Pour Pierre-Yves Bareau, managing director, responsable mondial de la dette émergente chez JP Morgan AM, la dette émergente est une classe d’actifs appelée à croître fortement. Pour de multiples raisons.Il y a bien entendu l’argumentaire macro-économique (croissance forte, faible endettement), avec pour corollaire une amélioration continue de la notation de la dette émergente, désormais en catégorie d’investissement. «Le rattrapage est récent mais il s’agit d’un mouvement structurel qui suscite de plus en plus d’intérêt», souligne Pierre-Yves Bureau.Dans ce contexte, les fonds de pension américains, exposés à seulement 0,3% à la dette émergente, devraient investir quelque 100 milliards de dollars pour atteindre la barre des 3%. Pour JP Morgan AM, les deux grands thèmes d’investissement sur les émergents sont les devises et les obligations corporate. Sur les devises, la préférence va au Mexique, à la Pologne et à la Corée. Mais en Asie, le «trade» ne peut fonctionner que si la Chine décide de réévaluer. Ce qu’elle pourrait faire sans donner l’impression de céder aux pressions américaines, en raison des craintes inflationnistes. Du côté de la dette corporate, les entreprises présentent des fondamentaux solides et les obligations corporate sont en catégorie d’investissement pour 70% à 80% d’entre elles. Selon Alain Defise, vice president, responsable (lead portfolio manager) de la dette corporate émergente, la reprise des émissions observée en mars, avec un volume de plus de 20 milliards de dollars (39,5 milliards de dollars sur le trimestre), devrait s’accentuer au cours des prochains mois. Le marché qui a déjà atteint une taille respectable (600 milliards de dollars) pourrait tutoyer la barre des 1.000 milliards de dollars d’ici à 2014. En attendant, JP Morgan AM prépare une stratégie sur la dette corporate qui pourrait être lancée d’ici au mois de juin.A l’instar d’autres banques qui recrutent des analystes sell side sur les émergents, JP Morgan AM souhaite profiter de l’intérêt croissant pour la dette émergente avec une équipe renforcée autour de Pierre-Yves Bareau, qui a rejoint la banque il y a six mois pour justement développer ce pôle, en étant présent non seulement à Londres et à New York, mais également à Hong Kong, Taipei, Bombay, Shanghai et Sao Paulo. Il faut être «global» mais aussi «local"…