Au Royaume-Uni, la chute de London Capital & Finance (LCF) soulève de nombreuses questions. Cette société d’investissement britannique, créée en 2012 et agréée par la Financial Conduct Authority (FCA), qui commercialisait notamment des «mini bonds», a fait faillite fin janvier lésant au passage 11.500 personnes qui avaient investi près de 236 millions de livres (273 millions d’euros), selon le Financial Times. L’entreprise utilisait son agrément de la FCA pour vendre des produits d’investissement non régulés à des particuliers, notamment des fonds obligataires pour PME baptisés «mini-bonds», en leur promettant des rendements rapides de l’ordre de 8%. Pire, London Capital & Finance avait assuré à ses clients que leur investissement était placé dans un compte épargne individuel dont les intérêts étaient défiscalisés alors que les «mini-bonds» sont imposables et non garantis par le mécanisme de compensation britannique en cas de défaut de paiement. En théorie, une centaine de PME devaient être financées par ces «mini-bonds» afin de diluer le risque de défaut. En réalité, les fonds n’ont bénéficié qu’à une douzaine d’entreprises très fragiles, rapporte la BBC. L’entreprise Smith & Williamson qui administre LCF depuis sa liquidation judiciaire a aussi révélé qu’une large partie des fonds collectés par les «mini-bonds» se sont retrouvés dans la poche de quelques individus connectés entre eux. LCF a aussi payé une société de marketing 60 millions de livres pour promouvoir les faux comptes épargne défiscalisés. Une enquête criminelle a été ouverte par le Bureau de répression des fraudes britannique (SFO) qui a abouti à quatre arrestations dont Andy Thomson, le directeur général de LCF. Si la FCA a gelé les comptes de LCF en janvier, entraînant son effondrement, plusieurs parlementaires ont mis en cause le temps de réaction du régulateur. Le ministère des finances publiques a ainsi ordonné à la FCA d’ouvrir une enquête interne menée par un cabinet d’audit indépendant, pour déterminer si le système de régulation actuel «protège de manière adéquate les détenteurs de ‘mini-bonds’». L’enquête devra aussi examiner la surveillance dont LCF a fait l’objet, la possibilité de réguler les «mini-bonds» et le problème des entreprises agréées par la FCA commercialisant des produits non régulés. Dans ce cas précis, les particuliers ne pourront récupérer, dans le meilleur des cas, que 20% de leur placement.