L’activité du secteur privé dans la zone euro a retrouvé le chemin de la croissance en juillet avec l’assouplissement des restrictions mises en place face au coronavirus. L’indice PMI composite, qui combine services et activité manufacturière, a progressé à 54,9, selon les résultats définitifs des enquêtes IHS Markit, après 48,5 en juin. Le seul secteur des services est revenu à 54,7, son plus haut niveau depuis septembre 2018, contre 48,3 en juin. «La France et l’Allemagne ont enregistré des progressions particulièrement fortes tandis que l’Espagne et l’Italie ont renoué avec la croissance avec la levée progressive des mesures de confinement», souligne Chris Williamson, économiste en chef chez IHS Markit. Mais ces évolutions sont contrastées. L’indice des services est passé de 47,3 à 55,6 en Allemagne et de 50,7 à 57,3 en France. Les progressions sont plus limitées en Espagne (51,9 contre 50,2 PMI services) et en Italie (51,6 après 46,4) où les entreprises peinent à retrouver une dynamique de croissance. Autre point noir, les entreprises ont fortement réduit leurs effectifs. L’indice de l’emploi s’est maintenu sous le seuil de 50, à 46,5, en hausse toutefois par rapport à juin (43,2).
L’activité du secteur des services en Chine a progressé à un rythme plus lent en juillet. L’indice PMI Caixin/Markit a reculé à 54,1 contre 58,4 en juin, un record depuis avril 2010. L’indice officiel recule également mais dans une moindre mesure à 53,1 (contre 53,4 en juin). Ces chiffres soulignent les difficultés du secteur pour se remettre des effets économiques néfastes de la crise sanitaire. Les nouvelles commandes à l’exportation ont décliné et le secteur a continué de licencier. «Ces données suggèrent un momentum de reprise plus faible dans le secteur des services», notent les économistes de Nomura, imputable d’une part à un effet de base moins favorable après le rebond du deuxième trimestre et d’autre part aux mesures de confinement prises dans certaines régions.
Le déficit de la balance commerciale des Etats-Unis a diminué de 7,5% en juin par rapport à mai, pour ressortir à 50,7 milliards de dollars (42,6 milliards d’euros) en données corrigées des variations saisonnières, a annoncé hier le département du Commerce. Les économistes s’attendaient en moyenne à un déficit commercial de 50,3 milliards de dollars en juin. Les exportations du pays ont progressé de 9,4% sur un mois, à 158,3 milliards de dollars, et ses importations ont crû de 4,7%, à 208,9 milliards. Les chiffres de mai, qui ont été révisés, font état d’un déficit de 54,8 milliards de dollars, au lieu d’une estimation précédente de 54,6 milliards.
Les déséquilibres mondiaux des paiements courants se sont atténués en 2019 avec le ralentissement des échanges commerciaux tandis que la crise du coronavirus pourrait les réduire davantage cette année, selon le rapport annuel sur les monnaies du FMI (external sector report). La faiblesse persistante du commerce, associée à une expansion budgétaire massive, devrait réduire les déficits et les excédents des comptes courants dans de nombreux pays. Les soldes nets des comptes courants ont baissé l’an dernier de 0,2 point de pourcentage à 2,9% du PIB mondial et pourraient diminuer de 0,3 point en 2020, bien que les perspectives restent très incertaines.
Le chômage en Espagne a reflué en juillet pour la première fois depuis février à la faveur de la levée progressive des mesures de restrictions destinées à endiguer l'épidémie du Covid-19, montrent les données publiées hier par le ministère du Travail. Le nombre de chômeurs a reculé de 2,33% d’un mois sur l’autre, soit un repli de 89.846 personnes. Cette baisse est la plus importante pour un mois de juillet depuis 1997. L’Espagne compte néanmoins toujours 3,77 millions de personnes sans emploi. Sur un an, le nombre de chômeurs a augmenté en juillet de 761.601. D’un mois sur l’autre, le chômage a reflué dans tous les secteurs à l’exception de l’agriculture qui a enregistré une hausse de 5,9% liée à la fin de la saison de récolte des fruits.
Les prix à la production dans la zone euro se sont redressés en juin, mois marqué par l’assouplissement des mesures de confinement dans de nombreux pays. Ils progressent de 0,7% par rapport à mai, selon Eurostat. Les prix ont augmenté de 3,1% dans le secteur de l'énergie, de 0,2% pour les biens intermédiaires et de 0,1% pour les biens d’investissement. En revanche, ils sont restés stables pour les biens de consommation durables et ont diminué de 0,1% pour les biens de consommation non durables. Sur un an, les prix à la production ont diminué de 3,7% en juin.
