Shaktikanta Das, le gouverneur de la Banque de réserve d’Inde, a indiqué vendredi que le comité de politique monétaire avait décidé de relever son taux repo de 50 points de base (pb), à 5,40%. Quatre des six économistes interrogés par le Wall Street Journal tablaient sur un relèvement d’un demi-point de pourcentage, et deux s’attendaient à une hausse de 35 pb. L’institution avait déjà relevé son taux directeur de 50 pb en juin, à 4,90%, après un relèvement de 40 pb à l’issue d’une réunion ad hoc en mai. L’indice des prix à la consommation en Inde est ressorti en juin en progression de 7,01% sur un an, après une hausse de 7,04% en mai. La banque centrale a pour objectif une inflation comprise dans une fourchette de 2% à 6%.
Les principales banques centrales des marchés développés et émergents ont relevé leurs taux d’intérêt de près de 1.200 points de base (pb) en cumul en juillet, selon des données de Reuters. Les banques centrales supervisant cinq des dix devises les plus échangées ont totalisé 325 pb de hausses de taux, sous les 350 pb de resserrement réalisées en juin. Le léger ralentissement de rythme pourrait indiquer que le pic d’agressivité des banques centrales développées est dépassé. Du côté des émergents, neuf banques centrales sur les 18 suivies par Reuters ont relevé leurs taux de 850 pb, portant le total de hausses sur l’année à 5.265 pb -près du double des 2.745 pb sur l’ensemble de 2021. L’inflation forte reste le principal problème auquel sont confrontés les pays émergents.
Pour son baptême du feu, Ales Michl, le nouveau gouverneur de la banque centrale tchèque, a mis en pause le resserrement monétaire commencé il y a près d’un an. L’institution a ainsi maintenu à 7% son principal taux directeur jeudi, comme attendu par les économistes. Le nouveau conseil, refondu à l’occasion de la désignation du nouveau gouverneur, a estimé que les taux avaient atteint un sommet après une série de neuf hausses pour un total de 625 points de base. Ales Michl avait été le seul membre à voter systématiquement contre ces relèvements. Toutefois, la banque centrale a laissé la porte ouverte à de nouveaux resserrements monétaires si les risques inflationnistes augmentaient dans les mois à venir. La lutte contre l’inflation reste une priorité. Elle devrait atteindre un niveau de 20% dans le pays, contre 17% actuellement.
La Banque d’Angleterre (BoE) est passée à la vitesse supérieure contre l’inflation en décidant jeudi de relever son taux directeur de 50 points de base, après cinq hausses consécutives de 25 points de base.
Il n’est plus question de pivot accommodant, comme avaient pu le penser les investisseurs. Plusieurs membres de la Fed ont indiqué que le resserrement monétaire était loin d’être achevé.
La banque centrale d’Australie (RBA) a relevé mardi son principal taux directeur de 50 points de base (pb), à 1,85%. L’ampleur du relèvement, le quatrième depuis le mois de mai, était attendu. A l’image de la Réserve fédérale, la RBA a abandonné le ciblage des anticipations de sa politique monétaire (forward guidance) et devrait désormais prendre ses décisions en fonction des données au moment des réunions. «Le Conseil s’attend à prendre de nouvelles mesures dans le processus de normalisation des conditions monétaires au cours des mois à venir mais il n’est pas engagé sur une trajectoire prédéterminée», a déclaré son gouverneur Philip Lowe. Cette remarque a été perçue comme plutôt accommodante, étant donné que ce dernier avait déclaré à plusieurs reprises que la RBA souhaitait ramener les taux à un niveau neutre à environ 2,5%. Les spécialistes s’attendent à une hausse de 25 pb ou 50 pb en septembre. La banque centrale a par ailleurs relevé sa prévision de pic d’inflation autour de 7,75%, contre 7% auparavant. Les anticipations de croissance ont été revues à la baisse, à 3,25% pour cette année, et à 1,75% pour 2023. Auparavant, elle prévoyait 4,2% en 2022 et 2% l’an prochain.
