La société de gestion suisse GAM a ouvert une enquête interne sur l’un de ses responsables, Tim Haywood, à la suite de l’intervention d’un lanceur d’alerte, a annoncé ce 25 septembre le gestionnaire d’actifs qui répondait ainsi à une information du site spécialisé finews. Tout a été entrepris et tout sera entrepris, affirme la société, pour préserver l’anonymat de ce «whistleblower». Tim Haywood avait été suspendu à fin juillet de ses fonctions de directeur des investissements en charge de la stratégie «Absolute return bond funds» (ARBF). Dans la foulée, GAM avait décidé de liquider les fonds ARBF, «un processus difficile mais nécessaire», avait alors indiqué GAM.L’enquête interne avait permis de découvrir de nouveaux faits et mis au jour «divers manquements potentiels, qui ont conduit à la suspension de Tim Haywood», se défend l’entreprise. La procédure disciplinaire interne à l’encontre du directeur suspendu suit toujours son cours. GAM avait assuré que «chaque investisseur (du fonds concerné) recevrait sa participation proportionnelle en numéraire dans le cadre du processus de liquidation». Jusqu'à aujourd’hui, entre 60% et 87% des fonds ont été remboursés, précise le communiqué. La deuxième tranche de versements a commencé cette semaine. D’autres actifs seront liquidés au cours des prochains mois et les investisseurs seront remboursés en liquide, relève encore GAM.Les négligences potentielles sous enquête concernent un éventuel déficit en matière d’audit préalable (due diligence) et l’absence de mise à disposition à l’interne d’enregistrements de documents. L’enquête a en outre révélé que Tim Haywood a possiblement enfreint les directives en matière de signature de GAM et utilisé son mail interne à des fins professionnelles. Il a en outre porté atteinte au règlement interne en terme d’acceptation de cadeaux et d’invitations. «Aujourd’hui, les clients n’ont subi aucun désavantage matériel, et nous veillerons à ce que cela reste le cas à l’avenir», précise le communiqué.Le directeur général (CEO) de GAM, Alexander Friedman, relève qu’une culture d’entreprise moderne devrait «encourager les collaborateurs à s’exprimer lorsqu’ils ont des doutes sur le comportement de collègues». «Le seul moyen de préserver cette culture, ajoute-il dans le communiqué, est de protéger ceux qui sont assez courageux pour le faire et de prendre les conséquences qui s’imposent à l’encontre de ceux qui enfreignent les règles». Il en va de la confiance vis-à-vis de la clientèle et «nous ne ferons jamais de compromis sur ce point», conclut-il.