La parole à... Jyrki Katainen, vice-président de la Commission européenne chargé de l’emploi, de la croissance, de l’investissement et de la compétitivité
Marges. La meilleure défense, c’est l’attaque. Bénéficiant de solides fondamentaux, les gestionnaires d’actifs s’en remettront plus que jamais en 2018 à la croissance externe pour se distinguer. Tel est le sentiment de Fitch à l’occasion d’une revue du secteur, qui conserve une perspective stable de notation. Les marges de l’univers scruté restent, selon l’agence, élevées mais sous pression, sur fond de coût croissant de la conformité réglementaire et d’une compétition toujours plus vive et exacerbée par le succès de la gestion passive. Fitch note que le marché a récemment bien accueilli les opérations « quand les gains issus des synergies de coûts étaient évidents et que les acteurs étaient considérés comme complémentaires ».
A 81 ans, Silvio Berlusconi (photo) est inéligible en raison d’une condamnation pour fraude fiscale qu’il cherche à faire annuler. Mais le Cavaliere ne désespère pas pour autant de gagner avec son parti Forza Italia aux élections législatives du printemps prochain le droit de participer au gouvernement. Il a même désigné son cadet le général Galitelli, 69 ans et ancien patron des carabiniers, comme possible chef du gouvernement. Ce dernier, qui s’occupe de l’antidopage en ce moment, n’avait même pas été informé de l’initiative de l’ancien président du Conseil. Quelques jours plus tôt, Silvio Berlusconi avait lancé en l’air les noms de Mario Draghi (Banque centrale européenne) et de Sergio Marchionne (Fiat) pour occuper la fonction. On va finir par croire que le géronte n’est plus fréquentable.
Masse monétaire. Caceis l’avait annoncé. Tobam l’a fait. Le gestionnaire quantitatif vient de lancer le premier fonds européen dédié au bitcoin. Tobam Bitcoin Funds, fonds d’investissement alternatif (FIA), s’affiche comme un « produit financier extrêmement diversifiant », selon le patron du gestionnaire Yves Choueifaty (photo), qui indique avoir planché plus d’un an avant son lancement. La cyber-monnaie présente une performance à trois chiffres qui pousse quelques sociétés de gestion à réfléchir à la structuration d’une offre destinée à une clientèle avisée. Eiffel IG réfléchit à la struturation d’un véhicule pour que soit logée cette monnaie en propre. Outre-Atlantique, malgré le rejet de la Securities and Exchange Commission (SEC) en début d’année de l’agrément de deux ETF (exchange-traded funds) Bitcoin arguant une insuffisance réglementaire, l’annonce le 24 juillet de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission) d’autoriser LedgerX à fournir des services de compensation pour les swaps de devises numériques, fait naître tous les espoirs. Une révolution est-elle en marche ?
S’il existe une économie dont la courbe de Phillips est plus plate que plate, c’est l’Allemagne. Le chômage atteint un record historique (3,8 %), mais la croissance du salaire horaire reste en phase avec la moyenne des dix dernières années. Conclusion : l’inflation sous-jacente est à peine concernée. Pour nombre d’analystes, il faut en chercher la cause dans l’immigration de ces dernières années. Le processus de relocalisation de la production impliquerait-il de délocaliser la main-d’œuvre ?
La collecte record enregistrée sur les OPCI cette année suscite l’intérêt. L’Association française des sociétés de placement immobilier (Aspim) souhaiterait utiliser cette manne pour financer des infrastructures, et pourquoi pas des prisons, a indiqué son président Frédéric Bôl lors d’une table ronde célébrant le 10e anniversaire des OPCI. Alors que l’Etat annonçait en février dernier la construction de 24 nouvelles prisons, l’Aspim pourrait lancer un Organisme de placement en centre d’incarcération. Taux d’occupation garanti.
