Maxime Perrin, spécialiste produits et Rodrigo Araya Arancibia, directeur mondial de la gestion obligataire, ont annoncé que le fonds Euro Credit de Lombard Odier devrait obtenir au plus tard en fin de mois son immatriculation ISIN luxembourgeoise. Il s’agit actuellement d’un fonds de droit néerlandais, de 240 millions d’euros répartis sur environ 75 lignes, qui compte jusqu'à présent comme investisseurs des institutionnels néerlandais, belges et allemands. Ce fonds s’adressera surtout aux banques privées, aux fonds de fonds et institutionnels divers. Il s’agit d’un produit benchmarké sur le Citigroup EuroBIG ex-Government Bonds qui affiche une surperformance moyenne annuelle de 0,35 % sur les cinq ans à fin 2008. Il n’investit qu’en obligations investment grade et #dope# son standing en investissement dans des titres d'émetteurs quasi gouvernementaux et supranationaux. Ces derniers temps, précise Rodrigo Araya, l'équipe de gestion a réduit la sous-pondération sur les obligations d’entreprises financières. Le taux de rotation du portefeuille en 2008 a été de 300 %, compte tenu des ajustements intervenus, mais il est d’habitude plus proche de 200 %.Le fonds luxembourgeois LODH Euro Corporate (180 millions d’euros) a connu un exercice 2008 très difficile, avec une perte de 7,94 %, soit une sous performance de 5 % en 2008, mais Lombard Odier a pris des mesures correctives parce qu’il avait eu la #mauvaise# idée en 2008 de surpondérer trop tôt, au quatrième trimestre, la dette subordonnée financière, sans avoir pu prévoir les incidents Deutsche Bank (qui n’a pas rappelé une émission, contre toute attente) et RBS. Dès lors, le gestionnaire a revu à la fois les limites maximales d’exposition de ce fonds dont la banque privée de Lombard Odier détient 20 %, d'écart de suivi et de surpondération sectorielle. Ces mesures strictes de contrôle du risque ont permis au fonds de revenir dans la bonne (première) moitié du peloton (16ème sur 40 à fin mars). De fait, le savoir-faire est là, insistent Maxime Perrin et Rodrigo Araya : la preuve est que la même stratégie appliquée à un mandat de 30 millions long/short crédit pour le compte d’une caisse d'épargne allemande a réussi à générer une performance de 15 % sur les deux ans à fin mars, simplement parce que le cahier des charges stipulait que le portefeuille ne devait pas comporter de financières. Des financières qui ont représenté l’an dernier jusqu'à 50 % de l’encours, ce qui a été corrigé depuis.D’une manière générale, Rodrigo Araya tend à privilégier désormais, dans les financières, les obligations senior des #champions nationaux# dans le domaine bancaire, voire à la rigueur la dette subordonnée #tier 1#, à l’exclusion de toute autre exposition. Il demeure manifestement très circonspect en ce qui concerne les émissions des assureurs, dont la composition du portefeuille risque de receler quelques mauvaises surprises d’ordre qualitatif.