Avec les taux bas, les investisseurs sont prêts à tout pour gagner leur ticket dans les levées du capital-investissement aux rendements à deux chiffres. Les gérants du non-coté en profitent pour doper leurs commissions alors même que la taille des capitaux levés sur laquelle sont assis ces frais ne cesse de grossir, rapporte le quotidien Les Echos. L’an dernier, 1.420 fonds ont levé un record de 754 milliards de dollars, et en janvier, plus de 3.400 étaient encore en quête de 1.263 milliards de dollars. A la tête de 70 milliards de dollars d’actifs, l’américain TPG et son rival Hellman & Friedman ont ainsi durci leurs conditions tarifaires lors de la levée de leur dernier fonds, selon des documents d’investisseurs consultés par Bloomberg. Le premier, qui lève actuellement 14 milliards de dollars, a nettement révisé la réduction traditionnelle accordée aux investisseurs qui s’engagent vite dans les levées (de –25 % à –10 %). Le second a accru de 0,75 % à 1,25 % ses frais de gestion. Ils emboîtent le pas à Blackstone et à Apollo, qui a levé l’an dernier le plus gros fonds de l’histoire du private equity à 24,6 milliards d’euros.Aux Etats-Unis, premier marché mondial du non-coté, la moyenne des frais de gestion a ainsi atteint un point haut historique, à 1,97 %, selon Preqin. Ceci ne tient pas compte du partage des plus-values (20 % revenant aux gérants au-dessus de 8 % de rendement), dont les conditions ont été aussi améliorées en faveur des gérants de fonds. Cette flambée commence cependant à irriter sérieusement les gros fonds mondiaux de retraites, canadien et américain. Six investisseurs sur dix selon Preqin, jugent que les fonds n’alignent pas assez leurs intérêts avec le leur. CalPERS, qui a versé plus de 700 millions de dollars de commissions l’an dernier sur ses 26 milliards alloués au non-coté (sur un total de 349 milliards d’actifs), vient d’annoncer qu’il allait investir 13 milliards de dollars en direct, donc sans avoir à verser des commissions.