François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France qui s’exprimait, lundi 30 mai, dans le cadre du Comité Place de Paris 2020 sur la finance au service de l’économie est revenu sur la réforme du marché des titres de créances négociables. François Villeroy de Galhau en a rappelé la vocation : encourager le financement de l’économie réelle et une meilleure intégration des marchés en Europe, et mettre le marché au service d’un plus grand nombre d’acteurs en France et à l’étranger, ainsi qu’au service des entreprises de taille intermédiaire. Dans le détail, pour les acteurs de marché, la réforme crée de nouvelles classes d’actifs aux règles de fonctionnement bien alignées sur les standards internationaux, avec une base d’investisseurs et d'émetteurs large et des conditions de liquidité attractives. Dans les grandes lignes, cette réforme se traduit par plusieurs avancées :- Une plus grande lisibilité au travers de la fusion des titres de créances négociables d’une maturité inférieure à un an (anciens certificats de dépôts émis par les établissements de crédit, et anciens billets de trésorerie émis par les émetteurs non financiers) réunis sous la dénomination de « titres négociables à court terme » ;- Une nouvelle appellation commerciale de ces titres, qui vient d’être annoncée par le Ministre des Finances, et a été choisie par la Place (« Negotiable European Commercial Paper ») afin d’exprimer directement la nature de l’instrument, sa maturité et la présence d’intervenants européens ;- L’alignement de la dénomination juridique des titres d’une maturité supérieure à un an : titres négociables à moyen terme (anciennement « bons à moyen terme négociables »).Par ailleurs, dans son discours, François Villeroy de Galhau a insisté sur le fait que pour favoriser une plus grande accessibilité, la documentation financière pourra être rédigée dans une langue usuelle en matière financière, autre que le français, sans obligation de produire un résumé en français ; Ensuite, une ouverture aux émetteurs internationaux appuyée sur un cadre élargi sur un plan comptable ( avec la reconnaissance des normes comptables locales des pays de l’Espace économique européen, ainsi que pour les émetteurs de pays-tiers des normes comptables et de contrôle légal des comptes reconnues par la Commission européenne comme équivalentes aux standards européens) ;Toujours afin de donner une meilleure accessibilité, le choix pour la notation éventuelle des programmes d’émission sera élargi à toutes les agences enregistrées auprès de l’Autorité Européenne des Marchés Financiers (ESMA).Enfin, la simplicité est également au programme avec, en matière de textes réglementaires, un arrêté, au lieu de quatre précédemment, pris après avis de la Banque centrale européenne du 30 mars 2016 ; et des processus de post-marché grâce en particulier à l’allocation en temps réel des codes ISIN des titres souhaitée par les investisseurs internationaux pour sécuriser leurs transactions.