En manque. Les politiques non conventionnelles des banques centrales, à l’exemple des programmes de rachats de titres émis par les Etats de la zone euro par la Banque centrale européenne (BCE), ont amené les taux d’intérêt à long terme à des niveaux extrêmement bas, note Stéphane Deo, stratégiste à La Banque Postale Asset Management. La dette souveraine totale de la zone euro « défalquée des titres détenus dans le cadre des objectifs de la politique monétaire » donne à voir une nette inflexion à la baisse (voir le graphique). Il y a « pénurie d’actifs sans risque », explique Stéphane Déo, d’autant que « la réglementation contraint les institutions financières à acheter plus de titres obligataires : Bâle 3 pour les établissements bancaires et Solvabilité 2 pour les compagnies d’assurances ». En fin de compte, « l’offre d’actifs sans risque n’est pas suffisante », ajoute l’économiste de LBPAM, pour qui cette situation va « probablement » perdurer. Conséquences à prévoir, « une épargne retraite forcée et peu de rentabilité des banques et donc peu de prêts ». L’économiste Guillermo Tolosa, de l’organisme de recherche Oxford Economics, estime que le raison clé de la faiblesse à l’échelle mondiale des rendements obligataires (note intitulée Bond Investors Unlikely to Fill Official Demand Gap) réside dans le manque d’offre. Même en tenant compte des achats des banques centrales, la croissance de la demande « post-crise » pour des actifs fixed income s’est réduite.
Dix ans après le déclenchement de la crise, les financiers français esquissent un sourire. L’enquête que L’Agefi et KPMG réalisent depuis neuf ans montre que leur humeur se dégrise et que la régulation qui les submerge depuis près d’une décennie trouve enfin grâce à leurs yeux (lire notre rubrique Horizons). Au rebours de l’opinion exprimée l’an dernier encore, ils considèrent à une confortable majorité que la stabilité financière est mieux assurée. Mieux : alors que leurs associations et leurs régulateurs bataillent depuis des mois pour finaliser Bâle 3 à des conditions les moins désavantageuses possibles, les trois quarts des banquiers interrogés se disent demandeurs d’une conclusion des négociations. Si, comme tout porte à le croire, celle-ci survient début décembre, ils s’assurent disposés à appliquer le compromis sans état d’âme.
iM Global Partner, la société de gestion et de distribution de la plateforme d'investissement iM Square, doit annoncer ce 30 novembre le lancement du premier compartiment de sa sicav de droit français iM Global Funds dont elle délègue la gestion à Dolan McEniry, une société de gestion américaine spécialisée dans le crédit US. Baptisé iMDolanMcEniry US Corporate, ce nouveau fonds sera accessible à une clientèle professionnelle européenne.
La CLCV rend publique sa première enquête sur l’assurance vie passant au crible 232 contrats. Suite à cette étude l'association demande aux professionnels de faire preuve d’équité dans l’attribution des rendements et de plus de transparence dans les informations données sur le produit commercialisé aux consommateurs.
L’Ircantec a dynamisé son portefeuille en augmentant la part des actions et celle du crédit, qui pesait respectivement 29% et environ 10% avant ce repositionnement. Cette évolution a été effectuée au détriment de la poche obligations nominale souveraines et assimilés, dont le poids dans l’allocation stratégique est ainsi passée d’environ 40% à 10%. Parallèlement, pour maintenir son approche défensive, l’institution est en train de mettre en place avec Allianz Global Investors une gestion dynamique du risque grâce à un overlay permettant de désensibiliser l’ensemble du portefeuille et de mieux piloter les risques.
Le gendarme financier britannique, la Financial Conduct Authority, a pointé mercredi du doigt quatre gestionnaires d’actifs: Artemis Investment Management, Hargreave Hale, Newton Investment Management et River & Mercantile Asset Management. Elle les soupçonne d’avoir violé les règles de concurrence lors de processus d’introduction en Bourse de certaines sociétés. Selon la FCA, les quatre asset managers auraient partagé en 2014 et 2015 des informations sur les prix qu’ils entendaient soumettre pour acheter des titres lors d’IPO.
Le géant américain de la gestion d’actifs BlackRock a annoncé, ce 28 novembre, la signature d’un accord définitif portant sur l’acquisition de l’activité de gestion d’actifs du groupe mexicain Citibanamex, une filiale de Citigroup. Les deux groupes vont également nouer un accord de distribution permettant à BlackRock de proposer ses fonds aux clients de Citibanamex au Mexique. Le groupe mexicain dispose d’un réseau de 1.500 agences dans le pays, fournissant des services et produits de gestion de patrimoine à plus de 20 millions de clients.Grâce à cette opération, BlackRock va mettre la main sur les 31 milliards de dollars d’actifs sous gestion de Citibanamex, répartis sur des produits obligataires, actions et multi-assets à travers 50 « mutual funds » et gérés essentiellement pour le compte d’une clientèle de particuliers. A l’inverse, l’activité de BlackRock au Mexique est davantage orientée sur la clientèle institutionnelle et les ETF.A l’issue la transaction, l’activité de BlackRock au Mexique totalisera 62 milliards de dollars d’actifs sous gestion, répartis à 49% sur la clientèle « retail » et à 51% sur les institutionnels. Basé à Mexico City, cette activité comptera plus de 150 collaborateurs, 268 ETF et 50 « mutual funds », selon des chiffres à fin septembre 2017.L’opération, dont les détails financiers n’ont pas été dévoilés, devrait être finalisée au cours du deuxième semestre 2018.
