« L’allocation d’actifs la plus robuste est élaborée dans différentes configurations de marché et scénarii de stress sur la base d'étude ALM, explique Catherine Vialonga. Celle-ci tient compte également de nos contraintes réglementaires.» Définie par l'équipe de spécialistes de l’ALM, l’allocation stratégique d’actifs est revue chaque année. Des comités internes se réunissent toutes les deux trois semaines afin de décliner le timing, les niveaux d’entrée sur les marchés et les montants d’investissements à l’intérieur des enveloppes allouées aux différentes classes d’actifs. Fin 2013, le portefeuille d’actifs de l’ERAFP était composé à 74,5% d’obligations, 25% d’actions et 0,5% d’immobilier. Quant à la gestion financière, elle est assurée par Catherine Vialonga et son équipe dédiée qui se chargent de la gestion d’actifs en direct, ainsi que la sélection et du suivi des sociétés de gestion auxquelles l’ERAPF délègue la gestion de certains de ses actifs. « La sélection des gérants pour toute nouvelle classe d’actifs et pour le renouvellement de celles déjà intégrées dans le portefeuille se fait au travers d’appels d’offres publics, ajoute Thibaud Sybillin, responsable de la sélection des fonds. Cependant, la diversification semble être le maître mot pour Catherine Vialonga. « La stratégie actuelle consiste à construire une allocation d’actifs diversifiée brique par brique et ensuite de privilégier l’un ou l’autre en fonction des vues de marché et des opportunités identifiées », indique-t-elle. Un processus de sélection assez long Le processus de sélection prend en règle générale plus d’un an, entre l’appel à candidatures et l’attribution du mandat. « L’analyse (des questionnaires envoyés aux candidats) peut être relativement longue. Nous pouvons recevoir une trentaine de candidatures », souligne Thibaud Sybillin. Arrive ensuite une deuxième phase de sélection où l'équipe de gestion financière analyse le processus de gestion des candidats, l'équipe de gestion, le dispositif de contrôle des risques, l’organisation opérationnelle et les frais de gestion. C’est enfin à la commission d’appel d’offres de prendre la décision finale. Au-delà de ça, l'équipe de gestion est également chargée du suivi des performances des gestions déléguées et du contrôle du respect du mandat, notamment en ce qui concerne le caractère ISR de l’investissement. L’ISR pour impératif « L’ISR est dans l’ADN du régime », résume Catherine Vialonga. Après avoir créé une charte en 2006, l’ERAFP établit un référentiel en 2007 définissant le mode opératoire ISR pour chaque classe d’actifs. « Nous ne voulons pas exclure totalement un secteur de nos investissements, d’abord pour une question de construction de portefeuille, ensuite parce que nous voulons encourager tous les pans de l'économie à améliorer leurs pratiques en investissant dedans », souligne Olivier Bonnet, responsable de la stratégie ISR. Cette approche best in class prend tous son sens notamment en immobilier. Néanmoins, Catherine Vialonga admet ne pas disposer d’une flexibilité suffisante dans ses choix d’allocation. En effet, la réglementation lui impose d’investir au moins 65% en obligations souveraines et assimilées, mais surtout de ne pas dépasser 25% du portefeuille en actifs de diversification, à savoir les actions, les fonds de private equity ou les infrastructures. L'établissement ne peut également pas investir en direct dans des fonds de prêt à l'économie ou des produits dérivés, ce que regrette Catherine Vialonga. « Compte tenu de nos cash flows nets positifs et de notre passif, nous devrions avoir plus de plus d’actifs de diversification et notamment des actifs permettant de capturer une prime d’illiquidité. Un positionnement d’autant plus justifié que le régime est en phase de montée en charge, explique-t-elle. Afin de palier à ce problème, elle souhaite une évolution dans la réglementation. « Outre la possibilité d’inclure plus d’actifs de diversification, celle d’investir dans des fonds ouverts ou d’investir en direct dans des obligations crédit, et pas uniquement dans des mandats, nous permettrait aussi d'être plus réactifs », juge-t-elle. L’ERAFP peut en effet passer à côté d’opportunités présentes sur le marché, notamment à cause de la longueur du processus d’appels d’offres.