Le plan de relance de l'économie française, qui sera présenté par le gouvernement le 25 mai, inclura trois milliards d’euros destinés à favoriser l’investissement des entreprises, a indiqué Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, sur BFMTV. Le soutien à l’investissement des entreprises doit aider au redémarrage de l’économie et à la création de nouveaux emplois, l’objectif étant que l’économie française retrouve son niveau d’avant la crise.
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté hier sur l’existence d’un écart considérable entre les fonds nécessaires pour combattre la pandémie de Covid-19 et les sommes promises à travers le monde. L’OMS ne dispose que de 10% des montants nécessaires sachant que «plus de 100 milliards de dollars (85 milliards d’euros) seront nécessaires uniquement pour les vaccins», a prévenu Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’un point de presse à Genève. Selon un décompte de Reuters, depuis l'émergence du nouveau coronavirus en Chine en décembre, près de 20 millions de personnes ont été contaminées dans plus de 210 pays et territoires et le bilan de cette pandémie s'établit désormais à près de 730.000 morts.
L’Italie a approuvé vendredi un nouvel ensemble budgétaire de 25 milliards d’euros face aux effets économiques de la crise du coronavirus, alors qu’elle attend de recevoir des fonds dans le cadre du plan de relance européen. Près de la moitié de la somme sera consacrée à l’emploi, notamment pour prolonger le dispositif de chômage partiel, pour une durée pouvant aller jusqu'à 18 semaines, avec pour condition que les entreprises ne licencient pas afin de bénéficier de l’aide de l’Etat. Quelque 12,6 millions de travailleurs italiens sont concernés par ce dispositif. L'économie italienne, l’une des plus touchées par la crise, devrait se contracter de 11,2% cette année, selon les prévisions de l’Union européenne. Son déficit public devrait atteindre 12% du PIB .
A fin juin, le déficit du budget de l’Etat français atteint 124,9 milliards d’euros, en nette progression par rapport à juin 2019 (+47,6 milliards), selon les données publiées par le ministère chargé des Comptes publics. Les dépenses du budget général (hors prélèvements sur recettes) augmentent à 198,5 milliards d’euros en raison, principalement, des mesures de soutien à l'économie face à la crise du coronavirus (13,5 milliards d’euros pour le dispositif de chômage partiel et 4,9 milliards d’euros pour le fonds de solidarité pour les entreprises). Les recettes sont également en recul, notamment les recettes fiscales nettes (-10,6%), principalement pénalisées par une diminution des recettes nettes de TVA (-15,5 milliards d’euros) sous l’effet de la contraction de l’activité économique et de l’accélération des remboursements de crédits de TVA aux entreprises, souligne le ministère.
Trente milliards d’euros seront consacrés à la transition écologique, sur les 100 milliards du plan de relance de l'économie française qui sera présenté le 24 août par le gouvernement, a déclaré Bruno Le Maire au JDD. «Nous veillerons à ce que toutes les décisions de relance favorisent un nouveau modèle de croissance fondé sur la décarbonation, la sobriété énergétique et les innovations vertes. Le plan de relance sera un plan vert», assure le ministre. Dans son discours de politique générale prononcé devant l’Assemblée nationale le 15 juillet dernier, le Premier ministre Jean Castex avait annoncé une somme de 20 milliards pour l'écologie.
La ministre de la Transformation et de la Fonction publique Amélie de Montchalin a annoncé vendredi qu’elle n’augmenterait pas le point d’indice des fonctionnaires pour 2021, préférant des revalorisations sur les petits salaires, alors qu’une augmentation indifférenciée - très coûteuse pour l’Etat - bénéficie davantage aux hauts salaires. Cette annonce a suscité la colère des syndicats qu’elle rencontrait. Après le personnel hospitalier, des revalorisations seront notamment prévues pour les enseignants (dans le cadre de la réforme des retraites), les sapeurs-pompiers et le secteur de la Justice.
Le Parlement européen s’est dit «très satisfait» du plan de relance paneuropéen adopté mardi par les dirigeants de l’Union européenne mais juge inacceptables certaines réductions de dépenses proposées par les dirigeants des 27 Etats membres sur le prochain budget pluriannuel, a déclaré mercredi lors d’une conférence de presse à Bruxelles son président, David Sassoli : «Nous ne pouvons pas réduire le budget pour la recherche et le programme Erasmus à destination des étudiants, c’est impossible.» Il a ajouté que les eurodéputés s’efforceraient de rétablir un mécanisme liant le versement des aides européennes au respect de l’Etat de droit et des valeurs fondamentales de l’UE, ce dont plusieurs pays comme la Hongrie ou la Pologne ne veulent pas entendre parler. Tout cela impliquera de nouvelles (longues ?) négociations avant le vote définitif sur le budget et le plan de relance, indispensable pour leur mise en oeuvre.
Le plan de relance économique de l’Union européenne de 750 milliards d’euros sera financé par des recettes fiscales propres à l’UE, et ne reposera pas sur le contribuable français, a déclaré mardi Emmanuel Macron, sur TF1-LCI. Outre une taxe sur le plastique et une taxe carbone aux frontières, le chef de l’Etat a évoqué la création au niveau européen d’une taxe numérique - la taxe Gafa - «pour les grands acteurs internationaux du numérique qui aujourd’hui ne paient pas d’impôts (...) dans les mois et les années qui viennent». Soulignant que l’accord obtenu à Bruxelles était «le fruit d’un travail de trois ans entre la France et l’Allemagne», correspondant à ses engagements de la campagne présidentielle de 2017, Emmanuel Macron a jugé qu’il s’agissait du «moment le plus important de la vie de notre Europe depuis la création de l’euro».
