La croissance des prêts aux entreprises de la zone euro a continué de ralentir, passant de +1,8% en juin à +1,7% en juillet selon les données publiées jeudi par la Banque centrale européenne (BCE). Cette tendance pourrait finir par devenir préoccupante pour les responsables monétaires. La croissance des prêts aux entreprises a pratiquement été divisée par deux depuis le début de la pandémie de covid-19.
Consensuelle. Ceux qui espéraient une révolution ont été déçus. La Banque centrale européenne (BCE – photo) a dévoilé le 8 juillet sa revue stratégique de politique monétaire, dont les résultats étaient attendus à l’origine pour la rentrée de septembre. Le compromis a accouché d’un changement d’objectif d’inflation. Celui-ci, « proche mais au-dessous de 2 % », devient « symétrique », et fixé « à 2 % à moyen terme », les écarts positifs et négatifs par rapport à la cible étant jugés « également indésirables ». La BCE tolérera donc un dépassement temporaire des 2 % – qui n’ont jamais été atteints depuis dix ans – sans resserrer prématurément sa politique monétaire et reproduire ainsi les erreurs de 2008 et 2011. L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) continuera à servir de jauge pour suivre l’inflation en zone euro, mais devrait intégrer, à l’issue de plusieurs années de travaux, la hausse des prix de l’immobilier sous la forme de l’équivalent loyer imputé aux propriétaires de leur logement.
Tout ça pour ça ? Les résultats de la revue stratégique de la Banque centrale européenne, la première depuis 2003, ont forcément déçu les exégètes de la politique monétaire. L’exercice a accouché d’un consensus mou. La paix avec le camp des faucons, à laquelle la présidente de la BCE Christine Lagarde se montre bien plus attachée que son prédécesseur Mario Draghi, était à ce prix. L’institution a, comme prévu, fixé une cible d’inflation à 2 % en zone euro et a rendu cet objectif symétrique, ce qui l’amènera à tolérer un léger dépassement. De quel ordre et pour quelle durée ? Le Conseil des gouverneurs s’est volontairement borné à une formulation imprécise. Les investisseurs devront se faire leur propre opinion en analysant les discours des uns et des autres. Bien malins ceux qui pourront bâtir sur ce sable une fonction de réaction claire et modéliser le lien entre les objectifs et les actions de la BCE. Un même flou artistique, déjà, entourait les conclusions que la Réserve fédérale avait livrées l’été 2020, mais la revue stratégique de la banque centrale américaine se voulait tout de même plus ambitieuse.
La Banque centrale européenne (BCE) modifiera les orientations sur l’évolution future de sa politique monétaire («forward guidance») lors de sa prochaine réunion le 22 juillet afin de refléter sa nouvelle stratégie et de montrer sa détermination à relancer l’inflation, a déclaré Christine Lagarde au cours d’une interview à Bloomberg TV lundi. Jeudi, la BCE a arrêté une nouvelle stratégie monétaire autour d’un objectif d’inflation symétrique de 2% à moyen terme, dont beaucoup d’analystes doutent qu’elle se donne les moyens de le rejoindre. «Compte tenu de la détermination dont nous devons faire preuve pour atteindre notre engagement, le pilotage des anticipations (‘forward guidance’) sera certainement réexaminé», a indiqué la présidente de l’institution. Christine Lagarde n’a pas précisé en quoi le pilotage des anticipations pourrait changer, se contentant de dire que l’objectif de la BCE sera de maintenir un crédit facile et de dire que ce n’est pas le bon moment pour discuter d’une réduction du Programme d’achats d’urgence (1.850 milliards d’euros jusqu’à mars 2022).
La Banque centrale européenne (BCE) n’essaiera pas de «compenser» l’inflation «perdue» depuis dix ans et ne favorisera pas le dépassement possible de son nouvel objectif de 2%, a déclaré vendredi le président de la Bundesbank, Jens Weidmann. «Nous n’avons pas pour ambition un taux plus faible ou plus élevé. C’était important pour moi. Nous ne définissons pas notre politique monétaire en fonction d’objectifs qui n’ont pas été atteints par le passé», a-t-il déclaré.
La Banque centrale européenne (BCE) a donc publié à 13h la nouvelle stratégie monétaire sur laquelle elle travaillait depuis septembre 2020, et qui a été approuvée mercredi. Comme cela circulait depuis quelques jours dans le marché, la BCE a décidé de simplifier le message sur sa cible d’inflation, qui était «proche de mais au-dessous de 2%», et devient «un objectif d’inflation symétrique fixé à 2 % à moyen terme». «Ce qui signifie que les écarts négatifs et positifs sont également indésirables», ajoute le communiqué…
Le membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), Fabio Panetta, s’est exprimé lundi lors d’une conférence des banquiers centraux méditerranéens sur la stratégie de «flexibilité non conventionnelle» qu’utilise l’institution pour maintenir les coûts d’emprunt bas jusqu’à ce que les dépenses publiques aient contribué à faire grimper l’inflation. Il a appelé les gouvernements et le public à reconnaître que la combinaison actuelle de mesures de relance budgétaire et monétaire est «clairement supérieure» à celle d’avant la pandémie, lorsque les dirigeants politiques se concentraient sur la réduction de la dette. Malgré la reprise économique liée à la levée des restrictions sanitaires, Fabio Panetta a estimé ne pas savoir jusqu’à quand il faudrait continuer à soutenir la demande.
Le membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), Fabio Panetta, s’est exprimé lundi lors d’une conférence des banquiers centraux méditerranéens sur la stratégie de «flexibilité non conventionnelle» qu’utilise l’institution pour maintenir les coûts d’emprunt bas jusqu’à ce que les dépenses publiques aient contribué à faire grimper l’inflation. Il a appelé les gouvernements et le public à reconnaître que la combinaison actuelle de mesures de relance budgétaire et monétaire est «clairement supérieure» à celle d’avant la pandémie, lorsque les dirigeants politiques se concentraient sur la réduction de la dette : «Un retour de la politique macroéconomique au statu quo d’avant la pandémie serait une immense opportunité gâchée, a-t-il déclaré. Nous devons reconnaître que ce qui était considéré comme non conventionnel dans le passé est désormais conventionnel.»
Un récent séminaire des gouverneurs a mis en évidence la question persistante de la capacité ou la volonté de la BCE à rejoindre son objectif d'inflation.
La nouvelle opération de refinancement ciblé à long terme (TLTRO 3.8) de la Banque centrale européenne (BCE) a attiré encore beaucoup d’intérêts avec 110 milliards d’euros demandés par 224 banques européennes.