L’initiative Minder, contre les rémunérations excessives des dirigeants, a nettement amélioré la situation dans ce domaine, selon Vincent Kaufmann, le patron de la fondation Ethos.«Grâce à l’initiative Minder (...), nous ne connaissons plus les rémunérations pharaoniques d’avant la crise financière. Les actionnaires peuvent désormais sanctionner les excès même si nous restons sur des niveaux élevés», commente le patron d’Ethos dans les colonnes de L’Agefi suisse. Vincent Kaufmann note égalementune claire amélioration sur le front du dialogue avec les sociétés cotées. «Les entreprises sont beaucoup plus ouvertes au dialogue avec les actionnaires sur les questions de droits humains, d’environnement ou de gouvernance que par le passé. Quand j’ai commencé en tant qu’analyste en 2003, certaines d’entre elles nous disaient que si nous n’étions pas contents, nous n’avions qu’à vendre nos titres.» Les investisseurs helvétiques sont aussi plus sensibles à ces thématiques. «Aujourd’hui, ils ne peuvent plus dire qu’ils ne s’en préoccupent pas. Au lancement d’Ethos en 1997, les fondateurs devaient au contraire faire preuve d’une grande force de conviction», déclare le responsable. Ethos a, d’ailleurs, bon espoir que les investisseurs suisses suivent sa recommandation de rejeter le rapport de rémunération de Credit Suisse, à l’occasion de l’assemblée générale du 26 avril. La fondation conseille aussi de s’opposer au rapport de rémunération d’UBS. Elle préconise que la part variable du salaire des dirigeants n’excède pas trois fois leur salaire de base. Et cela uniquement lorsque la performance du groupe est excellente. Or pour Sergio Ermotti, le patron d’UBS, cette part se monte à 4,5 fois, alors que le rendement de l’action de la banque est inférieur à celui de ses concurrentes. C’est sur cette base de la règle des trois fois qu’Ethos a aussi rejeté les rapports de Nestlé et de Roche, par exemple.