Dans une interview accordée au quotidien Les Echos, Robert Ophèle, le nouveau président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), dévoile ses chantiers prioritaires pour son mandat de 5 ans. A ses yeux, « le chantier le plus urgent est celui du renforcement de nos systèmes d’information ». « Avec la mise en application des réglementations MIFID II et Emir, l’AMF doit être capable de traiter tous les reportings exigés auprès des acteurs de marché, ajoute-t-il. Nous devons aussi être au niveau en matière d’informations sur le secteur de la gestion, où notre base de données va représenter un véritable outil de place ». En outre, il insiste sur « l’analyse du risque lié à la cybercriminalité ». Selon Robert Ophèle, « le rôle de l’AMF est de mesurer l’impact éventuel d’une attaque sur notre système financier et de tester sa solidité. C’est une mission capitale. »Par ailleurs, à l’instar de son prédécesseur, Gérard Rameix, le nouveau patron de l’AMF insiste sur la nécessité de renforcer les moyens humains de l’institution. « La supersivion/régulation financière mobilise 1.500 personnes en France (un peu moins de 500 à l’AMF et un peu plus de 1.000 à l’ACPR) quand elle en emploie 4.500 au Royaume-Uni ou environ 3.000 en Allemagne, énumère-t-il. Même si nos marchés diffèrent, nos moyens sont inférieurs à ceux de nos voisins qui, d’ailleurs, augmentent leurs effectifs. » Au regard de la multiplication et de la complexité des réglementations, il estime donc que « ce n’est pas le moment de baisser la garde ».Enfin, interrogé sur le Brexit, Robert Ophèle estime que « Paris n’est pas mal placé pour attirer les équipes opérationnelles ». « Au-delà d’un certain nombre d’annonces, on voit que la réflexion des banques porte aujourd’hui sur la localisation de leur siège social, mais également sur la localisation de leurs activités ; les deux peuvent être différentes », souligne-t-il.