Swisscanto, détenu par la Banque cantonale de Zurich (ZKB), a finalisé l’augmentation du capital de son fonds Real Estate Fund Swiss Commercial. Le prestataire de services financiers indique, ce 28 novembre dans un communiqué, avoir placé 716.599 nouvelles parts pour un montant de 75 millions de francs suisses, correspondant à un prix d'émission de 105 francs suisses chacune. Les nouvelles parts donneront droit dès cette année à une rémunération de leurs détenteurs.
Berenberg a recruté Angela Müller-Valkyser en tant que co-responsable de la gestion de fortune en Allemagne à compter du 1er janvier. L’intéressée vient de Deutsche Bank, où elle était dernièrement managing director, responsable des clients stratégiques pour la région Ouest.
La société de gestion londonienne Algebris vient de recruter Abbas Ameli en tant que gérant de portefeuilles. L’intéressé vient d’Amundi où il était également gérant et couvrait la dette et les devises émergentes. Chez Algebris, Abbas Ameli travaillera aux côtés de l’équipe macro dirigée par Alberto Gallo, avec les gérants Aditya Aney et Tao Pan ainsi que l’analyste macro Pablo Morenes.
Le gestionnaire d’actifs britannique M&G Investments a annoncé, hier, la nomination de Michael Stiasny en qualité de gérant du fonds M&G UK Income Distribution à compter du 1er avril 2018. Il remplacera alors Richard Hughes, actuel gérant du fonds, qui prendra sa retraite à la fin du mois de mars 2018. Sans attendre cette échéance, Michael Stiasny est nommé co-gérant adjoint du véhicule. Il continuera d’assurer la gestion du fonds M&G Charifund, dont il s’occupe depuis novembre 2016. Il conserve également sa fonction de gérant adjoint du fonds M&G Recovery.Par ailleurs, Wolfgang Bauer a été nommé gérant du fonds M&G European Inflation Linked Corporate Bond en remplacement de Jim Leaviss. Ce changement sera effectif à compter de janvier 2018. En parallèle, Wolfgang Bauer continuera de travailler aux côtés de Jim Leaviss en tant que cogérant du fonds M&G Absolute Return Bond et en qualité de gérant adjoint des fonds M&G Global Corporate Bond et M&G European Corporate Bond.Malgré ces changements de gérants, « les stratégies d’investissement des deux fonds restent inchangés », précise M&G.
Aberdeen Standard Investments va fermer définitivement le fonds Ignis Absolute Return Government Bond, les actifs ayant chuté en deçà d’un niveau où le fonds est économiquement viable, rapporte Citywire. Le fonds basé au Luxembourg a été absorbé dans Standard Life Investments lorsque la société de gestion a acquis Ignis en mars 2014. Ses encours s’établissaient alors à 4,9 milliards d’euros. Mais une grande partie de l’équipe du fonds est partie pour Old Mutual Global Investors et le produit ne compte désormais plus que 167 millions d’euros.
Polar Capital fermera définitivement son fonds Emerging Markets Growth le mois prochain, après qu’un gros client a décidé de vendre ses parts, rapporte Citywire. Le fonds coté à Londres sera fermé le 27 décembre et les négociations seront immédiatement suspendues. Géré par Ming Kemp et William Calvert, le mandat avait été lancé en novembre 2010 et avait des encours de 72 millions de dollars à fin octobre.
Cavendish Asset Management (Cavendish AM) a recruté Nick Burchett au poste de responsable des actions britanniques, rapporte Investment Week. L’intéressé travaillera aux côtés de Paul Mumford, gérant du fonds TM Cavendish Opportunities (151 millions de livres d’encours). Nick Burchett arrive en provenance d’Investec Wealth & Investment où il a travaillé pendant 30 ans, dernièrement en qualité de « head of dealing ». Nick Burchett et Paul Mumford avaient déjà travaillé ensemble chez Investec.
