La semaine écoulée a confirmé la renaissance d’un géant. Après plusieurs trimestres de décollecte massive, Pimco, la société de gestion américaine du groupe Allianz, a en effet enregistré une collecte nette de 5,9 milliards d’euros au quatrième trimestre, soit un deuxième trimestre consécutif de flux nets positifs. Le gestionnaire d’actifs américain affiche désormais 1.036 milliards d’euros d’actifs sous gestion, en progression de 5% sur un an. De quoi satisfaire pleinement la direction de l’assureur allemand qui estime que « le redressement de Pimco est en bonne voie ».Si Pimco sourit, Credit Suisse, en revanche, fait grise mine. Au cours du quatrième trimestre 2016, le groupe helvétique a en effet subi une décollecte de 6,7 milliards de francs suisses, bien loin donc des 12 milliards de francs de souscriptions nettes engrangées au trimestre précédent. Résultat : la collecte annuelle s’établit à 27,8 milliards de francs suisses, en chute de plus de 40 % d’une année sur l’autre. Le hedge fund américain Och-Ziff n’est guère mieux loti. Sur l’ensemble de l’année 2016, la société de gestion new-yorkaise a accusé 8 milliards de dollars de rachats nets auxquels on peut ajouter 4,8 milliards de dollars de sorties en janvier. Soit près de 13 milliards de dollars partis en fumée en l’espace de 13 mois !Toujours loin de l’Hexagone, la semaine aura également été marquée par une acquisition de taille dans le marché de la gestion d’actifs. Le groupe japonais SoftBank s’est emparé de la société de gestion d’actifs américaine Fortress Investment pour la modique somme de 3,3 milliards de dollars en numéraire. SoftBank fait ainsi main basse sur une société qui pèse 70,1 milliards de dollars d’encours. Et SoftBank devrait encore faire parler lui dans les prochaines semaines ou les prochains mois, le groupe souhaitant lever un total de 100 milliards de dollars pour le SoftBank Vision Fund, un véhicule dédié aux technologies.Enfin, NN Investment Partners (NN IP), la société de gestion du groupe néerlandais NN, vient de tourner une page de son histoire en nommant Satish Bapat au poste de directeur général en lieu et place de Stan Beckers. Après 38 ans de carrière dans l’industrie dont 4 années à la tête de NN IP, ce dernier a en effet décidé de prendre une retraite bien méritée. Stan Beckers, qui siégeait également au conseil d’administration de NN, avait largement contribué à l’introduction en Bourse du groupe en 2014.Le marché français de la gestion n’est pas resté totalement inactif en cette période de vacances scolaires. AG2R La Mondiale, via sa filiale de gestion Agicam, s’est ainsi illustrée en obtenant le label ISR du Ministère des Finances pour trois de ses fonds. Dans un tout autre registre, bien moins réjouissant, Neuflize OBC s’impose un régime drastique. La banque française de gestion collective et privée du groupe néerlandais ABN Amro prépare en effet un plan de sauvegarde de l’emploi qui pourrait se solder par environ 150 suppressions de postes, soit 15 % de l’effectif, voire toucher jusqu'à 300 personnes, soit 30 % des équipes, selon plusieurs sources proches du dossier citées par nos confrères de L’Agefi.Sur le plan réglementaire, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a dévoilé une vaste étude sur le marché français des ETF, se montrant plutôt rassurante sur l’impact de ces produits sur les marchés financiers. Si le régulateur juge limité le risque de liquidité des ETF en France, il entend toutefois rester vigilant à l’égard d’un secteur en plein essor qui a atteint 2.800 milliards d’euros d’encours, soit 7 % des encours de la gestion collective mondiale.Enfin, difficile de clore cette semaine sans évoquer les conclusions de l’enquête de Better Finance qui a passé au crible plus d’un millier de fonds actions. D’après l’association de défense des épargnants et des investisseurs, quelque 80 sociétés de gestion ont ainsi potentiellement vendu des fonds répliquant des indices tout en facturant des frais identiques à ceux de la gestion active. Au total, 165 fonds entrent dans cette catégorie dite « closet indexers ». Parmi les promoteurs de ces fonds soupçonnés d’être faussement actifs, on retrouve de grands noms de la gestion d’actifs mondiale comme Schroders, Fidelity, JPMorgan, Legg Mason, Pictet ou encore Amundi et Natixis !