Le feuilleton de la crise grecque ne doit pas effrayer les investissements. «On a beaucoup comparé la situation grecque à la faillite de Lehman. Mais c’est aller un peu loin. Dans le cas de Lehman, le risque de contagion était réel dans un contexte où le levier était très répandu. On n’est plus du tout dans cette configuration. La dette grecque est bien circonscrite et le risque de contagion n’est clairement pas là», commente Brian Jacobsen, chef stratégiste chez Wells Fargo Asset Management.En outre, rappelle Brian Jacobsen, l’économie grecque reste marginale au niveau mondial ou européen. «La Russie est un partenaire important pour la Grèce mais elle ne représente que 11% ou 12% de ses importations, devant l’Allemagne qui doit peser 9% de ses importations». Une raison supplémentaire de rester investi sur l’Europe où c’est surtout le programme de rachats mis en œuvre par la BCE qui continue de donner le ton.«Les marchés ont eu raison de réagir de façon plutôt mesurée au résultat du référendum grec. Les actions européennes devraient poursuivre leur rally. Et les mouvements erratiques des Bourses européennes constituent autant d’opportunités pour un investisseur de s’exposer davantage à une économie qui devrait confirmer sa reprise», estime Brian Jacobsen.Et les actions émergentes semblent également offrir un potentiel intéressant. «Depuis 2012, le ratio cours/bénéfices de l’indice MSCI EAFE a progressé de 10 à 15,27. L’indice MSCI EM a de son côté monté de 9,3 à juste en dessous de 12. Autrement dit, en termes de valorisation, il y a davantage de potentiel dans les marchés émergents que dans les marchés développés», explique Brian Jacobsen. Le chef stratégiste estime aussi que le moment est propice, dans la mesure où les banques pourraient contribuer à tirer la croissance de la zone euro, ce qui serait bénéfique pour les marchés émergents. «Je préfère les actions à dividendes car l’ajustement des valorisations peut prendre un peu de temps. Les dividendes sont aussi un bon indicateur, même imparfait, de la qualité de la gouvernance d’entreprise», remarque Brian Jacobsen.Côté obligataire, les émergents présentent également des perspectives intéressantes. «Les rendements sont juste trop bas sur les marchés développés hors Etats-Unis. Les rendements sur les marchés émergents sont beaucoup plus élevés, et parfois pour de bonnes raisons», estime Brian Jacobsen qui ne dédaigne pas non plus les obligations corporate. Concernant plus particulièrement l’Europe, le responsable souligne que «les comparaisons sont très parlantes. Il n’y a pas beaucoup de valeur du côté des obligations souveraines européennes. Même les obligations allemandes à 10 ans, ne tiennent pas la route face aux obligations américaines de même échéance, qui affichent un rendement de 2,3% contre 0,7% pour le Bund», indique Brian Jacobsen. Et il faut s’attendre à une remontée des taux à bref délai. «L’économie américaine est bien repartie à la hausse. Les chiffres de l’emploi le montrent bien. Je pense que la Fed pourrait remonter ses taux dès le mois de juillet, de 0,125 point de base, pour ensuite renouveler l’opération si nécessaire en septembre ou attendre le mois d’octobre».