La France est certainement en avance sur le plan réglementaire avec l’article173-VI de la loi de transition énergétique. Mais les investisseurs institutionnels sont-ils à la hauteur des attentes de cet article innovant, qui sert souvent de référence à l'étranger ? La réponse est mitigée. Les intitulés des deux études présentées ce 28 novembre par Novethic, «173 nuances de reporting», et WWF, «Reporting de l’Article 173-VI : Des épargnants lost in translation!», le soulignent bien, la mise en oeuvre de l’article 173 semble quelque peu laborieuse.Novethic a ainsi analysé les réponses des 100 principaux investisseurs institutionnels français, qui pèsent au total 3.160 milliards d’euros d’actifs, aux exigences de l’article 173, qui crée la première obligation d’information sur la gestion des risques liés au climat, et plus largement sur l’intégration de paramètres environnementaux et sociaux dans leur politique d’investissement. Un constat s’impose : l’article 173 a été très diversement appliqué, voire pas appliqué du tout. Novethic a finalement distingué quatre grands groupes d’institutionnels. Tout d’abord, les acteurs engagés, au nombre de 15 sur 100, qui totalisent tout de même un peu plus de 1.800 milliards d’euros d’actifs et qui ont mis en place des stratégies climat ambitieuses conjuguant le désinvestissement, la mesure d’empreinte carbone et la collecte de données sur les risques climat. Même si elles ont toutes historiquement mis en place des démarches d’intégration ESG, la dynamique n’y est pas la même, avec des approches d’intégration mais aussi de la gestion déléguée. Deuxième groupe, les «pionniers confortés», au nombre de 20, qui sont déjà impliqués dans le chantier sur le climat mais qui ne rendaient pas compte de leur approche. Confortées dans leur choix stratégiques passés, elles saisissent cette opportunité pour présenter publiquement leurs démarches et offrir un retour d’expérience positif. Troisième groupe, les nouveaux entrants avec 34 institutions qui communiquent pour la première fois sur leur politique d’intégration de critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) dans la gestion, ce qui confirme l’effet d’entrainement de l’article 173. Cependant, elles délèguent largement cette démarche ce qui limite l’appropriation stratégique du sujet. Certains justifient les limites de leur engagement par leurs doutes sur les méthodologies disponibles mais n’envisagent pas forcément de travailler à les améliorer.Enfin, le quatrième groupe rassemble les «abonnés absents», au total 31 institutions qui sont restées silencieuses, notamment parce qu’elles ne se sentent pas ciblées explicitement par l’article 173. Il est vrai que le décret d’application limite la mise en oeuvre de l’ensemble des nouvelles exigences aux institutions qui ont plus de 500 millions d’'euros de bilan consolidé. Alors que l’esprit de la loi était bien d'étendre le plus largement possible la prise en compte des risques ESG, et plus particulièrement ceux liés au changement climatique, certains institutionnels non explicitement listés par le décret d’application de l’article 173 se sont estimés exclus du périmètre. Il reste que les deux tiers du panel ont malgré tout fait chacun un pas en avant.Dans ce contexte, Novethic a décliné quelques axes d’amélioration pour les prochains rapports. Du côté des institutionnels, les objectifs doivent être clarifiés. Les investisseurs du panel allouent déjà plus de 15 milliards d’euros à l’économie verte, un volume investi encourageant même si les besoins restent bien supérieurs. Pour que le rôle d’accélérateur de la transition vers une économie bas carbone soit tangible, ils doivent mieux définir leurs objectifs climat. Les stratégies pour les atteindre doivent être assorties d’indicateurs clairs, précis et mesurables. Par ailleurs, la construction des méthodologies nécessite une plus grande implication des investisseurs Faire progresser les métriques d’impact à l’échelle des portefeuilles, pousser les émetteurs - les entreprises - à communiquer des données de qualité, ne peut se faire sans un travail conjoint entre investisseurs et experts. Seul un travail coordonné offre la possibilité de piloter les investissements selon des scenarios environnementaux et sociaux robustes et de long terme. Du côté des régulateurs, la dynamique doit être relancée. Si l’impact immédiat de l’article 173 est indéniable, le maintien de la dynamique de Place nécessite d’aller plus loin. Il faudrait dans l’immédiat préciser le