Dans les banques privées, certains clients sont devenus si toxiques que les établissements sont prêts à payer les éventuels repreneurs, rapporte Le Temps. Après la fin du secret bancaire et l’offensive américaine contre la fraude fiscale, certaines clientèles ne valent plus rien sur le marché de la gestion de fortune – des Européens non déclarés ou des Américains par exemple. Une banque «vendeuse» sera contente de les céder gratuitement à un repreneur. Il arrive même que la clientèle vaille moins que rien sur le marché, l’établissement qui veut s’en débarrasser devra alors payer un acquéreur.Après avoir vendu certaines clientèles à l’Union bancaire privée (UBP) l’an dernier, Coutts cherche actuellement à se défaire de portefeuilles de clients, selon plusieurs personnes ayant consulté le dossier. La banque Leumi se trouvait dans une situation similaire l’an dernier, après avoir été reprise par Julius Baer en 2014. Généralement, les vendeurs sont des établissements qui souhaitent arrêter leur activité en Suisse, explique Jean-François Lagassé, associé de Deloitte en Suisse, qui ne s’exprime pas sur un cas particulier: «Certaines banques disposent de portefeuilles résiduels, qu’elles ne sont pas parvenues à vendre, et qui ralentissent le processus de liquidation.» Se faire payer pour reprendre des clients dont personne ne veut est «même plutôt un bon business pour le repreneur, qui s’assure une croissance immédiate de ses avoirs et à un coût attractif», estime Jean-François Lagassé. Une demi-douzaine de dossiers de ce genre ont récemment tourné sur la place financière genevoise. Ils ont tous trouvé un «acquéreur».