Les entreprises espagnoles bénéficiaires d’une aide du gouvernement pour faire face aux conséquences du coronavirus ne seront pas autorisées à verser de dividendes, a déclaré mardi la ministre du budget, Maria Jesus Montero. En outre, elles ne seront pas autorisées à se lancer dans une expansion commerciale agressive ni à verser de primes aux membres de leur conseil d’administration. Début juillet, Madrid a approuvé l’ouverture de nouvelles lignes de crédit garanties par l'État à hauteur de 50 milliards d’euros. Le gouvernement a également fixé un seuil minimum de 25 millions d’euros pour entrer temporairement au capital d’entreprises touchées par la pandémie via la holding industrielle publique SEPI. L’Espagne devrait recevoir 140 milliards d’euros du fonds de relance de l’UE.
De nouveaux pays pourraient être contraints d’ouvrir des négociations avec leurs créanciers cette année, la crise provoquée par le coronavirus accentuant la pression sur des gouvernements déjà en difficulté face au remboursement de leur dette, estiment des dirigeants de la banque d’affaires Lazard. Elle s’emploie à décrocher de nouveaux mandats après avoir déjà obtenu ceux de l’Argentine et du Liban. L'équipe dette souveraine de Lazard a également été recrutée par la Zambie et l’Equateur cette année. Le recul des cours des matières premières, en particulier ceux du pétrole, grands pourvoyeurs en devises étrangères, fait partie des facteurs qui pourraient conduire à de nouvelles restructurations de dette, explique le numéro un de Lazard en France Jean-Louis Girodolle, cité par Reuters.
Les impôts de production payés par les entreprises installées en France baisseront de 20 milliards d’euros au cours des deux prochaines années, a annoncé mercredi Bruno Le Maire. «Ce sera une baisse massive, deux fois 10 milliards d’euros. Dix milliards d’euros en 2021, 10 milliards d’euros en 2022», a dit le ministre de l’Economie sur France 2. «Si vous voulez que les entreprises industrielles s’installent sur les territoires, il ne faut pas qu’elles paient, avant même qu’elles fassent des bénéfices, cinq fois plus d’impôts de production qu’en Allemagne.» «Produire en France sera moins cher, c’est aussi simple que ça», a-t-il ajouté.
Le Premier ministre Jean Castex et les représentants syndicaux ont signé lundi les accords de revalorisation salariale du personnel hospitalier conclus dans le cadre du «Ségur de la santé», vaste concertation entamée en pleine crise sanitaire du coronavirus. «Cet accord historique se veut d’abord une reconnaissance considérable à l'égard de celles et ceux qui ont été en première ligne, a déclaré le chef du gouvernement. Je n’ai pas de mal à dire qu’en ce sens, au-delà de la reconnaissance pour leur action, il s’agit d’une forme de rattrapage par rapport à des années de retard.» Le nouveau Premier ministre a salué les discussions avec les syndicats, qui, après six semaines, ont majoritairement approuvé cet accord sur 7,5 milliards d’euros devant permettre d’augmenter les salaires et de revoir les grilles de traitement des personnels paramédicaux et non médicaux. Une revalorisation des heures supplémentaires et du travail de nuit ou des jours fériés est envisagée, tout comme des recrutements, potentiellement 15.000 a avancé Olivier Véran, ministre de la Santé.
Angela Merkel a dit lundi ne pas être en mesure de garantir que les Etats membres de l’Union parviendront à un accord sur le fonds de relance européen, lors d’un Conseil qui aura lieu à la fin de la semaine. L’Italie et l’Allemagne sont d’accord sur la structure des propositions de l’UE, a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse. La réponse à apporter à la crise due au coronavirus a de nouveau mis en lumière des divergences entre les Vingt-Sept, avec d’un côté Paris, Berlin ou Rome qui sont favorables à l’idée de simples transferts budgétaires aux Etats les plus touchés, et, de l’autre, les Etats dits «frugaux» - Autriche, Pays-Bas, Danemark et Suède - qui préfèrent l’option de prêts remboursables.
L’Elysée veut éviter une flambée de chômage chez les jeunes. Emmanuel Macron a annoncé mardi plusieurs mesures pour ceux-ci, lors d’une interview télévisée à l’occasion de la fête nationale. Outre le dispositif existant de soutien à l’apprentissage, figurent des exonérations de charges ou des contrats d’insertion. 300.000 projets et contrats d’insertion vont être créés, ainsi que 100.000 contrats de service civique dans les six mois qui viennent, soit presque un doublement par rapport aux 140.000 existants. Pour les jeunes diplômés sur le marché du travail, il sera possible d’effectuer un semestre ou une année d'études en plus avec l’ouverture de 200.000 places dans des formations qualifiantes supérieures. Sur un plan plus financier, le président de la République a aussi annoncé un «dispositif exceptionnel», dont la durée devrait être d’un ou deux ans, d’exonération de charges pour les jeunes à faibles qualifications pour les emplois jusqu'à 1,6 Smic. En outre, il a promis que «au moins 100 milliards d’euros» de plus des 400 milliards déjà engagés seront consacrés à la relance du pays.
Le plan de relance destiné à contrer la crise économique et sociale liée à l'épidémie de coronavirus est «quasiment prêt», a déclaré dimanche le Premier ministre français, Jean Castex, disant «achever les concertations», devant la presse lors d’un déplacement en Guyane. Après avoir reçu les partenaires sociaux en fin de semaine dernière, le nouveau chef du gouvernement doit rencontrer lundi matin les représentants des départements et des régions de France. Il prononcera mercredi son discours de politique générale devant le Parlement. L’Etat aurait déjà investi 430 milliards d’euros.