Le secteur de la gestion d’actifs doit faire évoluer son modèle et sa façon de penser. Tel est en substance le message qu’a voulu passer Saker Nusseibeh, directeur général de Hermes Investment Management, à l’occasion de la conférence institutionnelle de Morningstar («Morningstar Institutional Conference») qui s’est tenue à Amsterdam les 16 et 17 mars. « Les marges nettes de l’industrie de la gestion d’actifs sont en moyenne à 35% ou 45%, voire à 50%. Ces marges sont à 20% dans le secteur des biotechnologies et de la technologie. Elles sont à 9% dans l’énergie et à 4% dans le secteur de l’automobile. Comment pouvons-nous avoir une activité qui fait 50% de marges nettes et ne pas avoir des clients qui réclament davantage de notre part ? », a-t-il demandé à l’auditoire constitué de professionnels de la gestion d’actifs. Selon Saker Nusseibeh, il n’est finalement pas surprenant que les régulateurs s’intéressent autant à une industrie qui génère des marges aussi juteuses. « Le changement est inévitable pour la gestion d’actifs, a-t-il asséné. Les clients sont de plus en plus mécontents, estimant que nos frais sont beaucoup trop élevés pour des fonds qui restent trop proches des indices et jugeant que nous ne sommes pas assez transparents sur les coûts. Nous devons nous demander pourquoi nous chargeons autant de frais à nos clients. Nous avons une industrie avec des marges élevées et nous ne réfléchissons pas assez aux rendements pour nos clients. »Dans un tel contexte, le patron de Hermes IM estime qu’il est nécessaire « de parler davantage du long terme, du vrai long terme ». Or « nous ne le faisons pas assez, déplore-t-il. Nous nous concentrons surtout sur le court terme. Nous devons donc parler du long terme et changer notre façon de penser et de servir les clients ». Saker Nusseibeh a toutefois souligné le rôle important de la gestion d’actifs, dont la vocation est « d’aider les gens à épargner et à préparer leur retraite ». « Investir ne consiste pas seulement à faire de l’argent, a cependant nuancé Saker Nusseibeh. Le premier objectif de l’industrie de la gestion devrait être d’investir dans la société dans laquelle nous vivons pour participer à sa croissance. D’aider à façonner le monde. » A l’écouter, les gestionnaires d’actifs se doivent donc de « toujours travailler pour le bénéfice de leurs clients et des épargnants ». « Nos résultats doivent être bien plus que de simples performances. Il s’agit de construire une meilleure société pour les générations futures », a-t-il conclu.
L’investissement socialement responsable (ISR) gagne du terrain. « Les flux vers les fonds actions durables sont encore relativement faibles mais ils sont en croissance aussi bien dans la gestion active que dans la gestion passive, a observé Steven Smit, head of sustainable chez Morningstar, à l’occasion du Morningstar Institutional Conference qui s’est déroulé les 16 et 17 mars à Amsterdam. Les encours des fonds durables connaissent en effet une croissance plus rapide que l’ensemble du marché. » De fait, leurs parts de marché ne cessent de progresser année après année. Ainsi, dans l’univers des fonds actions gérés activement, les fonds ISR représentent désormais 5,5% des encours totaux. « L’an dernier, la collecte des fonds durables a enregistré une croissance de 6% », a avancé Steven Smit. A l’inverse, les fonds actions traditionnels ont subi une chute de de leurs flux, avec près de 90 milliards d’euros de décollecte nette en 2016, soit repli de 4% sur un an, selon des chiffres de Morningstar Direct présenté par Steven Smit.Le constat est identique dans l’univers des fonds actions gérés passivement. Les fonds ISR représentent désormais 6,9 % des encours totaux gérés passivement, a noté Steven Smit. En 2016, les flux vers les placements actions durables ont ainsi connu une croissance de près de 20% alors que les flux vers les fonds actions traditionnels ont progressé de moins de 5%. Le fort appétit des investisseurs institutionnels expliquent très largement ce succès des fonds durables. « Les institutionnels constituent clairement le principal moteur du développement des fonds durables », a ainsi expliqué Steven Smit. Toutefois, les investisseurs particuliers sont de plus en plus enclins à placer leur argent dans des fonds ISR ou durables. « Près de la moitié des investisseurs particuliers interrogés disent inclure des investissements durables dans leur portefeuille », a indiqué Steven Smit, reprenant une étude réalisée par VEB, l’association des actionnaires néerlandaise. Toutefois, 37% des sondés jugent qu’il n’y pas assez de transparence dans ce type de placements pour justifier l’absence de fonds durables dans leur portefeuille d’investissement. Pour autant, l’investissement socialement responsable a visiblement de beaux jours devant lui. Selon une étude de Binck Bank, 43% des investisseurs particuliers interrogés déclarent vouloir investir davantage dans les fonds durables à l’avenir. Cependant, afin de les aider davantage dans l’ISR, les investisseurs particuliers demandent davantage d’information et de notations fiables sur les placements durables, conclut cette étude.
