Les actionnaires ont le sentiment que leurs attentes n’ont pas été assez prises en compte par la refonte de la gouvernance des entreprises, tant en France et qu’en Europe. Le traitement des conflits d’intérêts par le biais des conventions réglementées et la comptabilisation des votes en sont les points les plus sensibles, ont indiqué les représentants des actionnaires et les agences de conseil de votes lors d’une table ronde organisée le 31 janvier par Havas ww Paris.Les pratiques sont aujourd’hui hétérogènes d’une société à l’autre. La président de l’Adam, Colette Neuville et le président de Proxinvest, Pierre- Henri Leroy, souhaitent que les sociétés soumettent systématiquement au vote le rapport spécial des commissaires aux comptes, avec l’intégralité des conventions qu’elles soient en cours ou nouvelles.« Un point de préoccupation majeur est la grave dégradation de l’intégrité des comptes des groupes. Les conventions intéressant les dirigeants et principaux actionnaires, au lieu de faire l’objet de l’application sérieuse de la procédure légale des conventions réglementées, sont aujourd’hui dissimulées et permettent un détournement massif de la valeur ajoutée. » a déploré Pierre-Henri Leroy.L’AFG, l’Adam et Proxinvest sont unanimement contre la comptabilisation des votes blancs. «Si cette recommandation est suivie, nous aurons des résolutions qui passeront avec seulement une minorité des votes exprimés, ce qui est contraire à la démocratie actionnariale.» a regretté Colette Neuville . «Si cette recommandation sur le vote d’abstention est suivie, nous aurons des situations aberrantes où les résolutions passeront alors que seule une minorité d’actionnaires votants les auront approuvées. Cela reviendrait à masquer le désaccord des actionnaires lors des assemblées générales», a remarqué Pierre Bollon, délégué général de l’AFG.La rémunération des dirigeants semble désormais faire consensus. Les actionnaires se prononcent unanimement en faveur du «Say on pay», sur la même ligne que l’opinion publique et pour le maintien des stock options, se démarquant cette fois des initiatives politiques et des chantiers réglementaires en cours. " «Nous sommes désormais, concernant la publication des critères applicables aux parts variables, dans une dynamique vertueuse où les sociétés s’inspirent chacune des bonnes pratiques des autres.» a observé Pierre Bollon. Malgré la baisse des dividendes, les actionnaires n’envisagent pas de désinvestir la bourse, adoptant ainsi une posture nouvelle d’actionnaires de plus long terme. Pour favoriser l’épargne longue, ils se prononcent désormais en faveur du dividende majoré. Le dividende en actions, lui, fait toujours débat. Enfin, le thème « Produire en France » s’impose comme un sujet incontournable des assemblées générales 2013, en prise avec l’actualité. Il sera notamment question de rassurer les actionnaires face aux accusations de «licenciements boursiers». Les actionnaires demandent à être informés et donner leur avis sur l’ensemble de la politique sociale, comme c’est déjà le cas dans certains pays plus avancés sur les démarches RSE.