L’Histoire depuis 60 ans commémore au début du mois de juin de hauts faits d’armes. L’univers de la gestion d’actifs s’est clairement mise au diapason cette semaine. Il est question d’attaques, de risques ou de combats, car la guerre gronde. Les raisons du conflit ? Il se résume à une question aux accents shakespeariens : To be or not to be systemic ? Le Financial Stability Board (FSB) qui pointe de grands asset managers menace de répondre par l’affirmative. Avec, dans son viseur, une classe d’actifs particulière dans laquelle les gestionnaires sont largement investis : les obligations. Se considérant en danger, l’industrie mobilise. Après une offensive menée par des sociétés de gestion américaines contre le régulateur mondial, l’Efama sur le vieux Continent a pris fait et cause pour les gérants. Dans ce combat, l’association a aussi pu compter sur un allié de choix: le régulateur britannique.Dans un autre genre, cette semaine, HSBC a fait l’objet de plusieurs attaques. En France, la justice a confirmé la caution d’un milliard d’euros qui lui a été imposée concernant le blanchiment aggravé présumé de la part de sa filiale de banque privée suisse en 2006-2007. Et aux Etats-Unis, un juge a également donné raison à plusieurs investisseurs institutionnels, dont BlackRock, Allianz Pacific Investment Management et TIAA-CREF, qui accusent HSBC d’avoir manqué à certaines de ses obligations à l’origine de pertes supérieures à 34 milliards de dollars en 2008. HSBC pourra néanmoins noter un point positif: l’armistice signé contre 40 millions de francs suisses avec les autorités genevoises, sur le dossier « SwissLeaks ». Il n’empêche. Tout aussi solide qu’il puisse paraître, le géant et gérant mondial vient de décider une cure d’austérité, qui va entrainer la disparition de 10.000 à 20.000 postes. En marge de ces « affaires », et dans un autre genre, une étude indique que les banques suisses sont les plus rentables en Europe. Encore faut-il exclure l’hypothèse d’un passage devant la justice consécutifs à un comportement répréhensible...Une autre zone de combat s’est déclarée cette semaine. Fiscale cette fois. La Belgique va placer le Luxembourg sur sa liste des paradis fiscaux. Et ce en dépit des promesses du Grand Dûché en réponse au scandale LuxLeaks. Outre-Quievrain, la manœuvre est habile car elle vise essentiellement à contraindre les entreprises belges à déclarer leurs transactions pour des montants supérieurs à 100.000 euros dans ce pays. Autrement dit, rentrer dans le mire du fisc...En France, où la concurrence fait rage, il faut savoir apporter du sang neuf. Deux sociétés de gestion se sont aussi illustrées cette semaine en annonçant des arrivées de poids pour piloter l’entreprise et les troupes. Philippe Marini et Jean-Baptiste de Franssu rejoignent le conseil de surveillance de La Française tandis que OFI AM a officialisé l’arrivée de Jean-Pierre Grimaud et annoncé un changement de structure. Enfin, vendredi, la Commission européenne a accepté de proroger la période de transition en vigueur pour les exigences de fonds propres applicables aux expositions des groupes bancaires de l’UE envers des contreparties centrales. Durant cette période, Bruxelles entend trouver un terrain d’entente avec les Etats-Unis sur cette problématique de la compensation. Ce qui est loin d’être acquis. Au siège des institutions européennes, on fourbit ses armes, avec la ferme intention qu'à l’ouest, il y ait enfin du nouveau…Retrouvez ces articles ci-dessous. Bonne lecture !