La croissance de l’activité manufacturière aux Etats-Unis a accéléré en juillet et atteint un pic de près d’un an et demi, selon l’enquête mensuelle de l’Institute for Supply Management (ISM). L’indice ISM manufacturier ressort supérieur aux attentes à 54,2 (+1,6 point). Le sous-indice des nouvelles commandes a atteint 61,5, un pic depuis septembre 2018. La composante de l’emploi s’est améliorée mais est restée en contraction à 44,3 après 42,1.
Le président de la Réserve fédérale de Dallas, Robert Kaplan, a déclaré hier que si «beaucoup» de ses contacts dans le milieu des affaires s'étaient plaints des difficultés à l’embauche dues aux aides supplémentaires en faveur des chômeurs, les chiffres n’indiquent pas que le marché du travail en a été pénalisé. Il a en outre déclaré être en désaccord avec son homologue de Minneapolis, Neel Kashkari, qui a fait savoir ce week-end qu’il pensait que les Etats-Unis devraient se reconfiner pendant quatre à six semaines pour endiguer la propagation du coronavirus. Robert Kaplan préconise le port général du masque sans un confinement généralisé.
L’activité manufacturière a continué de s’améliorer en juillet en zone euro grâce au rebond de la demande consécutif au déconfinement. L’indice PMI du secteur renoue avec la croissance pour la première fois depuis janvier 2019. A 51,8, il ressort supérieur à une première estimation (flash) de 51,1. Il était à 47,4 en juin. L’indice bondit également en Allemagne, ce qui lui permet de repasser aussi en zone de croissance à 51 pour la première fois depuis décembre 2018. Pour les économistes d’Oxford Economics, ces indicateurs confirment que l’activité reprend. Ce qui est aussi le cas en Espagne et en Italie où les indices PMI manufacturier sont repassés dans la zone d’expansion. «Toutefois, le rythme de la reprise a significativement ralenti, confortant l’idée qu’elle sera très progressive dans l’industrie», estime Oxford Economics. En France, où les nouvelles commandes ne décollent pas, l’indice marque le pas à 52,4. En Allemagne, la demande reste sous les niveaux d’avant la crise du Covid.
Alors que l’aide supplémentaire apportée aux chômeurs américains a pris fin vendredi dernier, démocrates et républicains au Congrès n’ont pas encore trouvé d’accord sur un nouveau plan de soutien qui doit permettre aux ménages et entreprises de survivre à la crise provoquée par le nouveau coronavirus qui a ravagé l'économie. L’urgence de la situation n’aura pas suffi à mettre d’accord les deux camps, qui se rejettent désormais la faute de cet échec, à moins de 100 jours de l'élection présidentielle. Les démocrates veulent conserver les actuels 600 dollars hebdomadaires d’allocations chômage jusqu’en janvier 2021 au moins. Les républicains veulent réduire ce montant, craignant que cela nuise au retour des chômeurs sur le marché du travail, puisque beaucoup touchent ainsi plus que lorsqu’ils travaillaient. «Nous pensons que nous trouverons un accord, mais nous n’y sommes pas encore», a déclaré lors d’une conférence de presse la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.
L’inflation a continué son mouvement d’accélération dans la zone euro en juillet, confortant ainsi la Banque centrale européenne (BCE) qui exclut un scénario déflationniste malgré les effets de la crise liée au coronavirus. Les prix à la consommation dans les 19 pays qui partagent l’euro ont progressé en juillet de 0,4% selon les normes harmonisées européennes (IPCH), après +0,3% en juin et +0,1% en mai, montre une première estimation publiée vendredi par Eurostat. Les économistes attendaient pour juillet une inflation à 0,2%. En excluant les éléments volatils que sont les produits alimentaires frais et l'énergie, l’inflation dans la zone euro a progressé de 1,3% en juillet, après +1,1% le mois précédent.
L’activité du secteur manufacturier en Chine a progressé en juillet pour le cinquième mois consécutif, à un rythme plus rapide et supérieur au consensus, en dépit des perturbations provoquées par des inondations et une résurgence des cas de coronavirus dans le monde, montrent des données officielles publiées vendredi. L’indice PMI manufacturier a progressé à 51,1 en juillet contre 50,9 le mois précédent, au plus haut depuis mars, alors que les analystes anticipaient un ralentissement de l’activité avec un indice à 50,7. Une enquête officielle distincte publiée le même jour montre en revanche que l’activité du secteur des services a légèrement ralenti en juillet, avec un indice PMI de 54,2 contre 54,4 en juin.
