En procédant récemment au plus grand emprunt vert à l'échelle internationale, le gouvernement français (Aa2, perspective stable), qui fait désormais figure de fer de lance en matière de finance verte, incite d’autres pays à se lancer dans un contexte de forte demande des investisseurs, et contribue à alimenter la liquidité sur le marché du financement vert, estime Moody’s Investors Service dans une nouvelle étude intitulée « Government of France: Sizeable and Long-Dated Green Bonds Improve Market’s Liquidity ». La France a, le 24 janvier 2017, émis une OAT verte pour un montant de 7,5 milliards dont le produit sera affecté à des projets environnementaux visant à lutter contre le changement climatique. Cette émission a rencontré une demande soutenue qui a totalisé 23 milliards d’euros. Elle s’inscrit dans le cadre de la forte montée en puissance des émissions d’obligations vertes, celles-ci ayant atteint un sommet historique de 93,4 milliards de dollars en 2016 - soit une hausse de 120% - contre 42,4 milliards en 2015, évolution à laquelle ont fortement contribué les institutions financières chinoises. « La taille de l'émission et l’importance que revêt la France sur les marchés obligataires internationaux devraient permettre au marché des obligations vertes d’atteindre une taille critique en 2017 » souligne Sarah Carlson, Senior VP chez Moody’s. La Chine, la Suède, le Luxembourg, le Maroc, le Nigeria et le Bangladesh envisageraient également de procéder à des émissions d’obligations vertes. « Au regard du taux de croissance de l’an dernier, le volume des émissions vertes pourrait atteindre 206 milliards de dollars en 2017. On pourrait assister, dans le sillage de la France, au lancement d'émissions vertes à l’initiative d’autres pays, ou voir les initiatives s'étendre à d’autres secteurs », précise Henry Shilling, Senior VP chez Moody’s. La demande a, pour un tiers de l'émission, émané de gestionnaires d’actifs, banques, fonds de pension et sociétés d’assurance contribuant, pour chacun, à hauteur d’un cinquième de l'émission. Les données disponibles révèlent que les investisseurs étaient, pour 95%, européens. D’après les données disponibles sur cette émission, le investisseurs français auraient représenté 37% des investisseurs, suivis par les hollandais (19%) et les britanniques (18%), les 5% restants étant constitués par des investisseurs asiatiques et américains. La demande a été élevée pour cette émission puisqu’elle a totalisé pas moins de 23 milliards d’euros. Moody’s relève que le gouvernement français a, certes, adopté un cadre explicite au regard de la sélection des dépenses vertes éligibles et a démontré par ailleurs son attachement à un degré élevé de transparence du reporting sur l’usage et la performance des fonds, mais s’est montré moins précis quant aux investissements des montants en attente d’affectation. Le montant des dépenses éligibles identifiées pour les émissions 2017 de l'État français est supérieur à 10 milliards d’euros.