du tourisme et des exportations, son PIB a perdu 12,2% en glissement annuel et 9,7% par rapport au trimestre précédent, selon l’institut national de statistiques. Ce dernier table désormais sur une baisse de 7,3% à 7,8% du PIB en 2020 contre une baisse de 5%-6% prévue auparavant. Le gouvernement a mis en place un plan de relance de quelque 61 milliards de dollars.
«La reprise économique s’est poursuivie en Chine en juillet mais reste très inégale», relèvent les économistes de SG CIB. Du côté de la demande, les exportations ont progressé mais l’investissement des entreprises et la consommation restent en retard. Côté offre, la production industrielle a calé tandis que les services accélèrent grâce aux secteurs financier et immobilier. La hausse de production industrielle a été moins importante que prévue à 4,8% en rythme annuel (comme en juin). Les ventes au détail ont perdu 1,1%, moins que la hausse de 0,1% attendue, et après une perte de 1,8% en juin. C’est le septième mois consécutif de baisse, la demande restant faible malgré la levée des mesures de confinement. Les investissements en actifs immobilisés ont diminué de 1,6% au cours des sept premiers mois de l’année comparé à la même période l’année dernière. Ils avaient reculé de 3,1% au premier semestre.
Le rebond des ventes au détail aux Etats-Unis a perdu de l'élan en juillet et ne progresse que de 1,2% après une croissance de 8,4% en juin (chiffre revu en hausse), selon les données publiées par le département du Commerce. C’est presque deux fois moins qu’attendu. Les ventes de détail sont certes revenues à leur niveau de février mais cela risque de se révéler compliqué de les maintenir, selon ING. Le coronavirus continue de se propager aux Etats-Unis, forçant certains Etats à imposer de nouvelles restrictions. Les ventes au détail souffrent également de la baisse des indemnités de chômage à partir fin juillet. A contrario, le moral des ménages américains s’est légèrement amélioré en août, selon l’enquête mensuelle de l’Université du Michigan. Son indice de confiance est remonté à 72,8 après 72,5 en juillet.
La production industrielle aux Etats-Unis a augmenté de 3% en juillet, conformément au consensus Reuters, selon la Réserve fédérale. La tendance est au ralentissement après une croissance pour le mois de juin revue à 5,7% (5,4% en première estimation). La seule production manufacturière a également perdu de l'élan (+3,4% après +7,4% en juin) mais elle a dépassé les attentes grâce à une hausse de la production dans l’automobile. «La production manufacturière a continué de rebondir à mesure que les usines ont rouvert mais c’est en train de s’affaiblir et la production reste 8,2% sous son niveau de décembre», constatent les économistes d’ING, qui soulignent la détresse du secteur pétrolier avec un risque pour l’emploi sur l’ensemble de l’industrie.
L'économie dans la zone euro a subi un plongeon sans précédent au cours du deuxième trimestre en raison des mesures adoptées pour freiner la propagation du coronavirus. Le PIB s’est contracté de 12,1% par rapport au trimestre précédent et de 15% sur un an, selon la deuxième estimation publiée par Eurostat confirmant sa première publication. «Parmi les pays ayant publié leur PIB trimestriel, l’évolution va d’une contraction de 3% en Finlande à une chute de plus de 18% en Espagne, montrant ainsi la forte asymétrie du choc de la pandémie», relèvent les économistes d’Oxford. L’emploi a parallèlement reculé de 2,8% sur la période par rapport au premier trimestre, soit la plus forte baisse depuis le début du suivi de la statistique en 1995. Cela représente 5 millions d’emplois perdus.
