Hier, la banque d’Angleterre a relevé d’un quart de point son principal taux directeur, à 0,75%. Ce niveau est le plus élevé depuis février 2009. La décision n’a que peu surpris les observateurs, mais il s’agit du deuxième relèvement de taux en 11 ans. Dans le contexte du Brexit et des anticipations d’une récession au Royamue-Uni par la plupart des économistes, NewsManagers publie quelques premières réactions de gérants. - Rob Scammell, Senior Portfolio Manager chez Kempen"Nous sommes entrés dans des eaux inexplorées pour l'économie britannique moderne. (...) La dernière fois que le taux d’escompte était aussi élevé était février 2009. (...) La situation économique a depuis beaucoup évolué. Le taux de chômage est tombé de 8,5% à 4%, le déficit budgétaire est passé de 10% du PIB à 2% du PIB et l’inflation est passée de 5,1% à 2,4% via -0,1%. En fin de compte, une augmentation de 0,25% du taux d’escompte ne va pas faire grand-chose pour changer ces fondamentaux économiques, mais cela montre plus clairement la direction du voyage. "- Tim Graf, directeur EMEA de la stratégie macro de State Street Global Markets « La hausse d’aujourd’hui et les commentaires du Comité de politique monétaire correspondent plus ou moins aux attentes qu’avait le marché avant cette importante réunion. La Banque d’Angleterre continue de normaliser sa politique de taux, mais elle attendra avant de prendre des décisions pour ce qui est des prochaines hausses. D’ici la publication en novembre du prochain rapport trimestriel sur l’inflation, la Banque d’Angleterre aura peut-être une idée plus claire de la forme que prendra le Brexit et verra si l’inflation reste supérieure au niveau cible. Néanmoins, étant donné les nombreuses questions qui se posent concernant la vigueur et le potentiel de l’économie britannique, le ton prudent du communiqué du Comité de politique monétaire est susceptible de se maintenir. Maintenant que les taux d’intérêt n’alimenteront plus les discussions du marché pour quelques mois, l’attention se tournera probablement vers la question du Brexit et de sa nature changeante. A cet égard, on peut s’attendre à ce que l’évolution de la livre sterling soit de plus en plus corrélée avec les risques de mauvaise publicité dans les médias. » - Barry McAndrew, Senior Portfolio Manager, produits de taux chez State Street Global Advisors « Avec cette deuxième hausse de taux, la Banque d’Angleterre a maintenant retiré près de la moitié du soutien qu’elle a apporté à l’économie au lendemain du référendum sur le Brexit. La croissance plus forte que prévue depuis, et approchant, voire dépassant son potentiel, le comité considère qu’il y a peu de risque à réduire son soutien à l’économie. L’annonce d’aujourd’hui sous-entend que le comité souhaite certainement éviter un Brexit dur, et il suivra de près les négociations, même de l’extérieur, compte tenu du rythme de ses prévisions de hausses d’environ une relève de taux par an. »