Le nombre de milliardaires a atteint le niveau record de 2.043 personnes en 2016, soit 233 de plus qu’en 2016 (+13%), selon le classement 2017 établi par le magazine américain Forbes et repris par Les Echos. Ils possèdent ensemble une fortune de 7.670 milliards de dollars (+18% par rapport à 2016), soit près de la moitié du PIB américain et trois fois celui de la France. Cette forte progression s’explique par deux facteurs. D’abord,Wall Street bat des records depuis un an, portant ainsi les capitalisations des sociétés détenues par ces milliardaires. Ensuite, ce classement est le reflet de la puissance retrouvée du dollar. Du fait, ce classement compte 14 américains dans le Top 20 et huit dans le Top 10.Par ailleurs, Forbes a recensé 39 milliardaires en France. Les cinq premières fortunes françaises pèsent 125,8 milliards de dollars. Trente milliardaires français ont vu leur fortune augmenter en un an et quatre ont vu leur revenu baisser.
Selon une enquête de Morgan Stanley (« Robo-Advice:Fintechs Enabling Incumbent Win »), réalisée auprès de 45 professionnels représentant plus de 15.000 milliards de dollars d’actifs, les robo-advisors ne seraient pas de nature à déstabiliser les poids lourd du secteur de la gestion, rapporte Les Echos. Mieux, les ténors de la gestion seraient les mieux placés pour profiter de leur essor. Le marché pourrait représenter 6.500 milliards de dollars d’ici à 2025 voire 13.000 milliards de dollars dans les projections les plus optimistes. Les start-up qui ont été les premières à s’aventurer sur le créneau ne seront donc pas forcément celles qui en profiteront le plus. Parmi les acteurs les mieux, en Europe, Morgan Stanley identifie Standard Life, UBS et Hargreaves et, aux Etats-Unis, Schwab et Bank of America. Aujourd’hui, 70 % des gestionnaires interrogés ont déjà une offre de« robo-advisor » ou prévoient d’en lancer une en 2017. Les acteurs traditionnels bénéficient de l’accès au client final, de leur marque et de systèmes de cybersécurité et de protection des données aboutis. Et le succès est déjà au rendez-vous pour certains d’entre eux. L’encours cumulé géré par les robots de Charles Schwab et Vanguard a ainsi atteint quelque 51 milliards de dollars en à peine deux ans. En parallèle, les deux acteurs indépendants que sont Betterment et Wealthfront ont mis cinq ans à collecter 10 milliards de dollars.
L’opérateur boursier Euronext a annoncé, ce lundi 20 mars, la signature d’un partenariat stratégique avec le fournisseur d’informations financières Morningstar afin de lancer de nouveaux outils de gestion du risque et des produits basés sur les indices Morningstar. Cette nouvelle offre comprendra notamment de nouveaux indices européens pour les grandes capitalisations (« blue chips »), avec pour objectif de donner aux investisseurs un accès « à des benchmark pertinents et à des données de marchés à moindre coût », expliquent les deux partenaires dans un communiqué. Les produits seront développés par Euronext à destination d’une large palette d’investisseurs, à savoir les gestionnaires d’actifs, les intermédiaires financiers et les banques. Les nouveaux indices de Morningstar feront partis de la gamme Morningstar Global Index Family. Plus tard dans l’année, Euronext lancera des options et des contrats « futures » sur les deux nouveaux indices européens ainsi créés, précise l’opérateur boursier.
Plus d’un millier d’ETF cotés sur NYSE Arca n’ont pas terminé la séance par une vente aux enchères traditionnelle lundi après un problème de système à la fin de la séance, rapporte le Financial Times. L’enchère de clôture est une période critique qui détermine le cours officiel de clôture des titres. Le NYSE n’a pas donné le nombre précis de fonds concernés par le problème, qui a été identifié et auquel une réponse a été apportée.
La collecte record des ETF sur les deux premiers mois de l’année – de 131 milliards de dollars selon ETFGI – alimente les craintes d’une bulle sur les marchés actions, notamment aux Etats-Unis, rapporte le Financial Times fund management. Depuis l’élection de Donald Trump et ses promesses, les investisseurs se sont rués sur les actions américaines, notamment via les ETF.
