Standard & Poor’s a publié le 28 septembre ses commentaires sur l’exposé-sondage de l’IASB sur la classification et l'évaluation des instruments financiers. Principal inquiétude de l’agence : le calendrier de mise en œuvre. Il n’est pas nécessaire, du point de vue de l’agence, de forcer l’adoption des modifications envisagées d’ici à la fin de l’année. Il vaudrait mieux que l’IASB prenne un peu plus de temps pour boucler une due diligence plus complète, pour améliorer le nouveau modèle et diminuer les ambiguités et les risques de conséquences imprévisibles. Compte tenu toutefois des pressions qui entourent ce projet, l’IASB pourrait couper la poire en deux et déterminer les aspects spécifiques méritant d'être traités d’ici à la fin de l’année et ceux susceptibles d'être traités en 2010. L’agence suggère par exemple de traiter en priorité les aspects de la classification et de l'évaluation des actifs financiers, ce qui permettrait de régler le problème des instruments de dette disponibles à la vente (AFS).Un autre argument plaide pour l'étalement des travaux : la nécessité d’une convergence des normes internationales IFRS et américaines US GAAP. Actuellement, relève Standard & Poor’s, les projets de l’IASB et de son homologue américain, le FASB, ne sont homogènes ni en termes de calendrier ni en termes de contenu, ce qui pourrait déboucher sur des incohérences et des difficultés d’analyse et une nouvelle période de transition. Et puis il y a aussi l’interaction avec les autres projets de l’IASB, sur l'évaluation de la fair value, la dépréciation des actifs au coût amorti ou encore les projets relatifs à la consolidation et à la déconsolidation qui vont déterminer les actifs et les passifs qui seront pris en compte dans la nouvelle classification.L’agence plaide par ailleurs pour l’adoption d’un cadre structuré pour la présentation de l’information financière. Dans l’analyse des projets en cours, l’agence essaie notamment de voir si la formule envisagée peut fournir une meilleure base pour les analystes. «Nous ne croyons pas que l'évaluation de tous les actifs et passifs financiers à la fair value fournisse nécessairement la meilleure information pour soutenir notre analyse en toutes circonstances», souligne l’agence. A l’occasion d’une intervention devant la commission économique et monétaire du Parlement européen, le président de l’IASB, David Tweedie, a souligné hier que le projet de révision de l’IAS 39 allait déboucher sur «une réduction signficative de la complexité de la comptabilité des instruments financiers». Par ailleurs, les propositions sont aussi cohérentes avec le point de vue de nombreuses parties prenantes, y compris le Comité de Bâle, selon lequel la comptabilité basé sur le coût est adaptée à certaines catégories d’instruments financiers. L’objectif de l’IASB a toujours été de définir les critères appropriés pour la classification des instruments selon qu’ils doivent être évalués au coût historique ou à la fair value «et non d’accroître ou de réduire de façon arbitraire le recours à la fair value». Sir David a par ailleurs indiqué que serait proposé en octobre un texte sur la comptabilisation des provisions pour pertes sur prêts. L’IASB travaille sur un modèle des pertes attendues et non des pertes subies comme c’est encore le cas tant du côté des IFRS que des normes US GAAP. L’IASB devrait ensuite publier un exposé-sondage sur la comptabilité de couverture.