Nicola Mai, qui dirige la recherche de Pimco sur le crédit souverain européen,a développé les perspectives macro-économiques du gestionnaire californien pour 2020, lors d’un briefing presse jeudi 30 janvier à Paris. Selon la firme, le risque de récession économique internationale a chuté grâce à l’action des banques centrales qui ontfacilité les conditions de marché avec leurs taux bas et en faisant tourner la planche à billets. Néanmoins, l’environnement de taux bas persistant pourrait engendrer quelques problèmes sur le moyen-long terme, dont des bulles de marché ou une hausse de l’inflation. Aussi NicolaMai a-t-il averti que lesboites à outils des banques centrales des marchés développés commençaient sérieusement à se vider, en particulier celles de la BCE, de la Banque d’Angleterre et de la Banque du Japon, et qu’ilrestait peu de marge de manœuvre à celles-ci pour opérer de futures baisses de taux. L’analyste crédit souverain européen de Pimco a également déclaré que les investisseurs devaient s’attendre à une croissance ralentie sur plusieurs années étant donné que les marchés développés s’approchent de leur potentiel de croissance maximum et que l’humanité va bientôt atteindre la barrière technologique. La croissance devrait ainsi baisser aux Etats-Unis (1.5-2%), au Royaume-Uni (0.75-1.25%), dans la zone euro(0.75-1.25%), au Japon(0.25-0.75%) et en Chine(5-6%), selon les prévisions de Pimco. Les tensions géopolitiques et les tendances protectionnistes forment deux autres risques qui continueront de peser sur les marchés à court terme d’aprèsNicola Mai. A propos du marché du crédit, Nicola Mai a souligné la prudence de Pimco sur ce segment. Quelques fissures pourraient bien accélérer la survenued’une récession. L’inquiétude se porte entre autressur le marché investment grade qui a plus que doublé en taille depuis décembre 2008(de 2.500Md$à 6.900Md$) et sur le risque de levier dusegment qui a été multiplié par 0,9 sur la période 2008-2019. A cela s’ajoute la hausse du risque crédit, notamment sur lesobligations BBB, univers dont la taillereprésentait fin 2019 deux fois celle du marché high yield(contre une fois en 2008). Enfin, Nicola Mai s’estexprimé sur les développements liés au coronavirus. L’impact ducoronavirus2019-nCoV sur les marchés ne devrait pas durer plus de deux trimestres, a-t-il dit."Lors de l'épidémie du coronavirusSARS en 2003 (qui a infecté 8.098 personnes et en a tué 774), les marchés avaient été impactés durant deux trimestres avant de se détendre les trimestres suivants. Cependant, le coronavirus2019-nCoV se propage plus vite que son prédécesseur avec un taux de mortalité moindre mais l'économie chinoise n’est plus la même qu’en 2003 et est bien plus large aujourd’hui. Donc nous allons continuer de scruter les développements liés au coronavirus,» acommenté Nicolas Mai.