Virage. Le choc économique provoqué par la pandémie oblige toutes les institutions à revoir leur logiciel. Le Fonds monétaire international, garant de l’orthodoxie budgétaire, se convertit aux joies de la dépense publique. Dans son dernier Fiscal Monitor, publié quelques jours avant ses réunions d’automne, le FMI invite les Etats, notamment dans les économies émergentes, à maintenir et accroître leurs investissements. Dans les conditions actuelles de faiblesse de l’investissement privé, l’institution de Washington estime à plus de 2 l’effet multiplicateur de l’investissement public : accroître celui-ci d’un point se traduirait par une progression de plus de 2 points du produit intérieur brut. L’effet direct sur l’emploi est estimé quant à lui à 7 millions de créations de postes, un total porté entre 20 et 33 millions en comptant les effets indirects. Mais attention, prévient le FMI, il n’est pas question d’employer les travailleurs à creuser des trous pour les reboucher, selon la formule de Keynes, mais bien d’investir dans les infrastructures des pays concernés.