En 2010, le volume global des appels d’offres en sélection de gérants lancés par les investisseurs institutionnels français s’est élevé à 30,5 milliards d’euros, soit une progression de 57 % par rapport aux 19,4 milliards d’euros de l’année précédente. Pour sa part, le nombre de consultations est resté relativement stable (89 contre 85). C’est ce que révèle la dernière étude de bfinance sur la gestion institutionnelle déléguée. Le marché dépasse ainsi le précédent record de 27 milliards d’euros observé en 2007. Pour bfinance, cette vitalité s’explique par la renégociation d’importants mandats obligataires - 19 mandats représentant 23 milliards d’euros au total - et de nombreuses révisions d’allocations stratégiques. Comme en 2009, le Fonds de réserve pour les retraites (FRR) domine le marché. Il représente en effet 59 % des volumes remis en jeu l’an dernier, avec 18 milliards d’euros. Le deuxième animateur du marché – Medicis - arrive loin derrière avec 1,33 milliard d’euros. En termes de classes d’actifs, ce sont donc les mandats obligataires qui se sont taillé la part du lion du marché, comme en 2009 du reste. Les mandats actions n’ont représenté que 1,8 milliard d’euros (pour 13 mandats). Emmanuel Léchère, head of market intelligence Group, souligne que les consultations ont surtout porté sur des actions zone euro. Les institutionnels français semblent ainsi se désintéresser totalement des actions émergentes contrairement à leurs homologues internationaux. A noter que seuls 9 mandats ont été attribués sur le monétaire pour un montant de 2,05 milliards d’euros, alors que cette gestion était traditionnellement très importante. David Laugier, directeur général de bfinance France, estime à cet égard que Bâle III est une menace sur l’expertise française en matière de gestion monétaire. En effet, les banques vont avoir tendance à attirer les dépôts dans leurs livres plutôt que dans ceux des sociétés de gestion.bfinance note en conclusion qu’en septembre 2010, 60 % des investisseurs indiquaient qu’ils allaient réviser leur allocation stratégique d’ici à fin juin 2011. Ce qui devrait continuer à alimenter la dynamique du marché des appels d’offres cette année. Aujourd’hui, sur un marché de la gestion déléguée pour compte d’institutionnels évalué à 450 milliards d’euros, seulement environ 7 % des encours ont été remis en jeu l’an dernier suivant une procédure d’appel d’offres. En 2008 et 2009, ce taux était de 5 %.