périmètre d’application, puis définir un cadre méthodologique accompagné d’indicateurs de référence. Ces derniers sont indispensables pour mesurer les progrès et comparer les différentes stratégies. En outre, le rôle des investisseurs institutionnels est, il est vrai, central dans le financement effectif de la transition vers une économie bas carbone et inclusive. Mais le faible pourcentage de leurs investissements verts (et sociaux ?) montre qu’il faut leur adresser des messages plus clairs sur les opportunités qui s’offrent à eux. Cela dit, les institutionnels doivent également progresser sur un autre tableau, celui de l’information aux épargnants. Le WWF France s’est plus particulièrement intéressé à la mise en oeuvre de l’"article 173 par 16 des principaux assureurs français. Là aussi, un constat s’impose : aucun assureur n’a proposé une information facilement compréhensible et accessible aux souscripteurs. Par ailleurs, le contenu des publications est très variable : si le WWF se réjouit de quelques initiatives intéressantes et encourageantes, il déplore que les informations soient impossibles à comparer d’un assureur à l’autre.Un sondage de l’Ifop réalisé pour le WWF France confirme ces constats. En effet, 57% des Français se déclarent favorables à ce que leur épargne contribue à lutter contre le changement climatique mais 89% d’entre eux estiment que leur banque ou leur assurance les informe peu ou pas du tout sur l’impact de leur épargne sur le changement climatique. Les informations mises à disposition des souscripteurs ne sont de toute façon pas encore adaptées. Le WWF France a toutefois constaté que certains assureurs ont fourni un effort notable. AG2R La Mondiale, par exemple, a caculé l'écart entre son portefeuille d’investissements actuel et un scénario d’investissements aligné avec les objectifs de l’Accord de Paris. Cette démarche très concrète montre qu’il y a 1,5 degré d'écart entre leur portefeuille actuel et celui qu’ils devraient avoir pour être conforme aux objectifs climat. De son côté, Axa a anticipé, dès cette année, les exigences de la Taskforce on Climate-related Financial Disclosures (TCFD) mandatée par le G20. Cette initiative propose un référentiel international commun pour que chaque entreprise puisse analyser les risques financiers résultant des déréglementations climatiques. Enfin, CNP Assurances a développé une méthodologie d’analyse qui compare son positionnement par rapport à un scénario de référence à 2 degrés et l’utilise comme fil conducteur dans son rapport. Malheureusement, aucune entreprise n’a communiqué clairement sur les décisions prises sur la base des ces analyses afin d’aligner leur portefeuille d’investissements avec le scénario 2 degrés de l’Accord de Paris, ce qui reste l’objectif final. Les assureurs n’ayant peut-être pas encore bien saisi les enjeux de la loi de transition énergétique, le WWF France propose, lui aussi, quelques pistes d’amélioration. De son point de vue, trois enjeux sont essentiels pour que les assureurs puissent progresser dans la mise en oeuvre de l’article 173. Tout d’abord, informer les épargnants avec une communication adaptée, c’est-à-dire accessible et compréhensible par tous. Ensuite, entamer un travail collectif au niveau de la profession pour rendre les méthodes, les indicateurs et les résultats comparables et pertinents. Enfin, s’inscrire dans la tendance internationale en mettant en oeuvre dès à présent les recommandations de la TCFD qui constituent un référentiel commun et sont une première étape pour analyser les risques."Le WWF France attend que les assureurs français, et l’ensemble des investisseurs institutionnels informent clairement les Français de la manière dont leur épargne affecte le climat. L’article 173 est une formidable opportunité, à la fois pour lesépargnants de savoir s’ils financent un monde soutenable ou le réchauffement de la planète, mais aussi pour les investisseurs institutionnels afin de se doter de meilleurs outils et d’une meilleure visibilité pour agir face face au risque climatique», a souligné Pascal Canfin, directeur général de WWF France. A quelques encablures du sommet climat, organisé le 12 décembre à Paris, Novethic et le WWF France viennent ainsi opportunément rappeler à toutes les parties prenantes qu’elles doivent poursuivre leurs efforts pour renforcer le leadership pris par la France depuis l’Accord de Paris, il y a deux ans. Et, selon Pascal Canfin, le sommet sera très riche en annonces... On reste sur sa faim.