Le relèvement d’un quart de point du taux de référence de la Réserve fédérale était attendu mais il a néanmoins suscité pour la première fois depuis longtemps une dynamique des flux qui pourrait déboucher sur un scénario de grande rotation des obligations vers les actions. La semaine au 15 mars s’est en tout terminée pour les fonds obligataires sur les premières sorties nettes, certes modestes (0,1 milliard de dollars), des douze dernières semaines, relève l'étude hebdomadaire de Bank of America Merrill Lynch qui reprend des données du spécialiste des flux dans le monde EPFR Global. Parallèlement, les fonds d’actions ont poursuivi la tendance des dernières semaines avec des entrées nettes de 14,5 milliards de dollars, dont près de 20 milliards de dollars dans les ETF et 5,1 milliards de dollars dans les fonds communs de placement. Depuis le début de l’année, la collecte des fonds d’actions se rapproche des 100 milliards de dollars (97 milliards exactement) alors que celle des fonds obligataires ressort à 79 milliards de dollars.Les fonds d’actions américaines notamment ont enregistré une collecte nette de 12 milliards de dollars, la plus importante des treize dernières semaines. Les fonds d’actions japonaises ont encore attiré 1,2 milliard de dollars, affichant ainsi une dixième semaine consécutive de flux nets positifs. En revanche, les fonds dédiés aux actions émergentes ont subi 1 milliard de dollars de sorties nettes, les plus importantes de onze dernières semaines. Les fonds d’actions européennes ont pour leur affiché des sorties limitées de 0,2 milliard de dollars. Les investisseurs ont bien accueilli les résultats des élections néerlandaises mais restent préoccupés par les incertitudes politiques en France et en Italie. Sur le front obligataire, les fonds dédiés au haut rendement ont enregistré des sorties nettes de 5,7 milliards de dollars, les plus importantes depuis plus de deux ans. Cela dit, les autres catégories obligataires ont pratiquement toutes continué d’attirer des investisseurs dans le sillage des semaines précédentes. Les fonds d’obligations en catégorie d’investissement (IG) ont ainsi attiré un peu plus de 3 milliards de dollars, enregistrant ainsi une douzième semaine consécutive de collecte nette. Les fonds d’obligations émergentes ont affiché une collecte nette de 0,7 milliard de dollars et les fonds de prêts bancaires ont engrangé 0,9 milliard de dollars.
La performance annuelle des OPC non monétaires progresse à 5,6% en janvier contre 3% à fin décembre, selon des statistiques communiquées par la Banque de France. Cette hausse concerne toutes les catégories de fonds à l’exception des fonds obligations dont la performance diminue à 2,1% après 2,7% en décembre. La performance des fonds actions rebondit à 10,2% en janvier après 3,6% le mois précédent, en lien avec les indices boursiers, avec un gain de 13% pour les ETF après 5,6% en décembre. Dans la catégorie des fonds autres, qui regroupe les fonds à formule, les fonds de capital investissement, les hedge funds et les fonds d'épargne salariale, on observe que la performance des fonds d'épargne salariale progresse à 5,8% en janvier contre 3,6% en décembre. Les fonds monétaires enregistrent un léger fléchissement de leur performance qui tombe à 0,00% après 0,02% en fin d’année.
Sur longue période, la Suisse a brillé dans les obligations, rapporte le quotidien Le Temps. C’est l’instrument financier qui reflète le mieux la qualité de sa notation, du risque et de ses conditions-cadres. La Suisse profite d’être le pays qui a connu le taux d’inflation le plus bas au monde sur cette période (2,2%). Le marché obligataire suisse présente la troisième meilleure performance mondiale sur 117 ans avec un rendement annuel de 2,3%, selon une analyse des performances réalisée par Credit Suisse sur 117 ans dans 23 pays. Ce taux doit être comparé au rendement du cash (0,8%). L’étude ajoute que le franc s’est apprécié de 0,7% par an en termes réels par rapport au dollar.Le rendement annuel des actions a été décevant au Japon (0,8%) et en France (1,7%), alors qu’il s’est élevé à 2,7% aux Etats-Unis. Les pays industrialisés riches en ressources naturelles ont en général présenté une performance supérieure. Le meilleur choix en actions a été l’Afrique du Sud (+7,2% par an). Le pire marché d’actions a été l’Autriche-Hongrie (+ 0,8% par an). Vienne a par ailleurs été le deuxième plus mauvais marché obligataire (-3,7% par an). Les guerres et une inflation annuelle moyenne de 12,6% sont à l’origine de ce triste bilan... Le rendement annuel réel en dollars de l’indice mondial des actions a atteint 5,1% sur 117 ans. Ce taux dépasse largement celui des obligations (1,8%) et du cash (0,8%). L’analyse se fait en termes réels et non nominaux. En effet, un dollar en actions américaines en 1900 vaut 39.524 dollars aujourd’hui. Mais l’inflation a été forte. Les prix ont été multipliés par 28. Le rendement annuel nominal des actions américaines est de 9,5%, mais le rendement réel de 6,4%.
