Référence obligée outre-Manche sur les questions de corporate governance, David Walker a été mandaté par le gouvernement britannique en février dernier pour revoir les règles du gouvernement d’entreprise à la lumière de la crise financière, notamment dans le secteur bancaire. Dans ses recommandations présentées le 16 juillet, David Walker propose des modifications substantielles au fonctionnement des conseils d’administration avec notamment un renforcement du rôle des administrateurs non exécutifs dans le processus de contrôle des risques et de fixation des rémunérations. «Ces propositions sont destinées à améliorer le professionnalisme et la diligence des conseils d’administration dans la banque, en renforçant l’importance de la notion de défi au sein du board. Si cela signifie que les boards fonctionneront d’une façon un peu moins collégiale que par le passé, le prix à payer pour une meilleure gouvernance n’en sera que très modeste», souligne David Walker dans un communiqué. Parmi les 39 recommandations exposées dans le rapport figurent notamment l’idée de donner davantage de pouvoir au comité des risques, la présidence de ce comité étant confiée à un «non-executive», ce comité ayant pour mission d’examiner et si nécessaire de bloquer des grandes transactions envisagées par la société. Les prérogatives du comité des rémunérations pourraient également être élargies: le comité pourrait s’intéresser à l’ensemble des rémunérations d’une entreprise et piloter également la rémunération des dirigeants opérationnels non membres du board. Les bonus attribués aux dirigeants opérationnels les mieux payés devraient comporter une composante différée «significative». Les membres non-exécutifs du board, dont les pouvoirs seraient élargis, devront aussi consacrer davantage de temps à leurs travaux: David Walker suggère une augmentation du temps de travail pouvant aller jusqu’à 50%. Le rapport propose également que les sociétés de gestion s’engagent plus concrètement dans les entreprises où elles ont investi, notamment en divulguant systématiquement leur politique de vote et en appliquant le principe «comply or explain» (se taire ou s’expliquer). Avec la publication de ce rapport s’ouvre une période de consultation jusqu’au 1er octobre. David Walker, qui espère être en mesure de présenter son rapport final en novembre 2009, suggère d’intégrer ses recommandations dans le «Combined Code on Corporate Governance», actuellement en cours de révision.