C’est précisément l’une des raisons d'être de l’Union des Marchés de Capitaux, la CMU. Le modèle actuel de financement des entreprises en Europe doit être amélioré. Et il pourrait en effet être amélioré, estime ICI Global, la branche internationale de l’association américaine de la gestion Investment Company Institute (ICI). Une analyse par ICI Global des nouvelles données disponibles indique que le rééquilibrage du financement des entreprises en zone euro vers les marchés de capitaux (y inclus les actions cotées et les obligations) serait bénéfique pour l'économie et les investisseurs. Cette analyse est basée sur des données du Federal Reserve Board, d’Eurostat, de la Banque du Japon, de la World Federation of Exchanges, et d’autres sources. Aujourd’hui, en Europe, le financement par le crédit bancaire représente 47% de la masse d’actifs de financement, relève notamment l’analyse. Cette tendance se reflète également en France avec un chiffre de 41%. Le financement via les marchés de capitaux seulement s’établit à un niveau légèrement supérieur aux sources bancaires à 52% (actions et obligations). Toutefois, ce niveau reste bien inférieur à ce qu’il est aux États-Unis, où la proportion entre le crédit bancaire (23%) et le financement via les marchés (73%) est bien différente."Le poids plus important du financement des entreprises par les marchés de capitaux aux États-Unis est l’un des moteurs clés de l’économie américaine, contribuant à rendre le système plus flexible et plus stable grâce à une meilleure distribution des risques», a récemment déclaré Patrice Bergé-Vincent, directeur général, Europe d’ICI Global, de passage à Paris. « L’Europe n’a pas encore la même répartition des sources de financement. La proportion actuelle entre le financement par les marchés et par le crédit bancaire en Europe obère la croissance, la création d’emplois et la stabilité de notre économie. «En outre, l’analyse d’ICI Global indique que les investisseurs particuliers jouent un rôle bien plus important de fournisseurs de capitaux à long-terme dans l’économie américaine. Aux Etats-Unis, les ménages détiennent près d’un quart (22%) de l’ensemble de leurs actifs financiers dans des fonds d’investissement. Ils n’en investissent que 14% en dépôts bancaires. En contraste, les ménages européens investissent seulement 7% de leurs actifs via des fonds d’investissement à long-terme (12% en France). Les Européens placent près d’un tiers de leurs actifs en dépôts bancaires (28% en France comparé à 31% en Europe)."Les pays dans le monde s’efforcent d’accroître et d’approfondir le financement par les marchés de leur économie», souligne Patrice Bergé-Vincent. " Un exemple est le Japon, où les épargnants sont très dépendants des banques - 52% des actifs des ménages sont détenus en dépôts bancaires. Le Japon est en train de déployer un plan de relance économique destiné à encourager la redirection de cette épargne en dépôts bancaires vers les marchés de capitaux pour développer une plus grande participation des investisseurs particuliers. ""Les autorités de l’Union européenne ont, à juste titre, reconnu le potentiel important pour plus de financement de l'économie par les actions et les titres de dettes pour nourrir l'économie de la zone euro., La surreprésentation actuelle du crédit bancaire en Europe freine le niveau d’investissements en infrastructure et de financements à destination des PME. Les données collectées de par le monde montrent clairement comment plus de financement par les marchés de capitaux aboutit à des marchés financiers plus profonds et utilisés par les investisseurs particuliers qui ont traditionnellement des horizons de placement à long-terme», remarque Patrice Bergé-Vincent. «C’est l’une des raisons pour lesquelles l’Union des Marchés de Capitaux (CMU) est si importante. Un de ses objectifs est de créer un cadre pour augmenter la masse d’actifs des particuliers investis dans des fonds d’investissement à long terme. Cela va dynamiser l’économie européenne tout en apportant une plus grande stabilité économique à l’Europe et aux citoyens européens épargnant avec des objectifs financiers tel que se préparer une retraite», conclut-il.