Pour la finance islamique, de nouvelles perspectives s’ouvrent désormais en Afrique du Nord, où des évolutions réglementaires créent un environnement favorable à la croissance du secteur, estime Standard & Poor’s dans une étude publiée le 18 février («Islamic Financ Could Make Inroads Into North Africa»). Toutefois, le développement de cette classe d’actif reste limité dans cette région, où elle doit encore faire la preuve de sa valeur ajoutée économique. La compétitivité des produits bancaires islamiques, par rapport à leurs homologues conventionnels, sera l’un des principaux déterminants du succès de ces produits en Afrique du Nord.Après le «Printemps Arabe», l’importance des déficits courants et la baisse des sources de financement conventionnelles, du fait d’un accès plus difficile aux marchés financiers, ont incité les gouvernements des pays concernés à examiner les possibilités offertes par la finance islamique.Standard & Poor’s suit ces évolutions dans les pays d’Afrique du Nord où elle note des banques : Égypte, Tunisie et Maroc. Ces Etats ont récemment pris des mesures visant à soutenir le développement de la finance islamique. La Tunisie et l’Egypte ont mis en place de nouveaux cadres réglementaires pour l’émission de sukuk en 2013. La Tunisie prévoit d’émettre un sukuk, destiné à attirer une nouvelle catégorie d’investisseurs. En janvier 2014, le Conseil des Ministres marocain a validé le cadre juridique des opérations des banques islamiques, posant ainsi les fondations du développement des activités de banque islamique.Néanmoins, au-delà de permettre l’accès aux produits respectueux de la loi islamique, la finance islamique doit démontrer sa valeur ajoutée économique dans cette région, souligne l’agence. Cette valeur ajoutée pourrait se concrétiser par un accès à une nouvelle classe d’investisseurs ou de clients, ou encore par l’offre de produits alternatifs à des coûts comparables avec ceux de leurs homologues «classiques». Le niveau de richesse des pays du Maghreb est très inférieur à celui d’autres régions où la finance islamique a connu une croissance importante. La concurrence sur les marges reste importante dans certains marchés d’Afrique du Nord et cela indique que les clients dans cette région sont relativement plus sensibles aux coûts des produits bancaires. Autrement dit, le succès des banques islamiques en Afrique du Nord sera étroitement lié à leur capacité à offrir des produits compétitifs, capables de rivaliser avec les produits bancaires conventionnels.En attendant, la finance islamique, qui creuse son sillon depuis environ une décennie, reste encore très modeste en termes d’actifs. Selon les estimations de Standard & Poor’s, le total des actifs de la finance islmatique s'élève à environ 1.400 milliards de dollars, soit moins de 1% du total des actifs financiers à travers le monde.