À l’instar de l’esprit qui a présidé à la rédaction du décret d’application de l’article 173 alinéa VI de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (TECV), le FIR souhaite que le décret afférent à l’alinéa IV ait « de véritables ambitions sur le Scope III », c’est à dire les émissions indirectes de gaz à effet de serre, tout en offrant « une certaine souplesse » aux personnes morales concernées. « Nous recommandons ainsi que soient prises en compte les émissions significatives de GES (gaz à effet de serre) directes et indirectes dont celles liées aux produits et services vendus. La significativité de ces émissions doit s’appuyer sur des guides sectoriels », indique le Forum pour l’investissement responsable dans une prise de position publiée mercredi alors que le décret d’application de l’article 173-IV est en cours de finalisation.« Évaluer les émissions du scope III permet de donner une information plus complète aux investisseurs responsables afin qu’ils puissent se fixer des objectifs en accord avec leur politique d’investissement : impact sociétal, exposition au risque carbone, recherche d’opportunités, d’entreprises disposant de produits et services qui répondent aux enjeux climatiques. A cet égard, l’information sur les émissions évités grâce aux produits et services est également une information qui peut être déterminante pour la décision d’investissement », explique le FIR. « Ces informations sont donc essentielles pour les investisseurs qui souhaitent pouvoir analyser avec pertinence les émetteurs et doivent eux-mêmes remplir les obligations de l’article 173 alinéa VI », ajoute l’association. « Le reporting sur les émissions de scope I et II étant compris dans la réglementation, il est aujourd’hui fait de manière plutôt exhaustive et les investisseurs ont en général une information suffisante dans ce domaine. Ils n’ont cependant à ce jour pas systématiquement (voire seulement rarement) assez d’informations sur les émissions de scope III des entreprises. Dans certains secteurs pourtant, ces émissions représentent parfois la majorité des émissions de GES de l’entreprise (le secteur financier, les industries manufacturières, etc.), bien au-dessus des émissions des scopes I et II. Les émissions de scope III peuvent être particulièrement importantes, lorsque les entreprises ont des activités des produits ou des services carbo-intensifs », explique le FIR.L’article 75 de la loi Grenelle II (loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant sur l’engagement national pour l’environnement) oblige les entreprises de plus 500 salariés à réaliser un bilan des émissions de gaz à effet de serre (GES), rappelle le FIR dans sa position. Le Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer propose pour ce faire une méthode pour la réalisation des bilans d’émissions de gaz à effet de serre dont la dernière version 3.d date de septembre 2015. La partie 7 de ce guide, nommée Postes d’émissions / périmètre opérationnels distingue les trois catégories d’émissions : Scope I : Les émissions directes, produites par les sources, fixes et mobiles, nécessaires aux activités de la personne morale ; Scope II : Les émissions indirectes associées à la consommation d’électricité, de chaleur ou de vapeur nécessaires aux activités de la personne morale ; Scope III : Les autres émissions indirectement produites par les activités de la personne morale (amont, aval).