Le PIB suédois devrait reculer moins que prévu cette année, selon le National Institute for Economic Research (NIER). Ce dernier prévoit désormais une contraction de 4,8% de l’économie en 2020 et un rebond de 3,4% en 2021, contre une baisse de 5,4% et une progression de 3,5% respectivement dans sa précédente prévision. La Suède n’a pas mis en place de confinement strict, avec pour corollaire un nombre de décès liés au Covid-19 plus élevé que ses voisins. Même si l’économie est plus touchée que pendant la crise financière, elle fait mieux que la zone euro et la Grande-Bretagne. Néanmoins la reprise à moyen terme dépendra de celle de la croissance mondiale, le pays étant très dépendant de ses exportations. Le NIER anticipe en outre une progression du taux de chômage à 10% d’ici à la fin de l’année, un point noir pour l’économie.
Le plan de relance de l'économie française, qui sera présenté par le gouvernement le 25 mai, inclura trois milliards d’euros destinés à favoriser l’investissement des entreprises, a indiqué Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, sur BFMTV. Le soutien à l’investissement des entreprises doit aider au redémarrage de l’économie et à la création de nouveaux emplois, l’objectif étant que l’économie française retrouve son niveau d’avant la crise.
Le creusement des inégalités de revenus et de patrimoine augmentera encore en raison de la crise économique et sanitaire. Des réponses politiques seront nécessaires.
Le financement du service public du courrier et des prochaines élections constitue le principal point de blocage des discussions entre la Maison Blanche et les responsables démocrates du Congrès sur un nouveau plan de soutien à l'économie, a déclaré hier Donald Trump. «Les dossiers, ce sont la poste et les 3,5 milliards de dollars pour le vote par courrier», a-t-il dit à la chaîne de télévision Fox Business Network, ajoutant que le camp démocrate voulait 25 milliards de dollars (21,1 milliards d’euros) supplémentaires pour ce service public. Donald Trump répète régulièrement que le vote par courrier, un moyen de stimuler la participation aux élections sans provoquer de rassemblements susceptibles de favoriser la propagation du coronavirus, encourage la fraude électorale.
Le rebond de la production industrielle dans la zone euro en juin est ressorti inférieur aux attentes pour le deuxième mois consécutif. Elle a certes progressé de 9,1% d’un mois sur l’autre, après +12,3% en mai, tirée par les biens de consommation durables (+20,2% sur un mois), mais c’est une nouvelle fois moins que prévu par les économistes interrogés par Reuters, qui s’attendaient à une croissance de 10%. La production industrielle reste en outre inférieure à ses niveaux d’avant la crise sanitaire. Sur un an, elle affiche un repli de 12,3%, contre un consensus de -11,5%.
Le PIB de la Grande-Bretagne a chuté de plus de 20% au deuxième trimestre, la pire performance parmi les grandes économies. De nouvelles mesures de soutien sont attendues.
Le ralentissement de l’activité économique aux Etats-Unis devrait se poursuivre, alors que plusieurs Etats du pays mettent en place davantage de mesures visant à contenir la propagation du nouveau coronavirus et la reprise du marché de l’emploi pourrait s’estomper, a déclaré hier le président de la Réserve fédérale (Fed) de Boston, Eric Rosengren. Il estime que les dépenses de consommation pourraient rester limitées par rapport à ce qu’elles étaient, la population américaine évitant toutes activités nécessitant des niveaux élevés d’interaction sociale pour des raisons de santé.
Le marché de l’emploi a subi ses plus lourdes pertes depuis 2009 en Grande-Bretagne au deuxième trimestre. Le nombre de personnes occupant un emploi a diminué de 220.000, selon les chiffres publiés hier par l’Office national de la statistique. Le taux de chômage est resté inchangé à 3,9% alors que le nombre de personnes ayant renoncé à chercher un emploi a augmenté et que 300.000 personnes ont déclaré avoir un emploi en juin mais ne touchaient pas de rémunération. Des statistiques distinctes montrent que le nombre de personnes rémunérées par une entreprise a chuté de 730.000 depuis mars. Le gouvernement prévoit de mettre fin le 31 octobre au dispositif d’indemnisation du chômage partiel et la Banque d’Angleterre anticipe un taux de chômage de 7,5% en fin d’année.