Les valeurs moyennes auront bientôt leur vademecum. La directrice générale de Middlenext, Caroline Weber, a indiqué le 1er juillet à l’occasion d’une conférence-débat qu’un code de gouvernance MiddleNext devrait voir le jour d’ici à la fin de l’année. L’initiative a reçu un accueil favorable du côté des autorités de tutelle, qu’il s’agisse de l’Autorité des marchés financiers ou de Bercy, a souligné Caroline Weber.Le code prendra pour assise une réflexion menée par un groupe de travail ad hoc sous la houlette de Pierre-Yves Gomez, professeur de stratégie à EM Lyon Business School et directeur de l’IFGE (Institut Français de Gouvernement des Entreprises) qui a débouché sur un"Référentiel pour une gouvernance raisonnable des entreprises françaises.» «Il ne s’agit pas de préconisations à suivre mais d’une boîte à outils», a souligné hier le professeur Gomez. La grille proposée s’articule autour de trois grands pouvoirs : le pouvoir exécutif qui définit les stratégies et met en œuvre les décisions opérationnelles orientant l’entreprise, le pouvoir souverain, c’est celui des actionnaires, et enfin, le pouvoir de surveillance (les administrateurs) qui assure que l’exercice du pouvoir exécutif est compatible avec l’intérêt général de l’entreprise, sa pérennité et sa performance durable. Sur la base de ces trois pouvoirs, le référentiel décline cinq modèles de référence qui couvrent peu ou prou l’ensemble des configurations de gouvernance possibles. Premier modèle, l’autocratie entrepreneuriale fermée, où pouvoir exécutif et pouvoir souverain sont entre les mains d’un seul homme, avec l’inconvénient que le pouvoir de surveillance est limitée. Deuxième modèle, l’autocratie entrepreneuriale ouverte où le pouvoir exécutif est confronté à l’influence des minoritaires. Troisième modèle, le leadership actionnarial où des actionnaires dominants contrôlent le capital et le pouvoir de surveillance. Quatrième modèle, le leadership du dirigeant où les actionnaires sont faibles car dispersés ou peu actifs (c’est souvent le cas dans le CAC 40) et enfin, la démocratie entrepreneuriale, le modèle idéal ou les trois pouvoirs pouvoirs sont parfaitement séparés. Point de départ pour une mise en cohérence des pratiques de gouvernance d’entreprise en France, cette première mouture du référentiel pourra être enrichie à la faveur des commentaires des utilisateurs, à commencer par MiddleNext qui va s’en inspirer pour rédiger son code de gouvernance.