La Société Générale pourrait être privée de sa demande de 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts en compensation du préjudice subi en 2008. Dans le cadre de l’audience consacrée au volet civil de l’affaire, l’avocat général a demandé vendredi à la cour d’appel de Versailles de rejeter la requête de la banque, indique L’Agefi ce lundi 20 juin. Sans innocenter l’ancien trader, Jean-Marie d’Huy a en effet estimé que «la Société Générale a laissé [...] le champ libre aux volontés délictuelles de Jérôme Kerviel», ajoutant que la banque avait «accepté dans le temps et la continuité, et quel qu’en soit le prix, les risques d’un sinistre qui ne peut s’expliquer que par un relâchement volontaire des règles [...] et la recherche d’un profit à court terme». Très rapidement, vendredi soir, la Société Générale a réagi. «Nous sommes surpris par les réquisitions de l’avocat général qui ne reflètent ni les trois jours d’audience ni les précédentes procédures devant le tribunal correctionnel et la Cour d’appel», indique-t-elle. «Nous avons toujours reconnu les faiblesses et négligences de nos systèmes de contrôle, et les avons d’ailleurs corrigées, mais ce sont les agissements frauduleux de Jérôme Kerviel qui les ont mis en échec», ajoute la banque. A l’occasion de ses observations, l’avocat général confirme la culpabilité pénale de Jérôme Kerviel et le montant de la perte et rejette la thèse de la défense qui prétendait que la banque avait connaissance des prises de risque de Jérôme Kerviel. L’avocat général écarte donc toute complicité de la Banque, insiste la Société Générale qui «attend avec sérénité son arrêt». A ce titre, l’arrêt de la cour d’appel - attendu le 23 septembre - pourrait avoir de lourdes conséquences financières pour la banque, Bercy qui avait consenti une déduction fiscale de 2,2 milliards d’euros dans le cadre de l’affaire en 2008 pourrait revoir sa position, rappelle L’Agefi. Mais pour l’avocat de la Société Générale Jean Veil, c’est Jérôme Kerviel qui porte la responsabilité du manque-à-gagner fiscal pour l’Etat. «S’il n’y avait pas eu de perte, nous n’aurions pas eu à demander un crédit d’impôt», a-t-il avancé.