Quand ils investissent, les acteurs financiers doivent tenir compte des risques liés au climat: la loi actuelle le leur impose déjà. Telle est la conclusion d’un avis de droitmandaté par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). «Ces risques doivent être pris en considération comme d’autres, s’ils sont jugés importants, pertinents», précise Silvia Ruprecht-Martignoli, responsable du projet climat et marchés financiers à l’OFEV. «Cette obligation s’applique également au devoirdediligence fiduciaire des caisses de pension», selon Sandro Leuenberger de l’Alliance climatique, qui a porté à la connaissance du Temps le document daté de la fin d’octobre. Autrement dit, l’obligation de servir les intérêts des assurés, prévue dans le droit suisse, qui stipule que les institutions de prévoyance doivent gérer leur fortune de manière à garantir la sécurité des placements, un rendement raisonnable et une répartition appropriée des risques. La prise en compte des risques climatiques n’est toutefois qu’implicitement requise, précise Silvia Ruprecht-Martignoli. Contrairement à la réglementation européenne, qui impose des obligations d’informations explicites concernant les risques climatiques pour différents acteurs du marché financier. L’avis de droit ouvre cependant la voie à une révision de la législation pour y inscrire explicitement la prise en compte du facteur climat. Début décembre, le Conseil fédéral a chargé le Département fédéral des finances (DFF), en étroite collaboration avec l’OFEV, d’examiner s’il est nécessaire de prendre des mesures réglementaires en matière de transparence et d’analyse de risques. Berne décidera au printemps d’une éventuelle révision de la législation.