Les dépenses des consommateurs américains, qui représentent plus des deux tiers de l’activité économique des États-Unis, ont augmenté de 5,6% en juin après une hausse record de 8,5% en mai suivant la réouverture des commerces, montrent les données publiées vendredi par le département du Commerce. Les économistes prévoyaient en moyenne une hausse des dépenses de consommation de 5,5% pour juin outre-Atlantique.
Le PIB des 19 pays ayant adopté la monnaie unique a chuté de 12,1% par rapport au premier trimestre, soit sa plus forte baisse depuis le début de la statistique en 1995, selon les chiffres publiés vendredi par Eurostat. Par rapport au deuxième trimestre de l’an dernier, il a reculé de 15%. Les économistes tablaient une contraction de 12,0% d’un trimestre à l’autre et de 14,5% sur un an. L’Insee a de son côté annoncé une contraction historique de 13,8% de l'économie française au cours d’un deuxième trimestre marqué par un mois et demi de quasi-paralysie de l’activité sous l’effet du confinement.
L'économie française fera «peut-être un peu mieux» en 2020 que la récession de 10% du produit intérieur brut (PIB) actuellement prévue par la Banque de France et elle peut espérer retrouver début 2022 son niveau d’activité antérieur à la crise du coronavirus, a déclaré François Villeroy de Galhau dans une interview publiée hier par Paris Match. Le gouverneur de la Banque de France juge en outre que la relance de l'économie française ne doit pas reposer sur les seules épaules de l’Etat, qu’il invite à «dépenser efficacement».
Les prix à la consommation calculés aux normes européennes (IPCH) ont reculé de 0,5% sur un mois en juillet en Allemagne, alors que les économistes attendaient un repli de 0,2%, montre une première estimation publiée hier par Destatis, l’office fédéral de la statistique. Sur un an, l’inflation dans la première économie d’Europe a été stable en juillet, toujours en données IPCH, alors que le consensus prévoyait une hausse des prix de 0,4%.
Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont légèrement augmenté la semaine dernière aux Etats-Unis, ce qui illustre les difficultés causées par la résurgence de l'épidémie sur la reprise du marché du travail américain. Les nouvelles inscriptions ont atteint 1,434 million sur la semaine au 25 juillet après 1,422 million enregistrés la semaine précédente (révisé de 1,416 million), montrent les données publiées hier par le département du Travail. Les économistes attendaient en moyenne une hausse plus marquée atteignant 1,450 million. La moyenne mobile sur quatre semaines, considérée comme un indicateur plus fiable de la tendance de fond du marché du travail, a progressé à 1.368.500 contre 1.362.000 (révisé) la semaine précédente.
La confiance des ménages a connu une baisse inattendue en France en juillet, leurs inquiétudes concernant l'évolution du chômage et de la situation économique restant élevées, selon les données publiées hier par l’Insee. L’indicateur synthétisant cette confiance a cédé deux points en juillet pour s'établir à 94, alors que le consensus des économistes s’attendait à le voir progresser, avec une prévision moyenne à 99. Ce recul a notamment été alimenté par une forte baisse, pour le troisième mois consécutif, de la proportion de ménages estimant que le niveau de vie en France s’est amélioré au cours des douze derniers mois.
L’ambassadeur des Etats-Unis à Brasilia, Todd Chapman, a menacé le Brésil de «conséquences» s’il permettait l’implantation de la technologie mobile 5G du groupe chinois Huawei, dans un entretien publié hier par le quotidien O Globo. Les «conséquences» pourraient être d’ordre économique, a expliqué l’ambassadeur américain. Il a ajouté que les Etats-Unis seraient prêts à proposer des financements pour l’implantation de la 5G à travers l’International Development Finance Corporation (IDFC), une institution de financement américaine, «pour ceux qui achètent des produits auprès de fournisseurs fiables». Le gouvernement brésilien devait lancer cette année son appel d’offres pour la 5G sur l’immense marché de 212 millions d’habitants, mais le calendrier a été repoussé à 2021 par la crise du coronavirus.
Le Parti républicain a lancé les premières discussions sur son projet à 1.000 milliards de dollars. Un consensus avec les démocrates va être difficile à trouver.