C’est un symbole fort dans la démocratisation des cryptoactifs aux Etats-Unis. Fidelity Investments, le géant de la gestion collective, a annoncé le 26 avril qu’il permettrait désormais à ses clients d’investir une partie de leur épargne retraite en bitcoins. Les titulaires de plans 401k, le système d’épargne retraite par capitalisation que les entreprises américaines mettent à disposition de leurs salariés, pourront miser jusqu’à 20% dans le plus célèbre des cryptoactifs. L’option serait facturée entre 0,75% et 0,9%, hors frais de trading. Numéro un des fournisseurs de plans 401k aux Etats-Unis, Fidelity est le premier à franchir le Rubicon. «Les sponsors de plans de retraite s’intéressent de plus en plus aux véhicules qui leur permettent de donner à leurs employés un accès à des actifs numériques au sein de régimes à cotisations définies. Les particuliers, quant à eux, souhaitent intégrer les cryptoactifs dans leurs stratégies d’investissement à long terme», estime Dave Gray, responsable des offres de retraite chez le gestionnaire d’actifs, dans un communiqué. S’appuyant sur des études internes, le groupe estime que 80 millions d’Américains ont goûté aux crypto, et que 30% des investisseurs institutionnels préfèrent acheter des produits intégrant des actifs digitaux. Les 23.000 entreprises qui ont recours aux services de Fidelity seront décisionnaires. Elles pourront ouvrir l’option cryptoactifs dans leur plan d’épargne retraite collectif, et abaisser le plafond de 20% si elles le jugent trop risqué. Pour l’heure, une seule s’est déclarée intéressée: l’éditeur de logiciels MicroStrategy, connu pour avoir investi une partie de sa trésorerie en bitcoins. Mais rien ne dit que d’autres entreprises suivront. La volatilité et les risques associés au bitcoin, dont le prix est en recul de 27% sur un an, pourraient mettre en cause la responsabilité fiduciaire des employeurs vis-à-vis de leurs salariés. Le 10 mars, le département américain du Travail a publié une mise en garde, demandant aux entreprises «une extrême prudence» avant d’envisager une option cryptoactifs dans leurs plans 401k. Pour les mêmes raisons, Vanguard, autre poids lourd de la gestion collective, a déclaré au Wall Street Journal qu’il ne comptait pas imiter Fidelity. Sur son site, l’asset manager juge les cryptoactifs très spéculatifs, et pas adaptés à un investissement delong terme tel que la préparation de la retraite. Le feuilleton ne fait que commencer.