Les actifs investis dans les ETF/ETP cotés en Europe ont atteint le niveau record de 620 milliards de dollars, soit environ 580 milliards d’euros, fin février, contre 599 milliards de dollars un mois auparavant, selon le cabinet de recherche et de conseil spécialisé ETFGI. Durant le mois sous revue, les fonds ont enregistré des entrées nettes 12,4 milliards de dollars, affichant ainsi un trentième mois consécutif de souscriptions. Sur les deux premiers mois de l’année, la collecte dépasse très légèrement les 24 milliards de dollars. Les ETF/ETP dédiés aux actions ont attiré 7,13 milliards de dollars en février et 14,60 milliards de dollars sur les deux premiers mois de l’année. Les ETF/ETP obligataires ont pour leur part engrangé 2,55 milliards de dollars en février et 4,83 milliards de dollars sur les deux premiers mois de 2017. Les ETF/ETP spécialisés sur les matières premières affichent une collecte nette de 1,97 milliard de dollars en février et sur deux mois, la collecte 2017 de 3,39 milliards de dollars est pratiquement équivalente à celle de l’année précédente.Le trio de tête des fournisseurs pour le mois de février comprend dans l’ordre iShares, avec une collecte de 3,89 milliards de dollars, Lyxor AM (2,56 milliards de dollars) et Amundi ETF (1,68 milliard de dollars). On retrouve les mêmes sur deux mois, avec 7,19 milliards de dollars pour iShares, 3,71 milliards de dollars pour Lyxor AM, et 2,40 milliards de dollars pour Amundi ETF.
Les actifs sous gestion des fonds communs de placement distribués dans le monde se sont accrus de 727,3 milliards de dollars ou 1,9% en février pour s'établir à 38.780 milliards de dollars à la fin du mois sous revue, selon des statistiques communiquées par Thomson Reuters Lipper. Cette évolution a été très largement favorisée par un impact marché positif de 586,3 milliards de dollars alors que la collecte nette ressort à 141 milliards de dollars. Sur les douze mois à fin février, les encours ont augmenté de 4.913,3 milliards de dollars ou 14,5%, dont 769,7 milliards de dollars d’entrées nettes.Durant le mois sous revue, les fonds obligataires ont été les plus recherchés et ont ainsi enregistré une collecte nette de 67,1 milliards de dollars, devant les fonds actions (54 milliards de dollars) et les fonds diversifiés (18,5 milliards de dollars). Sur les deux premiers mois de l’année, les fonds obligataires arrivent également en tête, avec des entrées nettes de 132,7 milliards de dollars, devant les fonds actions (94,2 milliards) et les fonds diversifiés (36,5 milliards de dollars).
Le fournisseur d’indices Solactive a annoncé ce mardi 14 mars le lancement du Solactive Digital Economy Index, une stratégie smart beta qui offre aux investisseurs une exposition à la transformation digitale actuellement à l’œuvre dans l'économie mondiale. L’indice réplique la performance d’une cinquantaine d’entreprises européennes dont les modèles d’affaires seront probablement influencés par le processus de digitalisation, la priorité étant donnée aux sociétés à la volatilité limitée et distribuant des dividendes.Le groupe belge de services financiers Belfius Bank & Insurance s’est adjugé une licence d’exploitation de cet indice qu’il va utiliser dans le cadre de l'émission de ses produits structurés.
BlackRock est l’investisseur le plus exposé à la Bourse de Milan avec 10 milliards d’euros sur l’indice FTSE MIB, selon Milano Finanza, qui cite une étude de Borsa Italiana utilisant des données de Factset. A la deuxième place se trouve le fonds souverain norvégien, avec environ 6,3 milliards d’euros. Et c’est Vanguard qui ferme le trio de tête, avec 6,18 milliards d’euros investis.
Les fonds actionnaires de Spie et de Maisons du Monde profitent de la bonne tenue actuelle des marchés actions, et de la récente publication des comptes annuels, pour s’alléger au capital des deux groupes. CD&R, Ardian et la Caisse de dépôt et placement du Québec ont vendu 15,5 millions d’actions Spie, soit 10,1% du capital, à un prix unitaire de 21,15 euros. La décote ressort à 4,5% par rapport au cours de clôture de lundi soir. Le placement accéléré était dirigé par Citigroup et UBS.