Le yen a bondi vendredi à un sommet de six semaines, autour de 133 face au dollar, soutenu par différentes nouvelles malgré la contraction de la croissance américaine jeudi. D’un côté, le moral des consommateurs a chuté à un plus bas de 18 mois à cause du covid-19 et la progression des ventes au détail a ralenti (+1,5% en rythme annuel en juin) avec une inflation sous-jacente en hausse pour la région de Tokyo (+2,3% en rythme annuel en juillet). D’un autre côté, la production industrielle nippone aprogressé à un niveau mensuel record de +8,9% en juin (après -7,5% en mai), tirée notamment par les automobiles, les équipements informatiques et électroniques. Le taux de chômage est resté inchangé (2,6%).Malgré une révision de sa prévision de croissance 2022 de 2,9% à 2,4%, le sous-gouverneur de la Banque du Japon, Masayoshi Amamiya, a déclaré que la banque centrale réfléchissait aux moyens de sortir de sa politique monétaire ultra-accommodante à moyen terme.
L’inflation est le «principal facteur» qui guidera les décisions de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), a déclaré vendredi le vice-président Luis de Guindos au journal estonien Postimees. «Nous analyserons la situation au sein du Conseil des gouverneurs réunion par réunion en fonction des données (…). La BCE ne cible pas le taux de change, mais c’est un indicateur macroéconomique très important que nous prenons en compte. Il ne fait aucun doute que la dépréciation de l’euro a été l’un des facteurs à l’origine de la forte inflation et de la hausse des prix de l’énergie libellés en euros», a-t-il ajouté en se référant à la dernière réunion.
La Banque nationale de Hongrie (NBH) a encore relevé son taux de refinancement de 100 points de base (pb) à 10,75% mardi, et signalé qu’elle continuerait à relever ses taux jusqu’à ce que l’inflation ait atteint un pic. Cette décision a porté les coûts d’emprunt à leur plus haut niveau depuis décembre 2008. Elle suit une hausse de 200 pb déjà décidée lors de sa réunion du 7 juillet, et prolonge sa trajectoire de resserrement de 10,15 points de pourcentage depuis mai 2021. Les derniers chiffres d’inflation ont atteint un sommet de 23 ans à 11,7% en juin, et le forint (à 400 face à l’euro) se rapproche à nouveau de ses plus bas records atteints plus tôt dans le mois (410,82). La banque centrale a également relevé son taux de dépôt au jour le jour de 100 pb à 10,25%.
La première hausse de taux de la BCE en 11 ans est effective depuis ce mercredi et la Fed doit de nouveau augmenter les siens dans la soirée. L’occasion de revenir sur ces taux directeurs au cœur des politiques économiques.
La Banque centrale du Danemark a relevé son taux directeur de 50 points de base (pb) jeudi, le rapprochant d’un territoire positif à -0,10% désormais au lieu de -0,60%. En 2012, le Danemark était devenu le premier pays au monde à imposer des taux négatifs. Avec la Banque du Japon (BoJ), également à -0,10%, et la Banque nationale Suisse (BNS), qui a porté son taux de -0,75% à -0,25% en juin, elles restent les seules encore en territoire négatif. Mais un autre ajustement est prévu en septembre. Les banques danoises cessent donc de pratiquer les taux négatifs sur les dépôts privés qu’elles appliquaient depuis 2019 pour amortir leurs dépôts en banque centrale.
Suite à sa réunion de politique monétaire, conclue hier, la banque centrale japonaise (BoJ) a confirmé maintenir à -0,1% ses taux à court terme, comme attendu par le marché. Par ailleurs, la BoJ s’est engagée à poursuivre sa politique de contrôle des taux, en maintenant le rendement du souverain à 10 ans entre -25 et 25 points de base. L’institution remarque toutefois que les pressions sur les prix se renforcent, et a relevé ses prévisions d’inflation cœur pour l’année se terminant en mars 2023 à 2,3% contre 1,9% précédemment. Par ailleurs, les prévisions de croissance pour l’exercice en cours ont été abaissées de 0,5 point, à 2,4%. Le yen a baissé suite à ces annonces, à plus de 138 yens/dollar.