INQUIÉTUDES Alors que le S&P 500 a touché fin novembre un nouveau plus-haut historique, les experts de la firme Oxford Analytics s’inquiètent de la surévaluation des actifs par rapport aux fondamentaux. Fondés sur la valorisation de trois classes d’actifs (actions, obligations, prix immobiliers) par rapport aux fondamentaux économiques (croissance, inflation, démographie), leurs calculs pointent ainsi une surévaluation de l’ordre de 10 %. Problème, ce niveau s’approche ou dépasse ceux atteints au début des années 1990 et 2000, puis en 2007, « avec un pic un à deux ans avant chacun de ces trois ralentissements économiques ». Premier de cordée, le marché actions américain afficherait un niveau supérieur de 35 % à sa fair value selon leur modèle.
C’est en milliards d’euros la barre que le marché obligataire vert devrait franchir d’ici la fin de 2020 selon les experts du gestionnaire d’actifs NN IP. En plein essor, le marché des obligations vertes sera comme cette année soutenu par une augmentation significative des émissions d’entreprises, notamment industrielles et technologiques, tandis que plusieurs pays lanceront leur programme l’an prochain. C’est notamment le cas de l’Italie,de la Suède et de l’Allemagne, qui émettra un premier green bond de 10 milliards d’euros. Le marché des green bonds, qui a été animé cette année par la France, devrait franchir ce mois-ci le cap des 500 milliards d’euros d’encours.
L’Agence France Trésor (AFT) émettra bien, comme annoncé en septembre, 205 milliards d’euros de dettes nettes des rachats en 2020. Objectif : couvrir, avec une hausse des emprunts de court terme de 10 milliards et les autres ressources courantes (15,8 milliards en incluant l’augmentation des dépôts des correspondants du Trésor et les abondements du Fonds pour l’innovation pour 6,4 milliards), les 230,8 milliards à financer. Cette somme regroupe un déficit budgétaire prévisionnel de 93,4 milliards, le remboursement de 136,4 milliards de dettes à moyen-long terme venant à échéance en 2020 (compte tenu des rachats effectués en 2019), d’autres besoins spécifiques comme l’impact de la reprise partielle de la dette de SNCF Réseau (1,8 milliard sur les amortissements de dette intervenant en 2020).
Chaque jeudi, Instit Invest publie l'un des dossiers de participation aux Couronnes 2019 qui auront lieu ce 5 décembre. Cette semaine, le groupe PSA présente ses initiatives en matière d'épargne salariale et retraite d’entreprise.
Le rendement de l’emprunt d’Etat français repasse, lundi matin, en territoire positif, dans le sillage des indices PMI en zone euro montrant une stabilisation, à un point bas, du secteur manufacturier, et une reprise surprenante en Chine. Par ailleurs, la victoire du ticket Saskia Esken/Norbert Walter-Borjans à la tête du SPD, les sociaux-démocrates allemand, pourrait remettre en cause la coalition avec la CDU d’Angela Merkel. Ces derniers sont marqués à gauche et pourraient réclamer un aménagement de la règle d’or sur le déficit budgétaire et donc ouvrir la voie à plus de relance.
SEUIL CRITIQUE Le marché des CLO (collateralised loan obligations), qui a doublé depuis 2013 pour atteindre plus de 800 milliards de dollars, intéresse de plus en plus les analystes. Alors que le dernier rapport trimestriel de la Banque des règlements internationaux avait dressé une comparaison entre son essor rapide et celui des CDO (collateralised debt obligations) avant la crise, les experts de Capital Economics estiment que le marché des CLO est « une source de vulnérabilité » pour le secteur financier.
La Chine a placé 6 milliards de dollars d’obligations à 3, 5, 10 et 20 ans ce mardi auprès d’investisseurs asiatiques et européens. Le carnet d’ordres a atteint 24 milliards de dollars, cette forte demande témoignant du regain d’appétit des investisseurs pour le risque.
L’émission obligataire de la Chine en dollars, prévue ce mardi, devrait se faire avec une prime plus élevée que lors des deux précédents placements dans cette devise. Le pays souhaite lever 6 milliards de dollars. Le carnet d’ordres serait déjà de 15 milliards, selon Bloomberg. Il s’agit d’une émission en quatre tranches à 3, 5, 10 et 15 ans.