A l’heure du Brexit, l’intégration européenne est plus que jamais une priorité pour l’Union européenne. «La plus mauvaise attitude serait de continuer comme si de rien n'était», a souligné le 6 juillet Yves Perrier, directeur général d’Amundi et président de l’Association française de la gestion financière (AFG) à l’occasion d’une table ronde organisée dans le cadre des Rencontres de Paris Europlace."L’union des marchés de capitaux (CMU) reste une priorité de la Commission européenne avec des objectifs qui sont encore plus importants et urgents pour la zone euro», a pour sa part insisté Martin Merlin, de la Commission européenne. Parmi ces objectifs, le responsable de la Commission européenne a évoqué le «package» sur la titrisation, qui a pris du retard mais qui pourrait aboutir avant la fin de l’année. «Le Parlement européen travaille sur le projet de la Commission. Mais je suis confiant et nous pourrions aboutir vers la fin de l’année», a indiqué Martin Merlin. Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, a de son côté insisté sur la nécessité de mettre en place un véritable marché européen du capital risque, encore beaucoup trop fragmenté et dont les acteurs sont encore trop modestes par rapport aux géants américains. Martin Merlin a rappelé à ce sujet que la Commission souhaitait relancer ce marché avec de nouvelles propositions pour mettre en place des fonds de venture capital européens, tout en étudiant parallèlement la possibilité de créer des fonds de fonds de capital risque. Nicolas Dufourcq a en outre déploré la pénurie d’analystes qui pourraient accompagner l’essor des jeunes sociétés innovantes, souvent tentées d’aller se faire coter au Nasdaq. Yves Perrier a relevé l’importance de mettre la CMU au service de la croissance. «Il faut articuler la CMU avec les principaux enjeux que nous avons en Europe. Et le principal enjeu, c’est la croissance», a-t-il insisté. Dans cette perspective, il conviendrait de mieux recycler les excédents européens dans de véritables fonds paneuropéens. Plusieurs participants ont d’ailleurs manifesté leur agacement, pour ne pas dire leur hostilité, aux derniers projets du Comité de Bâle qui pourraient entraîner pour les banques une augmentation des exigences en fonds propres, et donc réduire leur capacité à financer l'économie. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a d’ailleurs renouvelé son appel à une révision des propositions du comité de Bâle.Invité de marque du forum organisé par Paris Europlace, Manuel Valls a annoncé des mesures pour rendre la place de Paris plus attractive. Le Premier ministre a notamment marqué sa volonté de favoriser l’accueil des «talents étrangers» et aussi des «talents français qui souhaitent revenir» avec l’introduction d’un régime fiscal plus favorable. Outre la réduction du taux de l’impôt sur les sociétés, progressivement ramené à 28%, contre 33,33 % actuellement, en application du «pacte de responsabilité», Manuel Valls a également évoqué un éventuel allègement temporaire de la fiscalité locale sur les entreprises et les bureaux.